MONDE FANTASTIQUE, laissez votre inspiration vous guider et créer vos propres histoires...
 
AccueilPortailFAQS'enregistrerGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Sur un toit [Arwina]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Vlaad
Admin
Admin


Nombre de messages : 1078
Age : 26
Localisation : Là où la vie me mène
Points : 49
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Métamorphose/Télépathie/Pyrokinésie
Race: Vampire
Niveau de puissance:
15/20  (15/20)

MessageSujet: Sur un toit [Arwina]   Sam 2 Jan - 18:28

Vlaad s'assoit sur la rambarde d'un balcon, sur le toit du Parlement. Le crépuscule embrase le ciel et les toits de Samroun, les déclinant dans une teinte sanglante. Certains jours, le vampire regrette de ne plus pouvoir connaître la lumière du jour. Malgré ses efforts et ceux de Aarwen, il n'a pu trouver cet homme qui prétendait pouvoir aider les vampires à retrouver le soleil. Peut-être pourra-t-il trouver son bonheur : bien des mages viennent s'installer dans le Quartier des Libraires...
Son esprit à la douloureuse exactitude lui rappelle alors une autre soirée comme celle-ci, vieille de dix ans. Les Etoiles, encore éreintées par la bataille, entraient dans Samroun, accueillies par la population libre et soulagée, qui acceptait de leur donner les pleins pouvoirs pour sauver Firimar. Mais si les elfes avaient le meilleur des applaudissements, lui ne récoltait que de vagues félicitations et surtout des regards méfiants. Vampire. Démon. Même s'il avait travaillé d'arrache-pied pour intégrer les Quartiers Sombres au reste de la ville, même s'il surveille avec rigueur ces créatures, les Samrouniens ne lui accordent pas toute leur confiance et ne le feront sans doute jamais. Quoi qu'il en dise, Vlaad se rend compte qu'en ces moments, le regard des autres le touche encore durement. Cependant, il a sa conscience pour lui. Après tout, il a participé à la chute de Séphirot, à ses dépends.
Ce qui ternit encore le tableau, c'est la disparition de Suka après la bataille. Le vampire ignore où elle est et cela le torture. Bien sûr, il sait que leur amour est particulier, et que parfois, lui comme elle ont besoin de s'éloigner sans forcément le dire à l'autre. Mais dix ans, dans cette optique-là, s'avère long ! Surtout, il semblerait que Suka porte leur enfant... Vlaad ricane. Jamais il ne se serait imaginé rêver d'un foyer, et ce n'est toujours pas son désir, mais il aimerait prendre un peu de bon temps avec la femme qu'il aime et pouvoir prouver au monde comme à son enfant qu'un vampire peut aimer. Et montrer à tous qu'un hybride de deux races ennemies peut être valeureux et digne de foi...
Le vampire ferme les yeux. Ce n'est pas la peine de rêver trop longuement. Il repense à leur périlleuse mission. En fait, il n'est pas réellement un homme de pouvoir. Quelqu'un qui commande dans un but de justice a énormément de pression, on attend bien des choses de lui. Cette tonne de responsabilités ne convient pas au solitaire qu'il est, mais il s'en acquittera aussi longtemps qu'il le faudra. Il essaye de ne pas se plaindre, car il a conscience de la difficulté de ces choses pour Gwydion par exemple, torturée par son ascendance inconnue, ou pour Arwina. Si parfois sa naïveté l'énerve, il admire son contrôle, son calme inébranlable et sa capacité à être douce et aimable avec tout le monde. Elle est réellement la soeur qu'il aurait aimé avoir et protéger, et il sait qu'avec le temps, c'est ainsi qu'ils se considèrent tous les deux. Elle est la seule personne à connaître une partie de sa souffrance et de la douloureuse dualité qui l'habite.
Le vampire se baisse et ramasse la boîte qu'il a amené avec lui. Il en tire un violon, qu'il appuie sur son épaule avant d'en tirer quelques notes douces. Il joue rarement de la musique, mais cela fait partie des choses qu'il a apprises au cours de son éternité passée.
Alors que le soir tombe, une odeur familière lui parvient. Quelqu'un s'approche. Il sourit, continue à jouer une chanson elfique qu'un jour Arwina avait chantée.

_________________
"Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin."
Søren Kierkegaard


Revenir en haut Aller en bas
Arwina
Modérateur
Modérateur


Nombre de messages : 312
Age : 30
Points : 39
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Transformation en licorne, soin avec magnétisme et onde de choc bénéfique
Race: Elfe
Niveau de puissance:
12/20  (12/20)

MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Dim 3 Jan - 14:05

J’étais dans le bureau des elfes en cette fin de journée. En clair, il s’agissait de notre bureau, à Gwydion et moi-même. Nous ne passions pas souvent par ici. Je n’aimais pas vraiment rester cloîtrer dans une pièce alors que tout l’essentiel se déroulait à l’extérieur. Gwydion était comme moi. Rester enfermée m’était insupportable. Peut-être parce que cela me rappelait trop les prisons de Séphirot…Mais c’était aussi tout simplement ancré dans ma nature. Les elfes ne sont pas voués à rester enfermés. Mais voilà, il fallait tout de même passer par ici de temps en temps, ne serait-ce pour consulter les différentes lettres adressées aux gouverneurs des quartiers de la Mallorne, c’est-à-dire Gwydion et moi. Heureusement que nous étions deux ! Il m’était difficile de penser que j’aurai pu être seule à ce poste difficile. Nous nous soutenions mutuellement et échangions nos points de vue avant de prendre une décision, du moins pour les problèmes importants. Mais nous échangions aussi beaucoup avec les autres gouverneurs. Parler, échanger sur nos différents problèmes nous apportait beaucoup à tous. Et c’était aussi ce qui forgeait notre groupe, le nouveau socle de Samroun. Il était primordial de communiquer. Mais nous n’avions pas besoin de nous forcer. Les étoiles étaient proches entre elles car elles avaient vécu tellement de choses ensemble !

La plupart des lettres concernaient les petits problèmes quotidiens, problèmes du village. Il n’y avait là rien de bien sérieux mais il ne fallait tout de même pas laisser de côté toutes ces demandes. Le point de vue des elfes étaient très importants pour améliorer leurs conditions de vie. Il y avait aussi quelques lettres nous demandant l’évolution politique de Samroun. Le conseil allait-il continuer à gouverner Samroun ? Un nouveau Roi allait-il être nommé ? Je ne pouvais leur répondre car moi-même je me posais ces questions. Les étoiles, à la base, avaient pour but de détruire le mal qui rongeait notre ville et sa région. Et maintenant nous nous retrouvions à gouverner le royaume de Firimar. Aucun d’entre nous n’avait eu ce rôle auparavant. Il y avait bien Lyssandre qui était Roi de Tsode, mais il était repartit dans son royaume…Je reposai les lettres. Voilà que je me remettais à repenser à Lyssandre. Je n’arrivais pas à l’ôter de mon esprit, de mon cœur. Il me manquait terriblement.

Je décidai d’arrêter là pour aujourd’hui. Je n’étais plus vraiment apte à travailler. La journée avait été encore une fois fatiguante. Entre les problèmes de notre quartier, et les différents soins que j’allais donner aux quatre coins de la ville, et parfois même à l’extérieur de la capitale, je n’avais plus le temps de me poser. Seul le soir me permettait un peu de liberté et de repos. Je sortis en prenant soin d’éteindre les bougies et en refermant soigneusement les portes. Je fis un détour au bureau d’Eternity puis à celui de Vlaad…Il n’y avait personne. Je décidai donc de rentrer chez moi, jusqu’à ce que j’entende une musique. Je tendis l’oreille, la musique venait du toit. Il s’agissait d’un violon. Ainsi donc je n’étais pas seule ! Sans l’ombre d’un doute, il s’agissait de Vlaad. C’était bien là son style. Ravie de pouvoir le retrouver, je montai sur le toit. Je le vis, assis au bord d’un balcon, violon en main. Cela faisait bien longtemps que je ne l’avais pas entendu jouer.
Il du se rendre compte de ma présence car il entama une musique elfique. Cette intention me fit chaud au cœur. Je me rapprochai tout en l’accompagnant en chantant. Je vins m’asseoir près de lui, tout en chantant les louanges de la Nature. Un vent frais vint nous accompagner, apportant avec lui les délicieuses odeurs d’humus de la forêt. Puis la musique finie par s’envoler dans les airs…

Nous restâmes un moment silencieux, savourant ce moment de complicité et de beauté. Ce fut moi qui rompis la première ce silence.


-J’ignorais que tu savais la jouer. Tu la joues divinement bien. Merci Vlaad.

C’était un beau cadeau qu’il m’avait fait en la jouant.
-Je pensais être la seule au Parlement. Mais je suis bien contente de te trouver ici.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Vlaad
Admin
Admin


Nombre de messages : 1078
Age : 26
Localisation : Là où la vie me mène
Points : 49
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Métamorphose/Télépathie/Pyrokinésie
Race: Vampire
Niveau de puissance:
15/20  (15/20)

MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Dim 3 Jan - 23:16

Les dernières notes du violon s'envolent en même temps que les dernières paroles d'Arwina. Vlaad reste un moment les yeux clos, savourant la beauté de la langue elfique et les douces odeurs que le vent amadoué leur a apportées. La présence d'Arwina à ses côtés l'apaise petit à petit. Peut-être son aura de licorne. Plus probablement, l'attachement qu'ils ont l'un pour l'autre. Le vampire se redresse aux paroles de l'elfe. Derrière son regard fatigué - la seule partie de son élégante anatomie qui révèle sa condition réelle - il lit une véritable joie et il se sent vaguement étonné : il n'aurait pas pensé qu'une simple mélodie aurait pu réjouir son amie de cette manière.

- Je t'ai entendue chanter ce refrain un jour. Je m'en suis souvenu. J'ai profité de mes décennies de vie pour apprendre la musique, car elle sait parfois m'apaiser. Mais les gens de ton peuple ont un don inné pour ces choses. Je ne les égale pas dans cet art.

Le silence retombe entre les deux compagnons. Sous la phrase anodine d'Arwina, Vlaad sent un véritable soulagement. C'est aussi ce qu'il ressent auprès de l'elfe. Cela fait bien longtemps qu'il n'a pas goûté à un moment de calme de ce genre.

- Cela me fait aussi plaisir que tu sois venue me trouver.

Le vampire pose son violon à ses côtés et se tourne pensivement vers les toits de Samroun. Dans le ciel, les premières étoiles apparaissent timidement. Il continue.

- Jamais une décennie ne m'a parue si éreintante en réalité. Parfois, je m'étonne de voir combien nous pouvons souffrir dans une tâche démesurée qui ne devrait pas être la nôtre. Mais c'est la lutte des Etoiles...et peut-être, pour chacun d'entre nous, une lutte personnelle...

Vlaad détourne le regard. Il a déjà mentionné avec Arwina les difficultés de sa triste condition, mais jamais vraiment ouvertement. Pourtant, le désir en est grand, comme un noeud empoisonné au fond de lui. Peut-être, peut-être que se confier à un ami intime n'est pas une faiblesse, finalement. Mais il préfère attendre une question de la part de l'elfe. Ce n'est pas à lui d'exposer ses problèmes, quand Arwina peut déjà souffrir des siens. Ses soucis de coeur, par exemple. Il n'ignore pas combien elle pâtit de la perte de Lyssandre, comme il souffre de l'absence de Suka.

- Les Samrouniens nous tolèrent encore parce que nous les avons sauvés, parce que Séphirot mort, il n'avaient plus rien vers quoi se tourner. Mais je sens que nous allons devoir bientôt céder la place. Notre mission est d'intégrer les créatures naufragées du portail dans la population, d'apprendre aux Samrouniens de ne pas les craindre et de marcher avec eux. Mais pour faire réellement renaître ce royaume des cendres, c'est un roi qu'il faut. Un roi humain en qui les gens de Firimar se reconnaîtront, un roi exilé d'un monde étranger pour ceux que le portail a charrié. Cet humain existe, il est dans ce royaume, à nous de le trouver, de le jauger, de l'épauler. Et puis...rideau.

Oui, que feront-ils, ensuite ? Vlaad sait qu'il s'accommodera très bien de Firimar : après tout, son monde n'est pour lui qu'un enfer méprisable. Mais les autres Etoiles ?
Le vampire se rassoit, récupère son violon et égrène quelques notes mélancoliques, attendant la réponse d'Arwina.

_________________
"Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin."
Søren Kierkegaard


Revenir en haut Aller en bas
Arwina
Modérateur
Modérateur


Nombre de messages : 312
Age : 30
Points : 39
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Transformation en licorne, soin avec magnétisme et onde de choc bénéfique
Race: Elfe
Niveau de puissance:
12/20  (12/20)

MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Mar 5 Jan - 0:01

Vlaad m’impressionnait. Je n’avais aucun doute quant à ses talents de violoniste. Mais je ne me souvenais pas avoir chanté souvent cette chanson. Et il l’avait pourtant gardé en oreille. Il ne s’était pas trompé d’une note. J’étais agréablement surprise. J’observais des pigeons virevolter dans les airs tandis que Vlaad prenait la parole. Je comprenais parfaitement son épuisement. Pour moi aussi ces dix dernières années étaient passées en flèche. Nous avons tellement été occupé que nous n’avions pas vu le temps passé. Nous avions tous besoin de repos, de décrocher un peu. Mais nous ne pouvions nous le permettre. Du moins, pas pour le moment. Les étoiles avaient une tâche difficile mais toutes s’en occupaient pour le bien de Samroun. Et j’étais très fière de Vlaad. Lui qui était plutôt solitaire, il donnait de son temps pour le royaume de Firimar. Il aurait très bien pu partir…Retrouver Suka…Mais il était toujours ici. Pourquoi ? J’ignorais la réponse. J’avais beau aimer Vlaad, le connaître mieux que d’autres étoiles, il cultivait toujours une part mystérieuse. Ce n’était pas le genre à s’étendre sur ses états d’âmes, problèmes etc., comme je pouvais le faire. Peut-être avait-il vraiment une lutte personnelle, comme il l’avait mentionné. Je savais combien l’acceptation de sa nature lui était difficile par moment. Son passé devait aussi toujours le hanter. Je ne savais pas grand-chose là-dessus mais suffisamment pour savoir que cela était un sujet délicat. J’allais lui répondre, mais il continua.

Un frisson me parcouru lorsqu’il termina en reprenant son violon. Rideau…La fin…La fin des étoiles ? La fin de quoi ? Après tout, peut-être que Vlaad n’attendait que ça au fond : Retrouver sa liberté. Ce que je pouvais comprendre. Mais cela me faisait bizarre de penser qu’un jour, les étoiles n’aient plus de rôle ici.

-Je sens aussi que, malgré nos efforts, notre socle est bancal. Cela fait un moment que je me pose toutes les questions que je reçois en lettre. Quel est l’avenir du Royaume de Firimar ? Le Royaume va-t-il retrouver son Roi ? Les étoiles ont-elles encore leur place ici ? C’est étrange…je pourrai être confiante en l’avenir…mais je suis loin de l’être. Le passage de Séphirot aura marqué les esprits mais la paix n’est pour autant pas définitivement gagnée. Comme tu le dis, il nous faut un Roi pour apaiser les humains, et permettre une union entre les différentes espèces. Cependant, je suis certaine d’une chose. Ce roi viendra à nous. Ce n’est pas à nous de le chercher.

Firimar avait toujours vécu avec un roi. Le futur régent ferait donc bientôt son apparition. A nous de faire en sorte qu’il vienne à nous.

-Il faudrait en parler avec le reste des étoiles. Mais il va falloir le faire rapidement. Nous avons besoin d’aide. Aucun d’entre nous n’avait été prédestiné à gouverner. Et que faisons-nous aujourd’hui ? Quand je repense à tout ce chemin qui m’a mené jusqu’ici…

Tout ce chemin parcouru ! Mais je ne le regrettais pas le moins du monde. Toutes ces aventures, toutes ces rencontres, tous ces sacrifices et ces douleurs ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Samroun fait parti de ma vie. Cela ne veut pas non plus dire que je resterai indéfiniment ici. Mais pour l’instant, toute ma famille est toujours ici, alors pourquoi partir ?
Je m’étirai, les bras tendus vers le ciel sombre.

-J’aurai bien besoin de me changer les idées !

La ville était calme, prête à s’endormir…Du moins pour la plupart des habitants. Les vampires, eux, commençaient leur « journée ». Ils pouvaient déambuler librement dans la ville, et alentours.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Vlaad
Admin
Admin


Nombre de messages : 1078
Age : 26
Localisation : Là où la vie me mène
Points : 49
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Métamorphose/Télépathie/Pyrokinésie
Race: Vampire
Niveau de puissance:
15/20  (15/20)

MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Mar 5 Jan - 14:25

Arwina reste soucieuse et pensive. Comme la plupart d'entre eux, elle ne sait probablement pas réellement où peut se situer la limite de leurs désirs et les obligations de leur mission. Mais Firimar n'est pas leur monde. Peut-être certaines étoiles voudront le quitter parce qu'il ne leur a apporté que des peines et des épreuves. Les étoiles... Vlaad a bien vu la surprise dans les yeux d'Arwina lorsqu'il a évoqué leur séparation. Lui aussi sent au fond de lui que cela sera difficile de se quitter. Mais à ses yeux, cela ne pourrait pas être autrement : leur alliance, toute magique qu'elle soit, s'est faite par la force des choses. Une sorcière, un elfe du feu, un elfe sylvain et un vampire sont trop dissemblables pour vivre ensemble éternellement. D'ailleurs, tout liés qu'ils sont, chacun a ses buts propres. Le problème, c'est que lui, il n'en a pas. Et cela l'insupporte.

- Les Etoiles peuvent se séparer, le lien et les souvenirs, eux, restent... dit-il pensivement, comme s'il voulait s'en convaincre lui-même.

Finalement, Arwina se lève et s'étire, regardant la ville en contrebas. Vlaad sourit. Elle a raison. Ils ne sont pas là pour parler de politique.


- Tu es venue à la bonne heure. Les créatures de l'ombre s'éveillent. Moi, je suis en pleine forme !

Vlaad saisit vivement Arwina par les épaules, pour la faire sursauter. Taquiner ses compagnons est parfois la seule marque de sa tendresse, mais il sait ne pas en abuser.

- La ville s'anime à sa manière lorsque la nuit tombe. Je te proposerais bien de te servir de guide dans les Quartiers Sombres, à moins que tu préfères aller au sanctuaire ou dans une taverne. Là, nous serons sûrs de ne pas rencontrer nos administrés réciproques... J'ai comme une petite soif...

Le vampire souffle doucement dans le cou d'Arwina, un grand sourire aux lèvres, montrant ses canines naturellement plus longues que la moyenne.

- ...de bière, bien entendu !

Cela ne l'empêche pas de savoir qu'il tente le diable en s'approchant aussi près de la carotide battante de l'elfe, car son odeur est exquise. Vlaad sait cependant qu'Arwina ne court pas le moindre danger même lors de ces jeux à double sens. Il l'a côtoyée depuis trop longtemps, l'a déjà vue blessée et s'est contenu, il sait qu'il y parviendra sans cesse de mieux en mieux. Il a d'ailleurs fini par renoncer aux elfes, même si une promenade dans les Quartiers de la Mallorne est un pénible supplice pour ses sens et qu'il ne s'y aventurerait pas avec même la plus petite soif. Mais Arwina, elle, ne craint absolument rien.
Il lâche vivement l'elfe, s'empare de la boîte contenant son violon, qu'il attache dans son dos derrière son manteau et se met à courir le long de la rambarde du balcon, avant de sauter dans le vide et d'échoir sur le faîte du toit du musée. Des rires et de la musique commencent à s'élever dans l'air frais. Il se retourne, passe une main dans ses cheveux - réflexe de dragueur s'il en est - et attend Arwina.

_________________
"Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin."
Søren Kierkegaard


Revenir en haut Aller en bas
Arwina
Modérateur
Modérateur


Nombre de messages : 312
Age : 30
Points : 39
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Transformation en licorne, soin avec magnétisme et onde de choc bénéfique
Race: Elfe
Niveau de puissance:
12/20  (12/20)

MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Mer 6 Jan - 20:15

Vlaad avait beau être un vampire, je ne le craignais pas. Au début, il fallait l’avouer, je me méfiais. Mais très vite, je me suis aperçue qu’il n’était pas dangereux, du moins en ce qui me concernait. Mais je ne pensais pas qu’il s’intéressait au sang des autres étoiles. Il savait se contrôler. Il avait beau être un solitaire, j’étais persuadé qu’il s’était tout de même attaché à ce groupe original. Il était même tombé amoureux d’une elfe sylvain. Comme quoi les vampires pouvaient très bien se contrôler, et avoir des sentiments. Mais les humains ont du mal encore à comprendre tout ça. Les créatures de la nuit font peur, d’autant plus lorsqu’elles se nourrissent de sang.

Vlaad rejoint le toit avec cabriole, mais néanmoins avec élégance. Je le rejoignis et observai les alentours. Notre hauteur nous permettait de distinguer toute la ville. A l’ouest, se trouvait les quartiers des elfes. Il semblait endormi, on y distinguait très peu d’activité. A l’est se trouvait les quartiers des mages et sorciers. On pouvait apercevoir encore de l’activité à cette heure. Mais évidement, l’activité la plus forte se distinguait derrière les remparts des quartiers du nord. Quant aux humains, quelques uns trainaient encore dans les tavernes, ou dans les rues. Il n’était pas encore trop tard pour profiter de la soirée.

Je désirais m’amuser. Il y a bien longtemps que je n’avais pas profité un peu de mon temps. Je pris alors mon élan le long du toit et sautai allégrement vers un autre toit, en contrebas. Atterrissage impeccable ! Je me retournai alors vers Vlaad, provocatrice.


-Et bien alors ? Tu me suis ? Le premier qui arrive à la cathédrale!

Sur ce, je n’attendis pas sa réponse et m’élançai de nouveau vers la cathédrale, sautant de toit en toit. Je me retournai souvent en constatai qu’il n’était pas loin derrière. Il était hors de question que je lui laisse de l’avance. Que j’étais heureuse de pouvoir m’amuser un peu avec Vlaad, de « voler » au dessus de Samroun, ne plus rien penser, juste courir, courir encore, et sauter dans le vide. Nous ne faisions aucun bruit. Un vampire et une elfe savaient être discrets ! Je m’empêchais de rire, pour éviter que l’on nous repère, mais je n’arrêtais pas de sourire ! Que penserais nos citoyens s’ils voyaient leurs gouverneurs s’amuser comme deux gamins au dessus de la ville ? Oh et puis zut ! Nous aussi nous avions le droit à un peu de bonheur !

Nous n’étions plus très loin de la cathédrale désormais. Tout se jouait à présent. Malheureusement, lors d’un atterrissage, je glissai légèrement sur les ardoises d’une maison. Ceci me fit perdre quelques secondes mais tout pouvait se jouer avec ces secondes. J’espérais ne pas avoir pris trop de retard par rapport à Vlaad.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Vlaad
Admin
Admin


Nombre de messages : 1078
Age : 26
Localisation : Là où la vie me mène
Points : 49
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Métamorphose/Télépathie/Pyrokinésie
Race: Vampire
Niveau de puissance:
15/20  (15/20)

MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Mer 6 Jan - 23:27

Arwina se montre d'humeur aussi joueuse que le vampire. Bondissant avec grâce à sa suite, elle s'élance sur le toit, leur donnant un point d'arrivée avant d'accélérer sa course.

- Tricheuse, murmure Vlaad en souriant, avant de s'élancer à son tour.

Devant lui, l'elfe ne fait aucun bruit, légère comme une plume. Pour sa part, sauf le vague raclement de ses bottes sur les toits, ses déplacements sont aussi silencieux. Il court à la suite d'Arwina, bondit à travers une ruelle pour ne plus avoir à être derrière elle et continue à dévaler les toits vers les tours sombres de la cathédrale. Ses cheveux se dénouent petit à petit ; le vent fouette son visage alors qu'il accélère sans cesse sa course. Il maîtrise son corps parfaitement, rompu aux combats et aux actions discrètes lors de son passé de voleur. Il ne prend pas la peine de regarder où il met les pieds, allant avec autant d'aisance que sur le sol, bondissant comme un chat et se réceptionnant sans peine. A ses côtés, Arwina maintient son avance cependant. Il y aurait un moyen aisé de la doubler : se transformer en chauve-souris. Mais Vlaad s'est pris à ce jeu enfantin et il en oublie les risques pour se laisser aller sans bruit au-dessus du vide.

*Quels idiots sommes-nous...mais comme cela peut être bon !*

Il ralentit en voyant Arwina glisser, prêt à sauter par-dessus la rue pour l'aider, mais lorsqu'il voit qu'elle se rétablit, il accélère encore. Ses bottes effleurent à peine les ardoises. Dans un dernier bond, il se réceptionne sur un arc-boutant, qu'il gravit avant de s'emparer d'une gargouille pour prendre de l'élan et atterrir finalement sur le toit de la nef.


- Je ne soutiens pas la comparaison dans une forêt, mais force est de constater que la ville me profite bien, dit-il en souriant, alors qu'Arwina finit par faire son apparition.

Il faut dire aussi que les toits ont toujours été son mode de fuite favori... En équilibre sur le toit, il reste immobile, observant la ville éclairée de bougies. La lune commence à étinceler, presque pleine et projetant l'ombre du vampire sur les clochetons. Sous la cathédrale, une mare de ténèbres apaisantes : le sanctuaire. Entre les arbres, il distingue quelques temples où des fidèles font brûler des lampes ou des cierges. Un parfum d'encens flotte dans l'air, mêlé aux fragrances des bosquets encore en fleurs. La cathédrale reste néanmoins le lieu le plus vaste du sanctuaire.


- Je n'ai jamais trop compris pourquoi les humains ressentent le besoin de sacrifier deux générations de bâtisseurs pour réaliser un tel édifice, si ce n'est un vice d'orgueil... La foi se contente bien de l'âme pour lieu de culte.

Il esquisse un sourire, prend son élan et rejoint le clocher principal, se glissant entre les auvents protégeant les cloches. Une nuée de chauves-souris précipite son décollage en le voyant arriver. Vlaad se laisse glisser sur le gros bourdon, se rattrape au bord avant de se balancer pour serrer le maillet entre ses genoux. La cloche laisse échapper un profond frémissement de métal. Dans les ténèbres épaisses qui baignent la hauteur du clocher, Vlaad distingue un palier de bois puis un escalier branlant.

- Ce n'est pas une porte d'entrée très conventionnelle, mais je doute que ce soit ouvert par ailleurs ! lance-t-il à Arwina, s'amusant de la sonorité gutturale de sa voix dans le réceptacle de bronze. La visite t'intéresse ? Personnellement, je n'y ai jamais mis les pieds !

Il part d'un grand rire en se laissant tomber dans le vide pour atterrir sur la plate-forme, qui grince sous son poids. Un vampire dans une église...il trouve toujours ça irrépressiblement drôle.

_________________
"Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin."
Søren Kierkegaard


Revenir en haut Aller en bas
Arwina
Modérateur
Modérateur


Nombre de messages : 312
Age : 30
Points : 39
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Transformation en licorne, soin avec magnétisme et onde de choc bénéfique
Race: Elfe
Niveau de puissance:
12/20  (12/20)

MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Sam 9 Jan - 16:34

Vlaad arriva le premier. Flûte ! Tout ça parce que j’avais glissé. Sinon j’étais certaine de gagner cette course. Et Vlaad ne manqua pas de s’en vanter. Pour réponse, je lui fis une grimace en tirant la langue.

-J’aurai ma revanche !

Il est vrai que j’étais plus à l’aise en forêt qu’en ville. Mais avec cette décennie, j’avais eu le temps de m’habituer à la vie citadine. Mais comment rivaliser avec quelqu’un qui y est habitué depuis des siècles ! Je ne lui avais jamais demandé son âge. Mais je me doutais qu’il n’était plus tout jeune ! Enfin façon de parler. D’ailleurs je ne lui avais jamais rien demandé sur son passé, sur sa vie avant d’être vampire, sur sa transformation etc…Je connaissais seulement l’existence de son oncle détesté par Vlaad. Un jour viendra peut-être où Vlaad se confiera. Mais je n’allais pas le forcer. Et de toute façon, ce n’était ni le moment, ni le lieu…quoique…Les humains ne venaient-ils pas ici pour se confesser ? Ce lieu leur permettait de se recueillir, de prier pour leur Dieu. Il est vrai qu’une aussi grande cathédrale paraissait démesurée. Mais ce peuple avait peut-être désiré faire plaisir à leur Dieu en créant une demeure identique à la grandeur de leur Dieu. Mais je rejoignais tout de même le point de vue de Vlaad. Les Dieux n’ont pas besoin de structures aussi ostentatoires pour écouter les peuples. D’ailleurs, à Samroun, il n’avait qu’un Dieu, qu’il nommait…Dieu. Pas très original. Les autres peuples ont généralement plusieurs Dieux, ou Esprits guides avec un nom bien distinct pour chacun.
Perdue dans mes pensées, je ne réalisai pas tout de suite l’absence de Vlaad. Ce sont les chauves-souris qui m’interpellèrent. Je finis par le rejoindre à l’intérieur du clocher principal. Les cloches étaient impressionnantes ! Vlaad était suspendu à l’une d’entre elles. Et c’était moi la gamine ?

Il me proposa d’aller voir l’intérieur de l’édifice. Bonne occasion, car je n’y étais jamais entrée de peur de froisser les humains. Voir une elfe, créature non humaine, entrer dans le temple de leur Dieu faisait mauvais genre. Au moins, nous serions tranquilles cette nuit puisque la cathédrale était fermée. Encore fallait-il ne pas croiser de prêtre.

Je quittai mon perchoir pour atterrir aux côtés de Vlaad.

-Moi non plus ! Je suis bien curieuse de savoir si l’intérieur est aussi ostentatoire que l’extérieur !

Je passai devant le vampire, sans lui laisser le choix, et descendis l’escalier sans bruit. L’installation n’était plus toute jeune et je me demandais si des personnes l’empruntaient encore. L’escalier aboutissait à une porte en bois. Je tournai la poignée prudemment, elle était ouverte. J’entrai alors dans une pièce non éclairée. Mais mon excellente vue me permettait de voir comme en plein jour. Et je ne me faisais pas de soucis de ce côté-là pour Vlaad. Il s’agissait d’une pièce assez petite, meublée modestement. Un bureau, deux chaises, des bougies, de la paperasse éparpillée sur le bureau, une armoire, et un tapis pour décorer la pièce. Le reste du décor était composé d’un crucifix, et de tableaux qui devaient surement être des représentations de leur livre sacré. Je n’y connaissais pas grand-chose à la religion des humains. Je devrais peut-être m’y intéresser davantage.
En tout cas, ce lieu devait être réservé aux prêtres. Pas très intéressant. Je continuai alors, en ouvrant une autre porte.

Celle-ci donnait sur l’intérieur de la cathédrale, cachée par une espèce d’escalier en bois menant à un promontoire. Les prêtres devaient surement faire leur discours de ce promontoire.
J’allai y voir de plus près. Le bois était sculpté. C’était très joli, je ne pouvais le nier.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Vlaad
Admin
Admin


Nombre de messages : 1078
Age : 26
Localisation : Là où la vie me mène
Points : 49
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Métamorphose/Télépathie/Pyrokinésie
Race: Vampire
Niveau de puissance:
15/20  (15/20)

MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Dim 10 Jan - 14:28

Arwina dépasse Vlaad dans un rire, se moquant gentiment de ses acrobaties sur la cloche. Vlaad court à sa suite dans les escaliers poussiéreux, se contentant de faire grincer les marches là où un humain aurait pu passer au travers des planches. Curieusement, il est peut-être l'Etoile qui se prend le moins au sérieux parfois. Sans doute parce qu'il est habitué à faire ce que bon lui semble la plupart du temps, sans véritable responsabilité. De temps à autre, le vampire se comporte comme ce qu'il a l'air : un jeune homme d'à peine vingt ans, insouciant et folâtre.
Leur course les conduisent dans une petite pièce étroite, chichement meublée. Un bureau, des papiers, un gros livre, quelques images pieuses et une armoire mal fermée, où Vlaad peut entrevoir des aubes blanches pendues à des cintres. Ses doigts parcourent le bois du bureau, frôlent la Bible ouverte. Arwina observe avec curiosité ces objets de culte avant d'ouvrir la porte et de pénétrer dans le transept. Le vampire, lui, reste à contempler le livre ouvert.
« Mais de l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, vous ne goûterez point... »
Lorsqu'il rejoint l'elfe, elle est en train d'admirer une chaire. Il est vrai que le promontoire est décoré et sculpté avec soin. Vlaad passe lentement à travers les rangées de bancs en bois, sa curiosité attisée, son regard parcourant l'endroit. Les piliers de pierre ont tous des chapiteaux sculptés et soutiennent une voûte gothique qui se perd dans les ténèbres. Des niches creusées dans le mur abritent des statues d'hommes et de femmes au regard lointain.

- Je crois que ces statues représentent des gens très méritants ou remarquables par leur foi, que les habitants appellent « saints ». Chacun est doté de pouvoirs particuliers et les gens les invoquent en fonction de leurs besoins. Ce sont des espèces d'esprits protecteurs, en fait, dit-il à l'adresse d'Arwina.

A ces mots, il s'aperçoit que finalement, il connaît peu de choses des croyances des elfes. La question suit sa pensée.
De l'autre côté, dans l'abside, en face de l'entrée, se tient une table de bois sombre recouverte d'une nappe blanche brodée. Vlaad s'en approche, examine avec attention le ciboire dont les rayons dorés étincellent doucement sous l'éclat de la lune. Quel culte singulier ! Lorsqu'il lève les yeux, il croise le regard vide du Jésus de pierre crucifié au-dessus de lui. Malgré le sang qui ruisselle sur son corps maigre, le sculpteur lui a donné une expression emplie de pitié. Le vampire se retourne vivement. Devant lui, la nef s'étend jusqu'à l'obscurité dissimulant la porte et une vaste mezzanine à mi-hauteur du plafond. La lune fait scintiller les vitraux, qui lancent leurs lueurs bleues et rouges sur le sol glacé. Où que se porte le regard du vampire, il voit une sculpture, une statue, un tableau. Mais l'ensemble dégage une impression de grandeur austère imposant une sorte de respect craintif.

- Ce lieu est vraiment le fruit d'un grand travail et de beaucoup d'art. Quelle foi puissante il a fallu pour ériger un tel bâtiment ! Mais il y a quelque chose de trop sévère là-dedans. Ce lieu est étrangement apaisant, mais il est facile de s'y sentir mal à l'aise...

Vlaad continue de remonter la nef, le regard attiré par le vaste instrument qui occupe la mezzanine. En quelques bonds, il arrive à l'étage et il se dresse devant l'orgue imposant. Il frôle les claviers, inspecte les pédales et les boutons d'ivoire. Il lui semble que les tuyaux de l'énorme instrument continuent de vibrer doucement.

- Nous avions des instruments semblables dans mon pays, souffle-t-il à mi-voix, sans savoir si Arwina l'a entendu. Est-ce que je me rappelle...

Le vampire pensif s'installe à la place de l'organiste. Ses doigts frémissent sur le clavier. Il ferme les yeux. Oui, c'est curieux cette attirance qu'il a pour la musique. Il entend les pas d'Arwina dans l'église, dans son dos. Il a bien saisi ses regards interrogatifs. Ses doigts enfoncent une touche. L'orgue émet une note grave et assourdie. Vlaad sent ses réticences s'estomper lentement. La solitude et la grandeur du lieu, la sympathie pour Arwina qu'il ressent presque comme un doux contact, sa fatigue le plongent dans une paisible torpeur. Il ignore où est l'elfe exactement, mais il sait qu'elle peut l'entendre.

- Tu as raison... Dix ans que nous vivons côte à côte sans rien savoir de l'autre... Mais n'est-ce pas le meilleur moyen pour apprécier l'autre à sa juste valeur et ne pas être influencé par un passé révolu ? A vrai dire, j'aimerais moi aussi savoir quelles tristesses tu caches derrière ta douceur, Schwesterlein...

Ses doigts continuent d'appuyer doucement sur les touches. Les souvenirs remontent, un par un. Il grimace. Il déteste cet exercice, mais le temps est peut-être venu d'exorciser ses démons intérieurs. Arwina n'est pas idiote, elle aura compris son désir sincère d'en apprendre plus sur elle. C'est donnant donnant.

- Même pour un vampire, je commence à avoir un âge honorable, murmure-t-il, les yeux toujours clos, en partie ailleurs. 528 ans exactement. Le monde d'où je viens ressemble beaucoup à celui que devait être Samroun il y a un demi-millénaire. Il y a des sorcières et des elfes, mais surtout des humains, beaucoup d'humains, divisés en deux classes : le peuple et les Seigneurs. Les Seigneurs régnaient sur le peuple en échange d'une protection et obéissaient au Roi. Chaque famille de Seigneur était doté d'un pouvoir magique, hérité d'un ancêtre légendaire. Maîtriser le pouvoir d'une famille qui n'est pas la sienne était une haute trahison. Ma famille était crainte car elle engendrait de puissants télépathes. Moi qui n'était qu'un fils parmi d'autres, ce don m'était pénible. Ce que j'arrivais en revanche, c'est à faire des flammèches. Par là, j'ai déshonoré ma famille, qui m'obligea à renier ce don durant toute mon enfance. Même lorsque notre château fut assiégé et que, sans me vanter, cette faculté nous sauva la vie à tous, on me traita comme un paria et on me bannit. J'avais à peine quinze ans et on m'envoya chez mon oncle, Ivan. Il a bien senti toute la rage qui grondait en moi, et il en usa à sa convenance en réalité. Il m'apprit des sortilèges et des invocations que je préfère taire, il me fit miroiter la puissance des Ténèbres et fit de moi un être froid au cœur de pierre, égoïste et mauvais. Puis il me jugea prêt et me transforma en vampire. Ce qu'il n'avait pas calculé, c'est que je répugnais cette engeance. Toute la rage qui s'était accumulé en moi pendant ces années se retourna contre lui. Et contre moi. Je déteste ce que je suis, malgré les avantages que cela a. Pendant bien longtemps, j'ai penché entre l'appel des Ténèbres, la puissance dont je pouvais user comme Ivan, et le dégoût que j'avais de moi-même. C'est cette seconde qui triompha, comme tu le sais. Je n'étais plus moi-même. J'ai été assassin, chasseur de primes, voleur, j'ai abattu mes méprisables semblables pour gagner de l'or. Et puis, les siècles passant, j'ai voyagé, j'ai appris. Et j'ai échoué ici sans trop savoir comment. Malade de ma malédiction.
J'ai fait des choses horribles mais je ne parviens pas à les regretter. J'en ferais peut-être encore. J'aime trop la violence du combat, l'attrait du danger. Car je commence à comprendre qu'il y a une partie de moi qui est cruelle et égoïste et que seule ma mort m'en libérera. Je commence à comprendre que je ne peux changer ma nature quels que soient mes actes ; aux yeux de tous, aussi bon que je puisse être, je resterai un démon.

Vlaad semble revenir enfin à la réalité et laisse retomber mollement ses mains du clavier, ses pieds des pédales. Il cligne des yeux. Jamais il n'a tant parlé de lui. Il lance un long regard à Arwina. Si elle réagit comme il l'espère secrètement, si elle a le bon goût de ne pas essayer de le persuader du contraire au sujet de sa nature, il aura alors la certitude qu'elle est une véritable amie qui peut comprendre en partie le mal dont il souffre.

- Amen, ricane-t-il en s'écartant de l'orgue.

Le cynisme et la moquerie ne sont que des pirouettes pour se défendre...


[Je sais, j'étais déchaîné...faut dire que je gardais mes voisins et il était 2h du matin quand j'ai écrit ça ^^ Si ça te plait pas, j'éditerai Razz ]

_________________
"Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin."
Søren Kierkegaard


Revenir en haut Aller en bas
Arwina
Modérateur
Modérateur


Nombre de messages : 312
Age : 30
Points : 39
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Transformation en licorne, soin avec magnétisme et onde de choc bénéfique
Race: Elfe
Niveau de puissance:
12/20  (12/20)

MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Jeu 14 Jan - 13:38

J’étais toujours en train d’admirer le travail effectué dans le bois lorsque je fus interrompue par Vlaad. Il m’expliqua la signification des statues situées un peu partout dans des niches murales. Je me rapprochai de l’une d’entre elle. Il s’agissait d’une femme portant un enfant dans ses bras. Elle semblait tellement douce. Le sculpteur était doué. Cependant, il n’y avait rien dans le regard…seulement du vide. Il lui manquait donc un petit quelque chose. Ainsi donc cette femme, nommée Marie comme je pouvais lire, était aussi la représentation d’un esprit protecteur ? Au fond, les humains n’étaient pas si différents que les elfes. Je décidai de faire part de mon raisonnement à mon ami.

-Chez les elfes, en tout cas pour mon peuple, notre déesse mère est Gaïa. Elle est le tout, elle est l’infini, elle est la créatrice…Elle est dans chaque être vivant : nous, une brindille d’herbe, un oiseau, l’eau d’une rivière, une pierre. Nous pouvons communiquer avec elle mais il faut savoir l’écouter. Ensuite, nous avons d’autres esprits protecteurs, tout comme chez les humains. Nous en avons un pour chaque élément, mais aussi par exemple la musique, le dessin etc...

Chacun d’entre eux a aussi des pouvoirs qui leur sont propres. Ainsi, nous ne sommes pas très différents des humains... Malheureusement, ils ont l’air d’avoir oublié que dans leur monde aussi il y a de la magie, et ce avant même que les portails s’ouvrent sur leur royaume.

Les humains avaient des croyances, et la magie appartenait à ces croyances. Dans ce cas, pourquoi avoir si peur de nous, qui utilisons la magie ? Pourquoi les humains ne l’utilisent-ils plus ? Je restai un moment face à cette statue puis décidai d’aller voir les autres. Je marchais silencieusement, observant tout ce travail fait minutieusement. Vlaad avait raison. Ce lieu, malgré les diverses ornementations me paraissait froid. Etait-ce du fait du choix du matériau principal ? Cependant, beaucoup de calme et de sérénité régnaient entre ces murs. Je sentais une certaine magie bienfaisante, même si elle était minime. Quel étrange lieu tout de même. Aussi surprenant que paradoxal. Je me rapprochais de l’allée centrale et me mis à observer les vitraux. Il était clair qu’il s’agissait des plus belles œuvres de cette cathédrale. Je les observais attentivement. Il devait s’agir des scènes de vie de leur Dieu, leurs esprits protecteurs. Un peu de couleur ne faisait pas de mal à ce lieu austère. Elles amenaient un peu de gaieté. Intriguée par la technique, je voulu voir ces vitraux de plus près. Je grimpai donc le long d’un pilier proche d’un de ces vitraux, jusqu’à arriver à la hauteur voulue. Soudain, je sursautai et cela me fit lâcher prise. Heureusement j’arrivai à me raccrocher au pilier ! Je tournai la tête pour voir d’où ce son provenait. Je vis alors d’énormes tuyaux alignés parfaitement, de tailles différentes. Vlaad se tenait devait ce qui devait être un instrument de musique.

Je soufflai, le cœur battant encore de cet effet de surprise. Arrivée enfin près du vitrail, j’entendis les paroles profondes de Vlaad. Il me fit comprendre qu’il désirait en savoir plus sur moi…connaître mes blessures. Je sentais qu’il allait enfin se confier. Je quittai donc mon perchoir accompagnée des notes de musique. Les sonorités étaient magnifique : à la fois fortes et douces. Je rejoignis Vlaad et eu tout le loisir de pouvoir admirer ce magnifique instrument. Lorsque je regardais jouer le vampire, cet instrument me paraissait complexe. Mais la mélodie accompagnée des sonorités de l’instrument était des plus apaisantes…et mélancoliques.

J’écoutais attentivement l’histoire de Vlaad, sachant qu’il s’agissait là d’un moment rare et privilégié. Je finis par comprendre la souffrance qui le consumait chaque jour. En tant qu’humain déjà, il avait connu l’exclusion, l’ignorance. Maintenant vampire, il continuait de les subir, parce qu’il était différent. Je connais enfin la raison de cette haine envers son oncle. Je cru pourtant comprendre que son oncle n’était plus. Pourtant sa rage et sa haine était toujours présentes en lui. Vlaad n’acceptait pas complètement sa nature. Mais cela prouvait qu’il avait un cœur, et que ce n’était pas qu’une créature avide de sang ! Cela montrait qu’il pouvait être bon, malgré ses erreurs, ses excès et ses impulsions.
J’étais vraiment touchée par son passé, par sa « malédiction » comme il l’appelait. Mais j’étais aussi touchée par sa confession. Peut-être avait-il compris qu’il ne sera plus seul désormais ? Même si un jour nos chemins se séparent, nos vies resteront liées.
Cependant, je n’étais pas d’accord sur sa dernière phrase. Il pouvait peut-être paraître pour un démon aux yeux des autres, mais pas pour moi. Je sais parfaitement qu’il n’a pas choisi d’être ainsi. Il a été manipulé. Il ne sera en rien un démon même s’il tue. Evidemment, cette idée m’était douloureuse. Oter une vie était quelque chose d’ignoble. Mais pour un vampire, il s’agissait avant tout de survie. Se retrouver avec un ami vampire était en soit complexe pour une elfe. Je détestais faire du mal à une personne, un animal, une plante. Lorsque je cueillais mes herbes médicinales, je ne prenais que ce dont j’avais besoin, tout en remerciant la plante et Gaïa de son aide. En tout cas, l’histoire de Vlaad m’aidait à comprendre un peu mieux l’univers des vampires. Certes tous n’étaient pas comme Vlaad. Mais sur tous ces vampires qui existaient, combien n’avaient jamais regretté d’être ce qu’ils étaient ?

Un long silence suivit ses paroles. Je n’allais pas le remercier de s’être ouvert à moi, cela aurait été déplacé en cet instant.

-Tu ne seras jamais un démon à mes yeux Vlaad.


J’avais besoin de lui dire. Depuis le début je savais ce qu’il était ! Et je l’avais accepté comme tel. Je savais qu’il était vampire…mais il n’en était pas moins humain.
Soudain une faible lueur apparu au dessous de nous. Un prêtre avait du entendre l’instrument de musique et il était en train d’inspecter la cathédrale. Là où nous étions, il ne pouvait nous apercevoir avec sa lanterne. Mais lorsqu’il fit le tour, il grimpa les escaliers qui menaient à l’instrument. Je passai alors par-dessus le balcon et me laissais retomber sur le sol, en douceur. Vlaad fit de même et nous allâmes nous cacher derrière le promontoire en bois. Nous attendîmes, silencieux, écoutant les pas du prêtre. Puis déçu ou soulagé de n’avoir vu personne, il fit demi tour. La porte se referma, et le bruit du verrou nous confirma que nous étions de nouveau seuls.
J’esquissai un sourire, ravie d’avoir pu tromper sa vigilance. Je montai alors sur le promontoire fait de bois et vins m’y asseoir, faisant face aux bancs vides. Il était temps que je parle à mon tour. Je lui devais bien ça.


-Mon histoire, tu la connais déjà. Je vivais avec ma famille dans un clan d’elfes de la forêt. Je ne te donnerai pas le nom, il te serait incompréhensible. Nous vivions en parfaite harmonie avec Gaïa. Les arbres étaient nos maisons, nous nous nourrissions de plantes, de fruits et de lait. Mon monde n’était pas très différent de celui-ci. Nous avions les même plantes, les mêmes animaux. Cependant, les animaux considérés comme magiques ici, étaient courant et respectés chez nous. Pour ma part j’étais fascinée par la médecine. Je passais des heures avec l’herboriste de notre clan à parcourir la forêt. Il m’apprenait non seulement le nom des plantes, mais aussi leur pouvoir de guérison. Il avait une connaissance débordante dans ce domaine. Mais il avait aussi un don, celui de guérir avec les mains, avec l’énergie de son corps et de Gaïa. J’avais très envie de pouvoir faire la même chose à l’époque. Il me l’avait donc enseigné. Tout mon savoir vient de lui.
Lorsque je n’étais pas à ses côtés, j’étais avec ma famille. J’aidais ma mère dans les tâches quotidiennes, je passais des heures à discuter avec mon père, et je passais le reste du temps à embêter ma grande sœur, dis-je en souriant. Nous n’arrêtions pas de nous taquiner mutuellement.
Mais cette vie merveilleuse fut détruite en un jour. Des êtres que je n’avais jamais vus auparavant massacrèrent ma famille et mon clan. Avec ma sœur, nous réussîmes à nous échapper. Tu ne t’imagines même pas combien j’étais déboussolée. Moi qui croyais vivre dans un monde de paix… Je ne sais même pas d’où venaient ces créatures.
Avec ma sœur, nous nous cachâmes plusieurs jours. Mais un jour, ma sœur partie à la chasse. J’en fus surprise car manger des animaux était rare. Malheureusement, je n’eu pas le loisir de lui demander au retour l’objet de sa chasse car elle ne revint jamais. J’ignore si elle est encore en vie aujourd’hui…


Mais au fond de moi j’espérais que c’était le cas. J’espérais pouvoir la retrouver un jour.

-Après j’ai beaucoup voyagé, espérant retrouver ma sœur. Je vis sur mon chemin d’autres villages dont il ne restait plus rien, comme le mien. J’avais continuellement peur de tomber sur l’un de ces êtres immondes. Puis par je ne sais quelle magie, je suis arrivée ici. La suite, tu la connais…

Il connaissait très bien mon autre plaie, inutile que j’en parle : la perte de Lyssandre. Je m'étais déjà confiée par le passé à Vlaad. D'ailleurs, il fut le premier à connaître mon histoire...et encore à ce jour il est le seul à la connaître. Mais cela faisait toujours du bien de pouvoir en parler.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Vlaad
Admin
Admin


Nombre de messages : 1078
Age : 26
Localisation : Là où la vie me mène
Points : 49
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Métamorphose/Télépathie/Pyrokinésie
Race: Vampire
Niveau de puissance:
15/20  (15/20)

MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Ven 15 Jan - 0:16

Les premières paroles d'Arwina, qui suivent la confession du vampire, lui font chaud au coeur et la sensation est nouvelle pour lui, du moins avec tant de force. Il lisait cette phrase depuis bien longtemps dans les yeux de l'elfe, mais l'entendre lui donne une force peu commune. Non pas qu'il soit simplement soulagé d'avoir un peu de valeur aux yeux de quelqu'un - il a dépassé ce stade -, mais ces quelques mots sont la preuve sincère de l'amitié qui les lie. Rien n'était fait pour les rassembler ou même les faire s'apprécier, et cependant, leur amitié n'en est que plus forte. Vlaad échange un long regard avec Arwina ; sa prunelle unique irradie doucement, teintant d'or sa pupille d'émeraude, étincelant de sympathie et de gratitude.
Vlaad n'aurait sans doute pas manifesté son contentement et son apaisement intéreur avec beaucoup plus d'ostentation, mais la venue d'un prêtre l'en empêche. Il se glisse dans l'ombre, suivant l'elfe.
Le prêtre finit par s'en aller et Arwina commence à conter son histoire avant de replonger dans le silence. Pendant un moment, seule les frissonnements imperceptibles de la cathédrale leur parviennent. Le vampire songe au vécu d'Arwina. Sa propre histoire est tragique, mais l'elfe a probablement souffert beaucoup plus que lui. Pour sa part, il a perdu ses illusions et ses sentiments depuis très longtemps. Arwina, elle, a découvert la cruauté du monde de la manière la plus brutale possible. Et cette cruauté lui a pris tout ce qu'elle avait, tout ce à quoi elle tenait. Même maintenant, il ne lui restait pas beaucoup de choses. Même pas Lyssandre, parti pour régner dans son monde, sans espoir de retour. Que dire ? Vlaad sait que les mots seraient maladroits. Lentement, il serre la main d'Arwina posée sur le rebord du balcon, avec toute la sympathie dont il est capable, se sentant confus et terriblement gauche. Ses pensées flottent vers Suka. La douleur de l'amour est au moins un domaine où ils se comprennent parfaitement...


- Rares sont les choses qu'on perd à jamais. Parfois, elles reviennent sous d'autres formes. L'espoir n'est pas toujours un vain mot. Mais tu sais que je serai toujours là pour t'aider.

Même si cela implique chercher sa soeur si Arwina trouve une piste, aussi folle que soit cette mission, Vlaad ne prononce jamais une promesse en vain. Si Suka est le sujet de tous ses désirs et de tous ses plans de futurs, Arwina est pour lui l'être qui, pour la première fois de sa vie, se rapproche le plus de la définition de "famille". S'il a toujours cru qu'aimer signifiait se rabaisser et se rendre faible, il commence à voir la chose autrement. Sa vie n'est pas celle d'Arwina ou de Suka mais ils vont sur des chemins parallèles et ce sentiment fait naître en lui une force nouvelle.

- Même si nos routes se séparent, nous ne serons jamais vraiment l'un sans l'autre, murmure-t-il, fixant l'elfe avec une grande intensité, comme la mettant au défi de douter de sa sincérité ou de la nier - bien qu'il sache qu'elle ne le fera pas.

Puis il se laisse glisser au sol, non sans profiter de son élan pour ébouriffer les cheveux de l'elfe. Les discussions sérieuses à son sujet sont closes.


- Je n'ai pas vraiment envie de rentrer et je ne connais pas très bien le sanctuaire. Continuons notre promenade !

Sans attendre de réponse, le vampire remonte la nef à grandes enjambées, traverse le transept et ouvre une petite porte, qui ne mène pas à la sacristie, mais à l'antique cimetière qui entoure l'arrière de la cathédrale. Il perçoit un bruit de pas avant d'apercevoir la lumière.

- Qui va là ? clame une voix dont la fermeté laisse un peu à désirer.

Le prêtre qui a fait irruption dans l'église apparaît, sa lampe tempête dans une main, un bâton ferré dans l'autre. Malgré la crainte qu'il exsude par tous ses pores, Vlaad se doute qu'il sache s'en servir un peu. Rares sont les Samrouniens qui ne savent pas faire usage d'une arme. Heureusement, l'ombre cache la porte ouverte de la cathédrale.


- Calmez-vous, je suis Vlaad. Mon nom ne doit pas vous être étranger...

L'homme approche sa lanterne mais reste à distance respectueuse, partagé entre le soulagement et l'angoisse. Ses traits se détendent un peu lorsque le vampire sent la présence d'Arwina dans son dos. Pour ce soir, ce "racisme" lui tire seulement un soupir amusé. En tout cas, l'esprit du prêtre ramène à sa mémoire quelques souvenirs.

- Ah oui, c'est vrai qu'on ne vous voit qu'à la nuit tombée... Il toussote.Bref...Bonne soirée messeigneurs, que Dieu vous garde ! Mais à l'avenir, songez au coeur du vieux prêtre que je suis, et ne me causez pas tant de frayeur !

Le vieil homme s'éloigne et disparaît, retrouvant son presbytère à l'entrée du sanctuaire. Devant Vlaad, les bois éclairés par la lune et les chants de quelques moines encore en service invitent à la promenade.

_________________
"Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin."
Søren Kierkegaard


Revenir en haut Aller en bas
Arwina
Modérateur
Modérateur


Nombre de messages : 312
Age : 30
Points : 39
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Transformation en licorne, soin avec magnétisme et onde de choc bénéfique
Race: Elfe
Niveau de puissance:
12/20  (12/20)

MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Sam 23 Jan - 14:04

La main froide de Vlaad sur la mienne me fit chaud au cœur, ainsi que ses paroles. Qu’il était bon d’avoir quelqu’un à qui se confier, d’avoir un ami, un frère. Les autres riraient s’ils savaient que je considérais Vlaad comme un frère. Une elfe et un vampire… En voilà une idée ! Il est vrai que rien ne prédestinait cette amitié. Et c’est aussi pourquoi j’en étais si fière. Je sentis une vive émotion faire surface. Tout cet amour perdu, et tout cet amour retrouvé…
Vlaad dû le sentir puisqu’il mit un terme à cette conversation. Je lui en fus reconnaissante, je ne voulais pas fondre en larmes. Vlaad proposa de continuer notre exploration vers le sanctuaire. Je pris un petit temps afin de me remettre de mes émotions puis le suivi.

A peine étais-je arrivée près de la porte qu’une voix peu commode s’éleva. Je m’approchai donc et vis le prêtre, arme à la main. Vlaad se présenta calmement, et tout s’arrangea. Une fois le prêtre parti, je vins aux côtés du vampire.


-N’as-tu pas honte d’effrayer ainsi un prêtre ?taquinai-je.

Certes, il n’était pas le seul fautif, mais j’aimais le taquiner. Et plus nous nous connaissions, plus nous pouvions nous le permettre. Et un peu d’humour permettait de contraster un peu avec la discussion sérieuse que nous venions d’avoir.
Mais cet esprit joueur retomba bien vite au fur et à mesure que nous avancions à travers les tombes. Je ne pouvais m’empêcher de penser à tous ces êtres qui avaient perdu leur vie pour la survie de Samroun, pour la survie de toutes les espèces. Océania, si jeune sirène, avait perdu la vie… Il y avait toujours des pertes lors d’une guerre, mais il y avait toujours ce sentiment d’injustice lorsque l’on perdait des êtres proches. Gwydion avait dû affronter la mort d’un être cher aussi. Le jeune Maeglin, qui avait l’espoir de devenir chevalier avait succombé à ses blessures. Il était mort avec honneur, puisqu’il avait défendu Samroun. Mais pour les rescapés, il était douloureux de perdre autant de personnes. Les humains nous avaient acclamés lorsque nous avions annoncé la fin de la guerre, la fin de Séphirot. Mais beaucoup ignorait combien nous avaient quittés. Nous ne pouvons oublier, mais nous devons tout de même aller de l’avant et c’est ce que nous nous efforçons de faire depuis dix ans.


-Quel est ton rêve Vlaad, ton idéal ?
Maintenant que je connaissais le passé de Vlaad, je voulais en savoir plus sur ses envies, sur sa quête. Nous avons tous notre propre quête. Peut-être avait-il un rêve pour son futur.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Vlaad
Admin
Admin


Nombre de messages : 1078
Age : 26
Localisation : Là où la vie me mène
Points : 49
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Métamorphose/Télépathie/Pyrokinésie
Race: Vampire
Niveau de puissance:
15/20  (15/20)

MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Sam 23 Jan - 16:38

Arwina ne manque pas de taquiner le vampire au sujet de la réflexion du prêtre. Vlaad étouffe un rire léger.

- Tant qu'ils n'essayent pas de me planter un pieu dans la poitrine, j'évite de les tuer, ironise-t-il.

Lentement, les deux compagnons passent à travers les vieilles tombes. La plupart sont très anciennes, mais certaines, en périphérie de l'église, ont été creusées pour les religieux tombés au champ d'honneur. Dans les autres cimetières de Samroun, la terre a aussi été bien retournée depuis dix ans. Vlaad ne sait pas vraiment quoi penser de tout ces morts. On lui a toujours appris que tomber en servant une noble cause est une mort dont on peut être fier. Une mort dont il rêve lui-même, une mort qui le prendrait la conscience en paix. Mais le vampire sait que la plupart de ceux qui sont tombés défendaient simplement une famille, des biens, des amis ; tous avaient des désirs, des espoirs, des plans d'avenir que la mort a effacés. Océania, Maeglin et les autres méritaient bien peu la mort, tout comme ces anonymes qui reposent dans la terre du sanctuaire. Tout le monde ne naît pas avec une âme de guerrier.
La question d'Arwina tire Vlaad de ses réflexions. Il se renfrogne. C'est un autre problème épineux qui le fait souffrir. Auparavant, son avenir était contenu tout entier dans sa vengeance, puis dans la guerre contre Séphirot. Maintenant, il a perdu ses repères et cela le rend fou. Surtout quand on est immortel, il vaut mieux savoir à quoi occuper ses jours.


- Tant que je ne serai pas complètement en paix avec moi-même, je crois que cette question restera en suspens. J'ai été élevé et j'ai vécu comme un guerrier et un chasseur. Ces choses n'ont plus lieu d'être ici.

Vlaad ferme les yeux. Depuis le temps, il sait que la tranquillité n'est pas une chose sur laquelle il peut fonder sa vie. Il aime l'action, les combats, le stress. Mais au fond, n'est-ce pas un moyen de se fuir lui-même et d'éluder le problème de ce "lui" démoniaque ?

- Je me battrai pour ce monde, murmure-t-il . Pour bâtir quelque chose de nouveau et de meilleur que ce que nous avons tous connu. Je redeviendrais chasseur de démons pour ça.

Il fait le vide dans son esprit. L'important n'est pas d'apporter une réponse à Arwina mais à lui-même. Que désire-t-il, au fond ? A quoi employer son éternité que tant d'hommes désirent ? Où peut résider son bonheur ? Lentement, une image s'impose. Celle de Suka et des enfants qu'il pourrait lui donner si par chance, elle revenait avec un amour intact pour lui. Il serre des poings. Cette image est douloureuse et pleine d'espoir à la fois. Il se voit aussi, des décennies plus tard, à conter l'histoire des Etoiles passée au rang de légende. Deux choses dont il se sait incapable aujourd'hui mais qui lui semblent plaisantes lorsqu'il aura vieilli. S'écarter de Samroun, s'amender encore et toujours, et revenir, plus sage et peut-être plus apaisé.
L'amour et le partage, cela peut-il être aussi simple ?
Le vampire ouvre brutalement les yeux. Il a presque vécu ces brèves pensées et glisse un regard à Arwina : il a le sentiment d'avoir parlé sans s'en rendre compte, ou d'avoir transmis ces images par télépathie, tant le sentiment était fort. Honteux de s'être laissé aller ainsi, il croise résolument les bras et s'éloigne du cimetière à pas vifs, s'enfonçant sous les arbres vers un petit temple d'où s'échappent des chants assourdis et une odeur d'encens. Il a fini par accepter d'avoir des sentiments d'une telle douceur, mais seulement derrière une âme de fer. Tant que ce n'est pas lui qui lance la question, il déteste dévoiler sa faiblesse intérieure.


- Et toi ? finit-il par répliquer, s'efforçant de se calmer, sachant que sa colère est puérile et qu'il peut faire toute confiance à l'elfe. Quel but poursuis-tu ? Car tu es tout aussi immortelle que moi...

_________________
"Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin."
Søren Kierkegaard


Revenir en haut Aller en bas
Arwina
Modérateur
Modérateur


Nombre de messages : 312
Age : 30
Points : 39
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Transformation en licorne, soin avec magnétisme et onde de choc bénéfique
Race: Elfe
Niveau de puissance:
12/20  (12/20)

MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Sam 6 Mar - 14:08

Vlaad ne devait pas avoir honte de ses rêves. Il était noble de sa part de vouloir construire un meilleur futur dans ce monde, mais il avait aussi parfaitement le droit d’avoir une famille ! J’avais senti combien Suka lui manquait. J’étais certaine qu’il aimerait qu’une chose : qu’elle revienne. Je ne savais pas pourquoi elle était partie, d’ailleurs personne ne le savait. Mais cette absence faisait souffrir celui que je considérais comme mon frère. Il se referma aussitôt, et parti vers un petit temple. Je comprenais sa souffrance puisque j’étais dans la même situation. A un détail près cependant : je savais où était parti Lyssandre et ce fut moi qui avais renoncé à le suivre. Ce fut une décision difficile à prendre. Mais malgré mon amour pour lui, je ne pouvais le suivre dans un monde de glace. La forêt était ma maison, mon chez moi, ma ressource. Sans elle, sans Gaia, je ne pouvais exister… Et Lyssandre devait bien sûr retourner dans son royaume…
J’aurai tellement aimé qu’il en soit autrement ! Aujourd’hui, il devait surement avoir une reine à ses côtés. Peut-être même avait-il des enfants ? Je chassai vivement ces pensées. Cela me faisait trop de mal. J’espérais seulement qu’il était heureux.

Je vins rejoindre Vlaad, qui me posa la question en retour. Donnant, donnant, comme à chaque fois.
Je repensai de nouveau à Lyssandre, puis à ma famille perdue… Je décidai de m’asseoir un peu sur l’herbe fraiche, adossée au mur du temple.


-Le passé doit rester derrière. J’ai perdu Lyssandre, mais ce fut mon choix. Bien sûr, je rêverai de pouvoir être à ses côtés, que l’on soit toujours ensemble. Mais il en est autrement et je dois faire avec. Tout ce que je peux faire c’est de souhaiter qu’il soit heureux. Tout comme ma famille que j’ai perdu… Je voudrai tellement la retrouver ! J’aimerai garder un espoir. Mais je sais aussi que j’ai une autre famille aujourd’hui, dis-je en regardant Vlaad.
Je sais aussi que Samroun a besoin de moi. Alors il faut aller de l’avant. Mon but est donc d’aider les Samrouniens, faire en sorte que ce royaume vive en harmonie malgré les différents êtres qui le peuplent. Pour l’instant en tout cas…

Je fermai un instant les yeux, me laissant portée par les chants sacrés. J’appréciais cet instant. Tout était calme, une certaine sérénité régnait en ces lieux. J’étais moi-même sereine. Se confier ainsi, pour échanger avec Vlaad me faisait beaucoup de bien. L’atmosphère invitait à la méditation. Vlaad devait lui aussi sentir cette atmosphère particulière puisqu’il ne disait plus mot. Je me centrai sur moi-même. Cela faisait un moment que je n’avais pas médité. J’avais besoin de me ressourcer. Généralement je le faisais en forêt, mais je trouvai que ce moment s’y prêtait parfaitement.
Peu à peu j’entrai dans un état parfait de méditation. Les chants me semblaient de plus en plus lointain… Soudain une douce voix m’appela. Cette voix malgré sa douceur semblait troublée. Elle m’appela une deuxième fois, et elle me semblait familière… Cette voix féminine était celle de ma sœur ! Entrais-je en contact avec elle ? Il s’agissait là d’une première pour moi.
Mais je sentis quelque chose au niveau de mon épaule. Peu à peu je sortis de mon état méditatif. Je sentais maintenant que quelqu’un me donnait de légers coups sur mon épaule. J’ouvris les yeux, encore sous le choc de mon expérience…et frustrée d’avoir été interrompue. Je revins à la réalité et compris que les coups venait de Vlaad. Pourquoi me dérangeait-il en pleine méditation ? J’allais lui demander lorsque j’entendis de nouveau cette voix. Elle était cette fois-ci bien distincte ! Ne me posant pas de questions, je détournai la tête vers cette voix. Mon regard se posa sur une très belle elfe, aussi grande que moi, les cheveux de couleur argent lune, habillée d’un pantalon et d’un haut verts, sa cape tirée derrière ses épaules dénudées. Un arc et un carquois de flèches dépassaient de son dos. Elle avait une fière allure, d’une elfe forte, belle, sauvage…. Ma sœur.
Seul son regard trahissait sa vive émotion.

Spoiler:
 

Etait-ce un rêve ? Etais-je toujours en méditation ? Je ne savais guère. Je me relevai, ne la lâchant pas du regard, de peur qu’elle ne disparaisse si je le détournais.

-Isil… réussis-je à articuler.

Ma sœur lança donc un bref regard à Vlaad puis s’approcha de moi. Pour ma part, je ne pouvais plus bouger. Je me demandais même comment je faisais pour tenir debout. Elle vint m’enlacer, me serrer fort dans ses bras. L’abasourdissement quelque peu passé, je réalisai alors que j’enlaçai ma sœur, Isil ! Elle était vraiment là ! Elle était en vie ! Et elle m’avait retrouvée ! La sensation que j’éprouvai alors est indescriptible. Mon émotion était tellement forte que je ne pouvais dire un mot, seulement laisser mes larmes couler.
Elle prit mon visage dans ses mains et vins déposer un baiser sur mon front, comme elle le faisait, et comme mes parents avaient l’habitude de le faire. Quel bonheur ! Je lui souris, et tournai la tête vers Vlaad, toujours souriante. Il avait très bien compris. Il l’avait même surement compris avant moi puisqu’il m’avait tiré de ma méditation. Mais même s’il se doutait de qui elle était, ma sœur ignorait surement qui était ce vampire.


-Isil, je te présente Vlaad…mon ami. Vlaad, voici ma sœur.
Je voyais bien qu’elle ne comprenait pas le fait que Vlaad, un vampire, soit mon ami. Mais elle inclina la tête poliment, tout en lui souriant.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Vlaad
Admin
Admin


Nombre de messages : 1078
Age : 26
Localisation : Là où la vie me mène
Points : 49
Date d'inscription : 24/09/2009

Feuille de personnage
Pouvoirs: Métamorphose/Télépathie/Pyrokinésie
Race: Vampire
Niveau de puissance:
15/20  (15/20)

MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Sam 6 Mar - 22:54

Arwina et le vampire marchent en silence pendant quelques instants, jusqu'à s'arrêter près du temple illuminé. L'elfe s'assoit, songeuse. Vlaad l'imite. En lui, la colère reflue lentement. L'insensibilité n'est pas forcément une preuve de grandeur d'âme, et auprès d'Arwina, il sait qu'il peut se laisser aller à ses véritables sentiments.
L'elfe se confie à son tour, peu gênée de ce genre de marché exigé par l'orgueil du vampire. Mais il voit bien quelle peine cela éveille en elle. Il sait combien son choix a été cruel. Aurait-il été capable de choisir, lui ? Aurait-il fait son deuil du bonheur auprès de Suka ? Il l'ignore et la question ne se pose pas ainsi, de toute manière. Petit à petit, le ton d'Arwina s'affermit. Il soutient son regard avec force et tendresse. Les Etoiles sont unies, mais plus particulièrement eux deux. Il esquisse un sourire. Leur triste situation ne leur inspire pas ce sentiment biaisé qu'est la pitié et ils savent tous deux qu'ils peuvent s'épauler dans les grands moments de tristesse.
Une fois qu'elle se tait, Arwina ferme les yeux. Vlaad pressent qu'elle plonge de nouveau en elle, aussi reste-t-il muet, observant le paysage.
L'office se termine dans le temple, mais les chants résonnent encore, beaux et pleins de foi. L'air frais fait frissonner les arbres et mêle les odeurs végétales à celle de l'encens. Le vampire ferme les yeux. Il a dû vivre bien assez longtemps dans la forêt pour savoir la sentir "vivre", même s'il n'accorde pas un esprit aux arbres comme les elfes savent le faire. Néanmoins, il perçoit la force paisible de cet endroit et évacue les derniers restes de sa colère pour profiter pendant quelques instants du calme profond et spirituel du sanctuaire.
Un bruit de pas léger, presque imperceptible, se fait entendre. Vlaad ouvre vivement les yeux, mais à ses côtés, Arwina reste immobile, comme en transe. Une voix assourdie, très douce et en même temps déterminée, fredonne une chanson en elfique. Enfin, le vent apporte un parfum léger : celui de la forêt, celui du Beau Peuple...qui ressemble étrangement à l'odeur d'Arwina.
Une elfe débouche au détour d'un bosquet et s'arrête à quelques mètres d'eux. Plus grande qu'Arwina, elle est vêtue élégamment mais simplement d'une tenue de voyage vert feuillage. Un arc et un carquois pendent dans son dos. Son visage, encadré de cheveux argentés, est finement ciselé de traits sévères mais recelant une certaine douceur. Le vampire est saisi par la ressemblance entre Arwina et la jeune femme. Serait-ce donc cette soeur dont elle a tant parlé ?
La femme reste à quelque distance, son regard allant de Arwina au vampire, ne sachant que penser. Peu hostile, mais néanmoins bien méfiante...


- Mára aurë, murmure Vlaad pour apaiser la tension naissante, avant de tapoter l'épaule d'Arwina, son regard ne quittant pas la jeune femme.

Il faut un moment à l'elfe avant de sortir de sa torpeur et elle en est un peu vexée, mais lorsque Vlaad lui désigne d'un petit geste la nouvelle arrivante, la surprise la cloue sur place.
Finalement, renonçant en partie à la retenue des elfes, les deux soeurs se précipitent dans les bras l'une de l'autre, folles de joie. Vlaad se recule dans l'ombre, la gorge nouée mais sentant un vrai franc et grand sourire naître sur ses lèvres. Le bonheur d'Arwina lui procure un plaisir et une satisfaction sans bornes.
Enfin, l'elfe se retourne et présente Isil à Vlaad. Le vampire incline légèrement la tête.


- Elen síla lúmenna omentielvo. Arwina m'a beaucoup parlé de vous. Malgré que je sois d'une race ennemie, elle est ma plus proche amie et son bonheur de vous retrouver me réjouit.

Sans se départir de son sourire sincère, Vlaad esquisse quelques pas sur le chemin, se fondant petit à petit dans l'ombre pour laisser les deux soeurs ensemble. Si elles le cherchent, il ne sera pas loin. Mais il sent au fond de lui qu'Arwina va partir...

_________________
"Ce n'est pas le chemin qui est difficile, c'est le difficile qui est le chemin."
Søren Kierkegaard


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Sur un toit [Arwina]   Aujourd'hui à 10:44

Revenir en haut Aller en bas
 
Sur un toit [Arwina]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le toit, super endroit pour une sièste... Ou pas. [PV May Willis] [terminé => suite à l'infirmerie]
» Pensée solitaire sur le toit... [Libre]
» Les fesses à l'air par le toit ouvrant d'une voiture...
» Arrêt au toit
» CANICHE ABRICOT M 1 MOIS 4 PATTES SANS TOIT FA 26

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Monde Fantastique :: Le Rôle play :: La Ville de Samroun :: Le Sanctuaire-
Sauter vers: