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 Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]

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Asuka



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MessageSujet: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Ven 28 Mai - 20:16

Je m'oblige à arrêter ma course et à contenir ma peur pour essayer d'analyser la situation tant qu'il n'y a pas de danger immédiat. Je me retourne sur mes pas. Ma cavalcade a laissé des traces légères dans la boue, que la pluie remplit déjà. Des collines s'arrondissent à l'horizon, où que mon regard se porte. De temps à autre, je peux distinguer les arbres d'un bois, si sombres vu d'ici ! Je tremble comme une feuille : ma cape de fortune est trempée et me colle à la peau. La boue visqueuse serpente entre mes orteils. Toute la route n'est qu'un chemin de vase. J'aurais peut-être plus de chance en passant par les champs, bien qu'ils soient clôturés.
Je reprends mon voyage forcé, en marchant cette fois. L'herbe est plus douce sous mes pieds nus mais la terre est toujours aussi glacée. Enfin, j'arrive au sommet d'une colline. Nouvelle mise au point. La fatigue m'oblige à m'asseoir sur une pierre. Qu'est-ce que je fais ici ? Je ne vois plus la brume flottant au milieu de nulle part et qui était dans mon dos quand je me suis réveillée. Que m'est-il arrivé ? Pourquoi suis-je nue ? Et surtout, couverte de sang ? Je baisse les yeux vers mon corps mouillé. Mes poignets portent la trace de blessures récentes mais en train de cicatriser.
Pourquoi ?
Ou tout simplement : quoi ?
Que faire ? Où suis-je ? La pluie qui tombe sans discontinuer est plus froide que les tempêtes d'hiver du pays d'où je viens, et je n'ai jamais vu de tel paysage. Ai-je voyagé dans l'espace ? Dans le temps ? Autant de questions auxquelles je ne peux pas répondre. Je ferme les yeux et hume l'air. Derrière les odeurs de terre détrempée et d'animaux - il y a eu des bêtes à passer dans ce champ - je perçois le parfum du bois qui brûle. Un feu. Une habitation peut-être. Enfin, sans doute quelqu'un qui pourra me venir en aide et m'expliquer quelques petites choses.
En même temps, un bruit me fait sursauter : sur la route que j'ai empruntée, une charrette fait son apparition. Son meneur peste et jure sur le cheval qui n'avance pas, sur le temps et la tempête qui le trempe jusqu'aux os. Sa voix m'effraie et je préfère l'observer sous forme de chat. Il ressemble en tout points à un humain tel que je les connais, et son odeur est la même. Son aspect reste brutal et terrifiant : massif, rougeaud, il agite un long fouet pour faire avancer sa monture. Instinctivement, il me répugne, aussi je reste tapie dans l'herbe jusqu'à ce qu'il soit passé. Alors seulement, je reprends forme humaine.
Bon, je suis sûre que cet endroit abrite des gens constitués à peu près comme moi. J'espère seulement qu'ils ne sont pas tous des brutes mal dégrossies dans le genre de celui-là !
Je continue ma route en direction de l'odeur de feu de bois. Au détour d'un chemin, je distingue un petit bâtiment de pierre gardé par un chien. Une forte odeur de moutons me prend à la gorge. Mais à peine le chien me voit-il qu'il se met à aboyer et se rue vers moi. Le berger sort alors de sa cabane, l'arme à la main.

- S'il vous plaît...

Je n'ai pas le temps d'ajouter autre chose : le berger tire un coup en l'air, me sommant de déguerpir. Ce que je fais sans demander mon reste, d'abord sous forme humaine, puis sous forme de chat. Au moins, personne ne songera à me jeter des pierres sous l'apparence de cet animal. Et puis, j'ai moins froid sous cette forme.
Epuisée, je finis par arriver aux abords d'un hameau. Je reste éloignée, par peur d'être de nouveau si mal accueillie. Même sous ma forme de chat, je m'attire des regards suspicieux de ceux qui ont le courage d'être dehors par ce temps. Où suis-je donc arrivée ?
Je tourne autour du village sans trop oser entrer. Jusqu'à ce que j'aperçoive la silhouette d'un homme à l'écart. Je me tapis au sol. Même de dos, il a l'air imposant et son odeur est singulière, indiquant une ferme volonté. Tout vêtu de noir, il a l'air si sévère ! Je ne sais pas quoi faire.
Jusqu'à ce qu'un chat tricolore, jaillissant d'un buisson, file entre les jambes de l'homme et disparaisse aussi rapidement qu'il était venu.
Le maneki-neko ?
Prenant mon courage à deux mains, je reprends forme humaine, serrant ma cape contre moi pour essayer de rendre mon apparence moins pitoyable. La pluie a en partie lavé le sang et la crasse de mon corps, mais mes cheveux détrempés collent à mon crâne, laissant dépasser mes oreilles de chat. Je m'approche à pas prudents, prête à détaler au moindre signe de danger.

- Monsieur, s'il vous plaît... Voudriez-vous m'aider ?
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Père Raven



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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Dim 30 Mai - 22:58

Benjamin observait d'un œil critique le hameau qui se présentait sous ses yeux. Il se rendait en ces lieux pour rencontrer une personne susceptible de l'informer sur la localisation du Moonshade. IL avait rendez-vous à l'auberge. La tempête avait éclaté alors qu'il se trouvait à plusieurs bornes de sa destination ce qui avait assombri son humeur. La pluie glissait sur son manteau car, depuis le temps qu'il sillonnait les routes, il s'était équipé de vêtements adaptés et imperméable. Sa capuche était rabattue sur ses yeux, dissimulant une partie de ses traits et seule la main tenait son bâton était visible.

Le prêtre fut tiré de ses pensées par le passage d'un chat tricolore entre ses jambes, il sursauta à moitié. Puis ce fut une petite voix qui parvint à ses oreilles. Baissant la tête, il vit une jeune fille complètement trempée et effrayée qui sollicitait son aide. Il remarqua les oreilles de chat et les pieds nus de son interlocutrice, mais lui adressant un sourire rassurant, il opina de la tête.

- Bien sûr... Viens allons nous mettre à l'abri
, déclara-t-il à la petite.

Sauf que Melenda décida de s'en mêler. Apparaissant derrière l'enfant-chat, elle commença par toucher les oreilles de cette dernière et par lui tourner autour pour l'inspecter sous toutes les coutures en marmonnant ô combien c'était étrange. Ben fronça les sourcils et soupira. Le Shaldarin ne pouvait s'empêcher de venir fourrer son nez dans ses affaires, s'intéressant à toute nouveauté qui se présentait sous ses yeux.


- Melenda...
, lâcha Ben d'un ton qu'il voulait sévère.

L'intéressée se redressa, avec un sourire d'ange pour attendrir l'homme d'église. Face à la comédienne et sa beauté divine ou diabolique suivant les points de vue, Ben préféra ne pas insister. D'un geste qui se voulait paternel, il invita la petite âme perdue à le suivre vers ce qui semblait faire office de maison d'hôte ou d'auberge.

- Ne t'inquiète pas, elle n'est pas méchante...


Disons que la petite ne faisait pas partie des proies affectionnées par la séductrice. Les hommes, par contre devaient se méfier du charme de Melenda. Celle-ci les suivait quelques pas derrière. Une fois arrivés, Benjamin choisit une table près du feu et commanda trois repas auprès de l'aubergiste.

- Je m'appelle Benjamin mais tu peux m'appeler Ben. Et toi, quel est ton nom?
demanda-t-il d'un voix douce. Tu devrais enlever ton manteau avant d'attraper froid... Voir même prendre une bonne douche pour te réchauffer le temps qu'on nous prépare le repas.

Le prêtre laissait le choix à la jeune fille d'accepter ou de refuser sa proposition. Il comprenait parfaitement qu'elle n'allait pas faire confiance au premier venu. Si elle acceptait il demanderait à leur hôte une chambre et Melenda l'accompagnerait.
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Asuka



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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Lun 31 Mai - 19:11

L'homme à qui je viens d'adresser la parole se retourne et m'inspecte des pieds à la tête, sans méchanceté aucune, simplement avec curiosité. Je baisse les yeux, honteuse de l'état pitoyable dans lequel je me présente : nue, ensanglantée et boueuse comme une pauvresse sans toit. D'un autre côté, c'est aussi ce que je suis. Son regard accroche mes oreilles de chat, rabattues par la pluie. Pendant ce temps, je l'examine à mon tour, essayant de deviner si je peux lui accorder ma confiance. Grâce au maneki-neko, il a déjà plusieurs bons points.
Il est plus grand que moi, solidement bâti et chaudement vêtu d'habits de voyage. Ses vêtements noirs sont inquiétants, mais son col est orné d'un petit carré blanc. Peut-être une marque de son rang. Son visage est celui d'un homme d'âge mûr, sillonné de rides et hâlé par le soleil et le vent. Son expression sévère n'est pas pour me mettre à l'aise mais son regard aigu est paisible et doux. Il m'invite à le suivre d'un geste aimable.
Soudain, je sens une présence dans mon dos et des doigts agiles touchent mes oreilles. Je sursaute et me retourne en feulant, la tête rentrée dans les épaules, une main crispée sur ma cape, l'autre remontée vers mon épaule, prête à frapper. Une jeune femme est apparue derrière moi. La pluie caresse ses longs cheveux blonds et coule comme des larmes sur ses bijoux écarlates. C'est une très belle femme mais son regard amusé m'inquiète plus qu'il ne me met en confiance. Je recule, apeurée.
L'homme réprimande l'inconnue. Apparemment, ils se connaissent. Peut-être est-elle son esprit protecteur, sa compagne de voyage. Il n'en reste pas moins que j'ai horreur qu'on touche mes oreilles ; je préfère garder une distance prudente.
L'homme me conduit vers une grande maison faisant office d'auberge. Des voix me parviennent de l'extérieur, des conversations comme j'ai pu en entendre dans mon pays, et aussi des odeurs de cuisine, des plats que je ne connais pas mais qui me mettent l'eau à la bouche. Je me rends compte qu'en effet, je suis affamée. Je suis l'homme et mon regard accroche les gens attablés, le parquet, les poutres noircies, la grande cheminée où flamboie un brasier et où bouillonne une marmite. M'asseoir près du feu me fait le plus grand bien et j'étouffe un bâillement de contentement. Toutefois, je reste trop inquiète et perdue pour me laisser aller à ma fatigue. Je serre le maneki-neko entre mes doigts humides.
Face à moi, l'homme se présente et nomme sa compagne, qui ne me quitte pas des yeux. Je la surveille moi aussi, mal à l'aise.

- Benjamin... je répète, mais dans ma bouche, ce mot aux drôles de sons devient comme "Bénjamine". Finalement, Ben conviendra mieux...

J'hésite un moment lorsqu'il me demande mon nom. Heureusement, c'est une des choses dont je me rappelle encore.

- Je m'appelle Asuka. Enchantée, Ben.

J'esquisse un salut de la tête, arrosant la table de mes cheveux trempés. Lorsqu'il me suggère d'enlever mon manteau, je deviens écarlate et je me recroqueville sur ma chaise.

- Non ! Je...je n'ai pas...de vêtements dessous.

Ma voix est à peine un murmure tant j'ai honte de ma triste condition. Mes mains tremblent violemment. Un petit lac de boue et d'eau se forme à mes pieds.

- Je suis arrivée comme ça, vous comprenez...

- La nuit tombe, Monsieur. Je vous prépare une chambre ? demande alors l'aubergiste en s'approchant de la table et en lorgnant sans complaisance sur Melenda.

Ben acquiesce, demandant un bain par la même occasion. L'aubergiste me toise des pieds à la tête, partagé entre le dégoût et le rire. Son regard sans gêne me trouble et je lui adresse un regard mauvais, mes griffes plantées dans le tissu de mon manteau. Sans rien ajouter, il me fait signe de le suivre à l'étage et Melenda m'emboîte le pas en silence.

[je peux compléter mon post si tu veux, mais comme Melenda m'accompagne, je préfère que tu la joues toi-même Wink ]
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Père Raven



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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Mar 1 Juin - 15:22

[ça me va, voir si la suite te convient et si tu souhaites faire agir Melenda tu peux ^^]

Asuka gardait une distance prudente avec Melenda, apparemment elle n'avait pas vraiment apprécié les attentions de la jeune femme. En tout cas, la jeune fille semblait contente de trouver un lieu bien au chaud. Quand elle lui révéla qu'elle était nue, Ben resta un peu pantois, mais se reprit rapidement. Il n'avait pas remarqué l'absence de vêtements.

-Hum... Je vois...


Alors fouillant dans la besace qui se trouvait sous son manteau, il en sorti une chemise et un pantalon. Il voyageait toujours avec des vêtements de rechange, cela pourrait toujours servir à la petite.

- Tu pourras utiliser ces vêtements, ils seront un peu grands mais en faisant des ourlets ça devrait aller
, ajouta-t-il avec un sourire d'excuse.

C'était toujours mieux que de rester frigorifiée dans des vêtements mouillés. Et il donna les habits à Melenda. Cette dernière se régalait de l'attention des hommes présents dans la salle. D'ailleurs quand l'aubergiste vint à leur table, elle lui adressa un sourire charmeur. Puis elle accompagna sans rechigner Asuka jusqu'à la chambre. Avant d'entrer dans la pièce, Melenda l'inspecta depuis le seuil de l'entrée. Elle avait été agencé avec goût et les meubles choisis apportaient un certain confort à l'ensemble. Un paravent séparait la partie chambre de la partie dédiée à la toilette. L'aubergiste, sous le regard de Melenda, prépara le bain.

- Merci beaucoup monsieur
, déclara-t-elle d'une voix sensuelle tout en le raccompagnant à la porte.
- Si vous avez besoin de quelque chose n'hésitez pas...

- Je n'hésiterai pas, ajouta-t-elle en lui lançant un regard appréciateur avant de refermer la porte.

Reportant son attention sur Asuka, Melenda l'observa brièvement avant de sourire tendrement.

- Tiens je pose les vêtements sur cette chaise, près du bain. Prends ton temps et profite bien du bain. Si tu souhaites quelque chose, je reste dans les parag
es, informa-t-elle la petite d'une voix douce.

Et elle s'installa sur le lit, permettant à Asuka de faire sa toilette tranquillement.

- Au fait, de quel peuple viens-tu? Et quel est donc cette drôle d'amulette à laquelle tu te raccroches?


Même si le centre d'intérêt de Melenda se trouve être les hommes, elle n'en restait pas moins curieuse. Et la petite l'intriguait car il semblait au Shaldarin qu'il avait déjà croisé des personnes semblables à Asuka, mais c'était bien avant qu'il ne se retrouve enfermé dans l'Heptacle, soit plusieurs décennies.

Quand le petit chat termina son bain, Melenda ne put s'empêcher de rigoler sans méchanceté aucune car Asuka flottait dans les vêtements prêtées par Benjamin.

- Attends on va arranger un peu tout ça.


Le prêtre ne possédait pas de ceinture de rechange, alors prenant la sienne le jeune femme la passa autour de la taille d'Asuka, agença les plis pour donner une meilleure allure. Elle se redressa, fière d'elle. Certes le résultat n'était pas sensationnel mais au moins Asuka était présentable. Une fois prêtes, elle rejoignirent la salle commune. Benjamin les accueillit avec un grand sourire.

- Vous arrivez pile poil, le repas va être servi.


Sur ces mots, l'aubergiste arriva avec trois assiettes fumantes qu'ils disposa devant chaque convive. L'odeur était alléchante et mit l'eau à la bouche du prêtre. Au passage il récolta un nouveau sourire de Melenda.

- Bonne appétit. Alors Asuka, dis moi comment tu as atterri dans ce coin un peu perdu?


La petite avait du vivre de drôles d'aventures pour en arriver là. Si elle était perdue et sans ressources, il pourrait l'accompagner jusqu'à Samroun. Là-bas elle pourra trouver de quoi l'aider, bien entendu il ne la lâcherait pas sans l'avoir renseigner ou conseiller au préalable. Ce n'était pas tous les jours qu'une créature aussi désemparée quémandait son aide et il n'était pas dans ses habitudes de refuser de la lui apporter. Le repas était succulent et comblait très bien l'appétit de l'homme. Cela l'étonnait presque de trouver une cuisine aussi bonne dans un village comme celui-ci. Mais il ne faut jamais se fier aux apparences, n'est-ce pas?
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Asuka



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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Mar 1 Juin - 22:20

Summum de la honte, Ben, en apprenant que je suis nue sous ma cape, me donne de ses vêtements. Je veux refuser, terriblement gênée de prendre les habits d'un inconnu, un homme qui plus est, mais je n'ai rien de mieux à me mettre, il serait idiot de refuser. Je m'incline pour masquer mon trouble.

- Je vous remercie, Ben. Je vous les rendrai ou je vous les paierai dès que possible.

Puis l'aubergiste fait signe de le suivre. Melenda m'emboîte le pas en souriant à l'homme, un sourire de ceux qui savent enjôler son monde. Ca me rappelle vaguement quelque chose, mais quoi ? En revanche, lorsqu'elle se tourne vers moi, son sourire redevient aimable et amusé. Cela ne fait pas tomber ma méfiance, je comprends toutefois qu'elle n'est pas un grand danger pour moi. Néanmoins, sa manière d'apparaître soudainement dans le dos des gens me laisse mal à l'aise.
L'étage se présente comme le rez-de-chaussée : des plafonds bas et un parquet usé par les ans. Le pallier se prolonge par un couloir desservant les chambres. Celle que l'aubergiste nous ouvre me semble bien grande et agréable, une chambre de voyageur aisé. Ma honte gagne en puissance. J'ai l'impression d'être obligée de mendier comme une pauvre fille et cela m'est insupportable. J'ai toujours réussi à me débrouiller pour gagner ma vie et ma fierté en souffre maintenant que je suis dans une relative sécurité.
Melenda pose les vêtements sur une chaise près d'un paravent et retourne s'asseoir sur le lit, qui me semble douillet, vaste et haut. Je lui souris avec politesse, encore gênée par sa présence, puis je m'éclipse derrière le tissu tendu.
La baignoire de bois est remplie d'eau chaude dégageant une épaisse vapeur ; un gant et du savon noir sont posés sur le sol. Je ne remarque même pas que ma queue frétillante de plaisir dépasse largement les limites du paravent. Frémissante d'envie, je plonge une main dans l'eau.

- Nyaa ! C'est chaud !

[Note : "Nya !" est l'équivalent japonais du "miaou !" français]
Je rentre prudemment dans la baignoire mais finalement, la chaleur du bain m'engourdit et je me laisse aller dans l'eau. Pour un Nekomimi, j'adore l'eau. Enfoncée jusqu'au menton, je me laisse aller, réchauffant mon corps épuisé, sentant les tensions de mes muscles disparaître. Je regarde de nouveau mes poignets : la blessure aurait grandement affaibli un humain, mais ceux de ma race sont très résistants aux blessures et peuvent continuer à agir normalement très longtemps, jusqu'au bout de leur sang. Comment me suis-je fait cela ?
La question de Melenda me rappelle à la réalité et qu'il serait impoli de faire trop attendre mon sauveur. Je lave soigneusement mon maneki-neko, puis c'est à mon tour. Tout en me savonnant, je réfléchis. Peut-être n'est-il pas une bonne idée de dévoiler ma nature. D'un autre côté, tout est dans le nom de ma race, qu'elle comprendra sûrement puisque nous parlons sans problèmes alors que nos langues sont pourtant différentes. Curieux monde ! Je préfère rester circonspecte.

- Je suis une Nekomimi. Quant à mon amulette, c'est un porte-bonheur. Et toi ? Qui es-tu ? L'esprit protecteur de Ben ?

- En quelque sorte, répond Melenda en étouffant un rire amusé.

Enfin, me voilà propre. J'enfile les vêtements de Ben, qui sont bien trop grands pour moi. En me voyant, Melenda éclate de rire et je finis par faire de même. Il est vrai que je ressemble plus à un épouvantail qu'à autre chose. La jeune femme prend alors sa ceinture et la passe à ma taille. Encore quelque chose dont je serai redevable. Pendant qu'elle m'habille plus convenablement, je replie les manches de la chemise et du pantalon, natte mes cheveux mouillés. Débarrassée de la boue et du sang, j'ai l'air bien plus présentable, même si porter des pantalons me fait un drôle d'effet. Nous redescendons alors rejoindre Ben.
Au moment où nous nous attablons, l'aubergiste apporte des assiettes fumantes et un pichet, non sans regarder Melenda avec gourmandise. J'examine mon assiette avec perplexité, le nez frémissant. Je reconnais l'odeur de la viande de poulet, des oignons et du sel, mais le reste m'est inconnu. Tout comme les deux ustensiles qui accompagnent mon plat : l'un ressemble à un petit couteau de cuisine et l'autre à une minuscule fourche. J'essaye de ne rien laisser paraître de ma surprise, ce qui serait mal venu, et j'observe discrètement comment s'en sortent Melenda et Ben, puis je tente de les imiter. La nourriture est brûlante et le goût surprenant, mais j'ai si faim que je ne fais pas la difficile. Même si je suis bien plus habituée à la viande et au poisson cru.
Lorsque l'aubergiste vient ramasser mon assiette pour la remplir de nouveau, je ne peux m'empêcher de murmurer :

- Gochisôsamadeshita ! [Je me suis régalée, c'est très bon]

L'homme me regarde bizarrement sans rien dire. Et quand Ben me demande ce que je fais ici, l'inquiétude me gagne de nouveau et je me tortille sur ma chaise. Le bien-être que j'ai ressenti dans mon bain et à avaler cette nourriture étrange est bien vite chassé par le rappel de ce que je suis et de ce qui m'est arrivé. Ben est peut-être aimable, je ne sais rien de ce monde et des gens qui y vivent. Pire, je ne sais pas comment rentrer chez moi. Je fais triste mine et fixe mon assiette. Mais comme c'est mal remercier mon sauveur, je chasse bien vite ce visage d'enterrement et je luis souris avec politesse. Je ne veux pas qu'il n'ait pour moi que la pitié qu'on a pour les petits enfants incapables de se débrouiller seuls.

- Je ne sais pas très bien. Je crois que j'ai passé une sorte de porte magique. Quand je me suis réveillée, j'étais évanouie dans la campagne, sans vêtements hormis mon amulette et cette cape. Je me souviens de ma vie d'autrefois mais je sais j'ai oublié beaucoup de choses...

Pensivement, je caresse mes plaies sur mes poignets. Puis je reporte mon attention sur Ben. J'ai très envie d'en savoir plus sur lui, de me remettre à lui pour quelques heures le temps de rassembler mes esprits et de trouver une marche à suivre pour éviter l'affolement qui me gagne. Je regarde son col romain qui m'avait surpris un peu plus tôt. Il me rappelle les signes de certains serviteurs. Je doute toutefois qu'un homme avec un tel charisme soit un valet.

- Et vous, que faites-vous ici ? Êtes-vous un senseï, un professeur ?

Tout en parlant, je ne peux m'empêcher d'observer les autres clients de l'auberge, qui glissent des regards vers mes oreilles. J'espère de tout coeur que la soirée sera paisible mais qui sait ce qui m'attend ? J'ai le sentiment de ne pas être au bout de mes surprises...
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Père Raven



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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Jeu 10 Juin - 0:20

Benjamin écouta les réponses fournies par Asuka. Melenda lui avait fait part des renseignements qu'elle avait appris durant la séance de toilettage. Le nom Nekomimi confirma l'impression du Shaldarin, dans le passé il avait croisé des membres de ce peuple dans un univers parallèle avant de devenir un prisonnier.

*La pauvre petite, elle semble si perdue...*
*Ce qui est étrange sont les blessures qu'elle porte aux poignets, car vu leur gravité et leur état récent, une personne normale ne serait pas en aussi bonne forme.*
*C'est certainement dû à sa condition de Neko, une créature fort intéressante si je me souviens bien.*
*En tout cas, elle est amusante...*
*Vous pourriez vous taire quelques minutes?...*


La conversation tenue par les intermédiaires gênait Benjamin, car il devait se concentrer pour suivre la discussion avec Asuka. Le silence s'installa dans sa tête, il imaginait très bien l'expression de certains suite à cette réprimande, mais il était encore le maître chez lui. Bien que cela faisait plusieurs années qu'il portait l'Heptacle, il en avait parfois marre de ses locataires indésirables. La question de la petite le fit rigoler doucement.

- Non, je ne suis pas un professeur, un... sensei comme tu les appelles, du moins je ne me considère pas comme tel, bien que certain pourrait me voir ainsi... Je suis prêtre, j'officie dans le domaine religieux, précisa-t-il. Je suis également inquisiteur, je ne sais pas si tu connais ce terme dans ton pays, ajouta-t-il sur un ton légèrement interrogatif. Je suis mandaté par mes supérieurs pour enquêter sur certains... problèmes lié à la religion...

Il s'interrompit quelques secondes pour boire une gorgée d'eau et regarder l'heure, car son contact était en retard pour leur rendez-vous. Allait-il réellement venir? Benjamin se posait la question.

- En tout cas, je crois savoir de quelle porte magique tu parles. C'est un portail interdimensionnel qui s'ouvre parfois entre cette dimension et nos voisines. Tu te trouves actuellement dans le royaume de Firimar, dont la capitale, Samroun, se trouve à quelques kilomètres d'ici. Je pense d'ailleurs qu'il serait préférable pour toi de te rendre là-bas, tu trouveras plus de réponses à tes questions qu'en restant dans ce village. Si tu le souhaites je peux t'accompagner jusqu'à la ville.


Proposition désintéressée de la part de l'homme d'église. S'il parvenait à conseiller correctement la petite, il serait amplement satisfait. Il pourrait la recommander auprès de personnes de sa connaissance qui pourraient lui apporter des renseignements. Si elle acceptait, il réfléchirait plus attentivement à la question. Melenda posa un coude sur la table et se pencha en direction de leur invitée.

- Quelles sont donc ses plaies?
questionna-t-elle en soulignant ses paroles d'un petit geste de la main.

Leur présence intriguait la jeune femme, surtout qu'elle avait remarqué qu'Asuka les touchait régulièrement. Est-ce une conséquence de son passage ou l'une des causes de ce dernier? Ben observa d'un air pensif Melenda, le caractère de Limesta semblait déteindre un peu sur sa compagne, mais c'était logique vu que les intermédiaires représentaient les différentes facettes d'une même personne, si on pouvait appeler un Shaldarin une personne. En tout cas la réponse à cette question l'intriguait également.
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Asuka



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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Dim 13 Juin - 14:29

Ben m'écoute sans rien dire et, mine de rien, je l'inspecte avec beaucoup d'attention. Tous les Nekomimi savent que l'instinct est souvent de bon conseil et je cherche tous les indices qui pourraient me dessiner un portrait plus clair que celui qu'il veut bien me montrer. Le silence qui suit ma brève histoire dure étonnement longtemps et Melenda, si volubile d'apparence, reste elle aussi silencieuse, posant sur l'homme un drôle de regard. Son air concentré est surprenant, d'ailleurs. Cherche-t-il lui aussi à percer mon secret ? Peut-être pense-t-il que je lui dissimule la vérité. Pourtant, je n'ai rien d'autre à ajouter. De toute manière, il a l'air plongé dans de grandes réflexions et son regard absent ne voit pas l'aubergiste qui nous amène une corbeille de fruits.
Finalement, Ben reprend pied dans la réalité et se présente. Comme je m'en doutais, c'est un homme important, un intermédiaire entre les humains et les dieux. Peut-être était-ce pour ça qu'il restait songeur : qui sait s'il n'interrogeait pas son Dieu ? Et Melenda, qui s'est présentée comme son esprit protecteur, est-ce aussi un kami, une partie de son Maître ? Beaucoup de questions se bousculent dans ma tête face au comportement de ce prêtre étrange. Mais quand il précise qu'il est inquisiteur, je sens mon échine se glacer et machinalement, mes oreilles se couchent sur mon crâne. J'essaye de garder une contenance, mais il est trop tard.
Inquisiteur... Souvent, ce sont des prêtres itinérants qui combattent les choses étranges que les humains ne peuvent éliminer. Certains d'entre eux ont pourtant la réputation d'être cruels et asociaux et souvent, ils condamnent les Nekomimi...quand ils ne les tuent pas !
Ben n'a pourtant pas l'air d'être de ces gens-là. Je ne doute pas qu'il soit tout à fait capable de se battre, mais son air paisible ne concorde pas avec ce tableau. Pourtant, je ne sais plus sur quel pied danser.
Je finis par m'en vouloir intérieurement. Ben m'a aidé, payé une chambre et un repas, donné des vêtements. Le maneki-neko me l'a désigné et mon instinct me souffle de me laisser aller à sa gentillesse le temps juste nécessaire de ne pas en abuser.

- Désolée, je murmure en fixant la corbeille de fruits devant moi. Les inquisiteurs ont mauvaise réputation dans la région d'où je viens, car on dit qu'ils maltraitent les Nekomimi. Mais vous n'êtes pas de ces gens. Milles excuses d'avoir douté de vous...

Je me mordille la lèvre. Décidément, je ne fais que des bourdes ce soir !
J'essaye d'oublier ma culpabilité en écoutant les explications de Ben sur Firimar et ce mystérieux portail. Peut-être qu'à Samroun, je trouverai en effet quelqu'un pour me ramener chez moi. Mais curieusement, j'ai aussi peur de faire machine arrière que de découvrir ce royaume mystérieux. Encore un souvenir qui me fait défaut : l'angoisse me serre le coeur et me noue l'estomac : j'ai comme l'impression que mon propre pays m'est devenu étranger et dangereux. Qu'est-ce qu'il m'est arrivé ?

- En effet, aller à Samroun sera peut-être une bonne idée... Je serais ravie de faire la route avec vous demain. Je vous revaudrai vos nombreux services...

Melenda me coupe alors dans mes réflexions en me demandant d'où viennent mes blessures aux poignets. Elle les fixait depuis un moment, d'ailleurs. Je les fixe avec attention. Elles sont récentes mais je me souviens bien m'être réveillée avec d'épaisses croûtes dessus. D'ailleurs, mon épuisement ressemble bien à une grosse perte de sang : j'ai déjà vu un saltimbanque gravement blessé devenir pâle et incapable du moindre mouvement.

- Je les avais en passant ce fameux portail. Je ne sais pas comment je me suis fait ça...

J'ai beau réfléchir, essayer de remonter le temps, ma mémoire est désespérément vide pendant un long laps de temps. Comme un peu plus tôt, je me rappelle parfaitement de ma mère, du cirque où j'ai grandi. Puis le trou noir. Des ombres, des éclats de souvenirs, un Nekomimi angora mais c'est tout. Je ne sais pas si ces souvenirs étaient heureux ou non, rien de tout cela. Seule reste la gêne qui me tord les tripes. Je serre mes tempes entre mes mains en gémissant. A force d'essayer de me souvenir, une migraine atroce m'a prise et la lumière me blesse les yeux. J'ai l'impression que ma tête est pleine de morceaux de verre et je miaule sourdement. Il me faut plusieurs minutes de maîtrise et de respiration pour chasser ces maux de tête et calmer mes instincts qui me poussaient à prendre ma forme de chat et me cacher sous un meuble. J'ai un sourire d'excuse et de tristesse à l'adresse de Ben.

- Je ne crois pas pouvoir vous en dire plus pour le moment...

Alors que je vais prendre un gros fruit rouge et rond dont l'odeur éveillait mon appétit, un homme fait son entrée dans l'auberge. Encapuchonné et trempé, je ne peux distinguer que sa silhouette. Le tavernier va vers lui comme il nous a accueillis : comme un étranger. Je sens de nouveau une vague de froid me secouer et mon mal de tête revient. La peur, irraisonnée, s'insinue en moi sans que je ne sache pourquoi. Un grondement sourd ronfle dans ma gorge et je sens ma queue se raidir dans ce pantalon trop grand pour moi. Melenda et Ben se sont retournés vers ce nouvel arrivant.
L'homme laisse retomber sa capuche. Il a l'air jeune, pourtant ses cheveux sont d'un gris cendré. Cette simple vision fait exploser la terreur en moi. Je ne peux plus agir avec raison : mes ongles se muent en griffes et raclent le bois de la table. Mon mal de crâne explose, un sifflement rageur passe mes lèvres. Je me tasse sur moi-même, prête à bondir. Un seul geste de l'inconnu et je sais que mes muscles bandés me lanceront sur lui ou, plus sûrement, me feront fuir sous n'importe quelle forme. Je n'ai que la force de ne pas me transformer en chat, malgré tous mes efforts pour me contrôler. Une sueur glacée me trempe le front. J'ignore totalement ce qu'a l'inconnu pour me mettre dans un tel état, mais l'instinct a pris le pas sur toutes mes actions.
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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Dim 20 Juin - 20:25

L'évocation des inquisiteurs fit réagir Asuka. Ben remarqua immédiatement les oreilles qui s'étaient aplaties, signe de mécontentement, de méfiance, de peur chez les chats. Bien que n'ayant jamais rencontré de Nekomimi, il en avait déduit qu'ils étaient des hybrides humains-chats, du moins il le voyait comme cela. Donc ils devaient avoir des attitudes semblables à celles des chats. Il adressa à la jeune fille un sourire d'excuse suite aux explications qu'elle lui fournies.

- Je comprends
, dit-il avec un petit hochement de tête. Les inquisiteurs n'ont pas souvent bonne réputation à cause de leurs actions. Et tu es toute excusée Asuka, nous venons seulement de nous rencontrer, tu ne me connais pour ainsi dire pas du tout et se montrer méfiant ne fait de mal à personne. En tout cas, je puis t'assurer d'une chose, je ne suis pas de ceux qui s'attaque aux personnes différentes d'eux simplement parce qu'elles sont différentes. Je suis pour la justice et n'aime pas condamner sans preuves...

Cherchait-il à se justifier? Peut-être bien... Mais il souhaitait également rassurer son invitée. Cette dernière écouta avec beaucoup d'attention ses explications sur Firimar. De plus, elle accepta sa proposition. La question de Melenda souleva un point intéressant. Mais apparemment, la Neko ne se souvenait plus de l'origine de ses blessures. Elle tenta de se rappeler mais l'effort demandé provoqua un grand malaise chez la petite. Benjamin posa une main réconfortante sur l'épaule d'Asuka jusqu'à ce qu'elle reprenne son calme. Parfois, l'amnésie était provoquée par un traumatisme que l'individu cherchait à oublier ou alors par un choc violent à la tête... Quelqu'en soit la cause, Asuka avait du être bouleversée par quelque chose.

- Ne t'inquiètes pas Asuka, ta mémoire te reviendra avec le temps... Quant à tes blessures, bien qu'elles semblent être en bonne voie de guérison, il serait préférable de les surveiller voire de les bander pendant quelques jours pour éviter toutes complications.

Le prêtre se redressa lorsque la porte de l'auberge s'ouvrit, espérant voir apparaitre son informateur. Quand Benjamin découvrit qui se cachait derrière la capuche, un léger rictus tordit ses lèvres, il ne s'attendait pas à rencontrer Dante, le message mentionnait un autre nom. Il avait fait la connaissance de ce dernier voilà plusieurs années, ils avaient travaillé plusieurs fois ensembles cependant vu la nature de Dante, qui était un semi-démon, Ben ne lui accordait pas totalement sa confiance, mais une pseudo-amitié s'était formée entre les deux compères. Et puis ce genre de collaboration n'était pas très bien vue. Néanmoins, Dante se révélait une source d'informations très intéressante et fiable concernant les démons. Le jeune homme se dirigea vers la table du prêtre d'un pas tranquille le sourire aux lèvres. Un charme certain se dégageait de sa personne et son allure faisait penser à celle d'un aristocrate. Melenda se tourna vers Asuka pour constater qu'elle était au bord de la panique.

- Est-ce que ça va?
demanda-t-elle d'une voix basse.

La jeune fille semblait terrorisée par la présence de Dante, elle s'était transformée en une boule de nerfs, prête à frapper ou à s'enfuir. Melenda posa une main qu'elle voulait rassurante sur le bras d'Asuka.

- Tu n'as rien à craindre de lui...


Benjamin se leva pour accueillir Dante. Cette action répondait d'une certaine manière à une des questions précédentes d'Asuka, au sujet de la cause de sa venue dans ce village. Son visage n'exprimait qu'une méfiance teintée de surprise. Il était étonné et se demandait la raison de la présence du démon en ces lieux. Une tension se faisait sentir entre les deux hommes.

- Benjamin Ravensgate... Cela faisait longtemps...

- Dante... Que viens-tu faire ici?
- Mais je viens te renseigner... N'as-tu point reçu mon message?

- Si mais tu n'as pas signé de ton nom...
- Simplement pour avoir le plaisir de découvrir ta tête une fois sur place...
répondit Dante en rigolant.

Un sourire naquit sur les lèvres de Ben, la tension semblait se dissiper. Se tournant vers Melenda, Dante la salua d'un sourire et d'un baise-main.

- Toujours aussi ravissante...
Melenda inclina la tête face au compliment et le gratifia d'un charmant petit sourire.
- Et qui est donc cette jeune demoiselle?

- Notre invitée... répondit vaguement la jeune femme d'un sourire malicieux.
- Je vois...

Sans poser plus de questions, Dante prit un siège et s'installa entre Ben et Melenda. Il posa sur Asuka un regard pénétrant et l'observa quelques instants avant de se tourner vers son interlocuteur principal.

- Toujours aussi méfiant à ce que je vois Ben, mais je te comprends. Le réveil du Shaldarin n'est pas passé inaperçu et suscite des convoitises de la part notamment de mes congénères... J'ai quelques infos concernant tes recherches.
- Qui sont? demanda Ben, intéressé.

Tandis que les hommes conversaient, Melenda décida d'éloigner Asuka de la présence de Dante. Ainsi, peut-être parviendra-t-elle à se calmer.

- Viens Asuka, allons voir le tenancier pour commander de nouvelles boissons...

Certes ce n'était qu'un prétexte, mais la jeune fille-chat n'avait pas besoin de connaitre le contenu de la conversation, cela lui éviterait d'être mêler à une histoire qui ne la concernait pas, elle avait déjà bien assez avec ses propres problèmes. Arrivée au comptoir, Melenda tendit la pomme rouge à Asuka.

- Tiens, je crois que tu voulais la goûter
, dit-elle d'une voix douce. Et si tu désires autre chose n'hésites pas...

Leur hôte se présenta devant ses dames et la jeune blonde en profita pour commander de nouveaux pichets que le serveur alla déposer devant le prêtre et son informateur. Pendant ce temps, Dante exposait la situation à Benjamin au cours d'une conversation qui se tenait à voix basse.

- Je sais que tu cherches le Moonshade, il se trouvait dernièrement à Levin, caché dans un ancien temple, sauf qu'il semblerait avoir disparu. Tu peux t'y rendre pour constater par toi-même, mais je pense que c'est une perte de temps. Pour l'instant, je n'ai aucune autre donnée concernant sa localisation.


Benjamin était déçu par la réponse de Dante, il avait espéré trouver une piste sérieuse, plus concrète. Il avait l'impression que le Moonshade lui échappait quand il était sur le point de le trouver. Il décida qu'il irai quand même à Levin pour vérifier, peut-être qu'une piste se présentera sur place.

- Mais j'ai peut-être un renseignement qui pourrait t'aider. Le Nécronomicon.

Ben fronça les sourcils, car de grands mystères entouraient ce livre et on le qualifiait d'œuvre du Démon.
- Ce livre recèle de nombreuses informations, et je ne doute pas que tu trouveras ta réponse à l'intérieur, mais personne ne sait où il se trouve... Pourquoi je te parle de ce livre? Parce que l'Enfer s'agite et que ce nom est parvenu à mes oreilles. Et méfies-toi, plusieurs forces sont en jeu, et le Shaldarin n'est pas le seul objectif de mes compatriotes...
- Quels sont les autres?
- Je ne sais pas si je devrais te le dire, mais si tu entends parler d'Archon Deus-Ex méfie-toi.

Sur ses paroles énigmatiques, Dante se leva et s'éclipsa, laissant le prêtre à ses réflexions après lui avoir glissé un papier listant un certain nombre de personne susceptibles d'aider l'homme d'église. D'un simple regard, il signifia à Melenda qu'elles pouvaient revenir s'attabler.

- Nous avons une nouvelle piste à exploiter...
Puis se tournant vers Asuka. Est-ce que ça va? Tu m'as semblé grandement troublée tout à l'heure...

Il s'inquiétait pour elle, mais il lui semblait étonnant qu'elle connaisse Dante. Peut-être une réaction liée aux évènements qui l'on conduite à Firimar... Ben prit une pomme pour terminer son repas. Ils n'allaient certainement pas tarder à rejoindre leurs chambres pour la nuit.

[HRP : les mentions du Necronomicon et des Archon ont été faites avec consentement du créateur]
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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Lun 21 Juin - 21:28

Je ne sais plus quoi faire. Je suis terrifiée, affolée, incapable de prendre une décision. Le jeune homme s'approche de nous, énigmatique, vaguement souriant. Il a les traits équilibrés et harmonieux, une démarche altière, de beaux vêtements. Tout en lui donne l'impression d'une personne habituée au monde et au triomphe. Son aura me fait froid dans le dos. Est-ce que je connais cet homme ? Est-ce que son visage me rappelle autre chose ? Impossible de m'en souvenir. Ma migraine revient, tambourinant dans mon crâne.
A côté de moi, Benjamin a l'air tout aussi surpris de la présence de l'homme. Apparemment, il ne l'attendait pas. D'ailleurs, quelle n'est pas ma surprise de voir que les deux hommes se connaissent ! Mes pensées m'échappent. Je peine à croire que le sujet d'une si grande terreur puisse être lié à mon bienfaiteur. Soit je me trompe complètement et je déraisonne. Soit un inquisiteur se fait de drôles de relations... L'aura du dénommé Dante est singulière, son odeur n'est pas celle d'un humain. Il a en lui quelque chose de sulfureux.
La puissance des dieux en vous...
Je sursaute en sentant la main de Melenda se poser sur mon bras. Elle me propose d'aller chercher d'autres boissons en me souriant gentiment. Elle a raison. Tout plutôt que de voir cet homme ! Je me relève avec peine tant je suis tétanisée et je l'accompagne au comptoir. Nous y restons accoudées un moment, pendant que Ben et Dante discutent à voix basse. Mon ouïe de chat saisit certains mots étranges comme "Moonshade" ou "Necronomicon" mais j'ai l'esprit trop malmené pour y prendre garde. De toute manière, je ne sais pas de quoi il s'agit.
Je reste auprès de Melenda, murée dans le silence, tremblante. Elle me tend le fruit rouge que j'avais remarqué et qui porte le nom de "pomme". Je la remercie en essayant d'y mettre toute la conviction possible. Après tout, si cet homme est l'ami de Ben, comment pourrait-il être aussi méchant que mes souvenirs semblent le dire ? Et puis, je ne sais même pas pourquoi j'ai réagi ainsi. Je ne suis sûre que d'une chose : mon instinct ne m'a jamais trahi et il n'agirait pas ainsi sans raison. Plus j'essaye de mettre un nom, un souvenir sur ce visage, plus ma migraine augmente, tant et si bien que des mouches assombrissent mon regard. Je m'accroche imperceptiblement au comptoir pour ne pas tomber, croquant petit à petit la pomme dont le jus me coule sur le menton.
Décidément, je ne comprends plus rien à la situation ! Mon amnésie me rend folle d'inquiétude. Mes muscles refusent de se détendre tandis que je sens la présence de l'inconnu dans mon dos. Pourtant, le seul moyen de savoir si je le connais serait peut-être...de lui poser la question. Mes poils se hérissent à cette idée. Je me sens faible, nerveuse, et d'avantage épuisé. Quelque chose me dit que rien ne presse mais je ne suis pas toujours d'une infinie patience. Et puis, je devrai peut-être saisir ma chance, au contraire !
J'entends Dante saluer Benjamin et quitter l'auberge. Prenant mon courage à deux mains, je me retourne en inspirant profondément. La porte claque sur l'homme. Quant au prêtre, il me pose une question mais je luis fais signe d'attendre quelques minutes. Toujours saisir sa chance...
Je traverse la taverne d'un pas décidé et sors à la suite de l'homme. Dehors, la nuit est complète et la pluie toujours aussi diluvienne. Cela ne m'empêche pas d'entrevoir la silhouette du messager, s'éloignant à pas décidés quelques mètres plus loin. Je tremble comme une feuille. Mais je parviens, dans un suprême effort, à me maîtriser.

- Excusez-moi...Dante !

Ce disant, je me rapproche, le sang me bat les tempes. L'homme se retourne avec surprise. Je mobilise toutes mes forces pour ne pas m'enfuir. La migraine me fend le crâne. Je le regarde avec fermeté.

- Me reconnaissez-vous, Dante ? Pensez-vous que nous nous sommes déjà vus ?

D'un côté, même si la réponse est "oui", serait-il franc avec moi ? Je n'ai pourtant pas d'autre solution ! Mes jambes veulent s'enfuir, mes griffes sortent et je cache mes mains. S'il ne répond pas tout de suite, je vais détaler ! Il me sourit avec amusement et sérieux en même temps.

- Je ne crois pas, jeune fille. Je me souviendrais de mignonnes petites oreilles comme les tiennes. Mais qui sait ? Il y a bien peu de gens qui me sont étrangers, en réalité...

Ce disant, il se détourne. Quant à moi, je m'enfuis à toutes jambes pour retourner dans la chaleur de l'auberge. Je m'effondre sur ma chaise, ahanant comme si je venais de courir, secouée de frissons.

- Je ne sais pas ce qui s'est passé... Cet homme m'a fait un drôle d'effet. Il m'a assuré pourtant ne jamais m'avoir vu mais il m'a regardé si étrangement !... Mon instinct ne me trompe jamais...

Je ne peux pas me laisser encore aller ! Avisant l'heure tardive, je souris à Benjamin.

- Cela n'a pas trop d'importance. La mémoire revient toujours. Je vous remercie encore de votre aide.

Je me lève, il m'imite, et nous montons à l'étage. En réalité, je suis complètement fourbue et pourtant, la peur me laisse encore éveillée, les yeux agrandis dans la pénombre du pallier.
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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Sam 26 Juin - 18:12

Asuka lui fit comprendre de patienter quelques instants. Ben, intrigué, la regarda s'élancer à la suite de Dante. Que pouvait-elle bien lui vouloir? Il lui semblait étonnant qu'elle connaisse le semi-démon. Dante... Un collaborateur aux ressources inépuisables dont les informations apportaient une grande aide à l'inquisiteur, mais une personne qui cachait également son jeu. Benjamin se demandait si ce compagnon était un simple métis ou s'il était une créature bien plus puissante et importante que ce qu'il laissait croire.

La jeune fille revint assez vite auprès des deux adultes. Elle donnait l'impression d'avoir couru, mais Ben supposait que la confrontation avait du l'éprouver, elle était si tendue en présence de Dante.

- Je vois... Peut-être a-t-il éveillé un écho dans ta mémoire qui serait lié à ton amnésie.

Asuka finit par se lever, Ben et Melenda lui emboitèrent le pas.

- Voici ta chambre
, déclara Ben en désignant la chambre où Asuka avait prit son bain. Je suis juste à côté s'il y a un problème. Demain nous partirons en début de matinée ainsi nous n'arriverons pas trop tard à Samroun. Bonne nuit Asuka.

Le prêtre pénétra dans sa chambre, s'installa sur le lit et regarda d'un oeil songeur la liste remise par Dante. Cinq noms y figuraient. Il faudrait qu'il rencontre toutes ces personnes et qu'il se rende aussi à Levin. Un programme qui l'occuperait un certain temps. Il s'allongea et finit par s'endormir.

Pendant ce temps, Melenda avait accompagné Asuka pour s'assurer que tout allait bien. Dans ces moments là, on aurait cru que le caractère de Limesta déteignait sur Melenda, ce qui était fort probable vu qu'elles étaient une partie d'un même tout.

- Si tu le souhaites, je peux rester ici cette nuit
, proposa aimablement la jeune femme. Cela ne me dérange pas.

Rester pouvait rassurer la petite Neko, et cela ne dérangeait aucunement Melenda qui n'avait pas besoin de dormir puisqu'elle n'était pas humaine. Il en allait de même pour la nourriture qui ne lui était pas indispensable, cependant pour se fondre dans le décor le Shaldarin avait pris l'habitude d'adopter le comportement d'un humain. La dame envouteuse du septuor commença à fredonner tout en fermant les volets. Elle était passé maître dans cet art et maîtrisait parfaitement le chant dont elle se servait souvent comme instrument pour l'envoutement. Mais elle n'utilisa aucun subterfuge à l'encontre d'Asuka, usant du chant simplement pour l'apaiser et faciliter son endormissement. Puis elle s'installa dans une des chaises se tenant à disposition de la petite Asuka.

Le lendemain matin, Benjamin se leva aux aurores, habitude prise au cours de son apprentissage. Après s'être débarbouillé, il descendit et passa commande du petit déjeuner.

*Melenda, tu peux réveiller Asuka...*

*D'accord...*

Melenda s'approcha de la jeune fille et l'appela d'une voix douce en la secouant légèrement. Quand elles rejoignirent Ben, il était installé à la même table que la veille, une corbeille de pain chaud venait d'être déposée avec de la confiture et du beurre. Le lait n'allait pas tarder à arriver.

-Bonjour Asuka, j'espère que tu as bien dormi
, s'enquit Ben avec un sourire. Une fois le petit déjeuner terminé, nous nous rendrons à Samroun.
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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Dim 4 Juil - 17:56

Une fois de plus, Ben se montre compréhensif. Sans doute a-t-il raison. Ce Dante n'est probablement pas le sujet de ma crainte, mais bien une autre personne qui lui ressemblait. Enfin, tant que je n'aurais pas retrouvé la mémoire, aucune réponse ne sera sûre... Et je ne saurai pas où aller et que chercher.
Ben me désigne la chambre où j'ai déjà pris mon bain. Je le remercie d'un sourire et le regarde disparaître dans sa propre chambre. Samroun... Qu'est-ce que je vais bien pouvoir y trouver ? Melenda attend patiemment que je me décide à entrer. C'est une femme aimable, certes, mais je sais qu'elle peut être dangereuse. Son but premier n'est pas d'être tendre et maternelle. Si elle est réellement l'esprit protecteur de Ben, cela ne me surprend pas. Un homme tel que lui n'a pas besoin d'une grande protection et d'une présence consolante. Lui...
Melenda entre à ma suite. Un brin de colère me monte au nez. Pour quoi me prennent-ils ? J'ai tout de même passé l'âge qu'on me surveille et qu'on me berce ! Même si la solitude dans ce pays inconnu m'effraie, je suis trop fière pour me l'avouer complètement. Quelle image ai-je pu donner pour que Ben me croie incapable de me prendre en charge ?! Je me retourne en m'efforçant d'être aimable : après tout, Melenda ne fait que ce qui lui semble bon et je dois au prêtre une fière chandelle. Malgré cela, ma honte me rend hargneuse. Si ma voix reste calme, mes oreilles se couchent un peu en arrière.

- Merci de votre proposition, Melenda, mais je peux encore dormir seule. Je sais très bien que si j'ai des ennuis, vous viendrez à ma rescousse. Je vous souhaite une bonne nuit !

Melenda ne réplique rien, même si je la sens frustrée par mon ton un peu vindicatif. Je m'excuse du regard mais je reste inébranlable. Finalement, la jeune femme tire les rideaux pendant que je me glisse dans le lit. Je la regarde faire. C'est vraiment curieux, cette façon qu'elle a d'être ce qu'elle ne paraît pas. Comme si de temps à autre, une autre personnalité apparaissait chez elle. Enfin, ce n'est peut-être pas si bizarre que ça pour une créature magique. Elle se met à chantonner et sa voix me calme petit à petit. Par commodité autant que par prudence, je prends ma forme de chat et me roule en boule sur l'oreiller.
*
Le pas de Melenda me tire de mes rêves. Un chat ne dort jamais des deux oreilles et je reconnais la démarche de la jeune femme. Je reprends forme humaine avant qu'elle n'entre. Finalement, elle m'a obéi et n'est pas restée me veiller. Du moins je l'espère.
Je me lève, m'habille en vitesse, peigne mes cheveux et je rejoins Ben. Dehors, le ciel s'est éclairci et le soleil se lève. L'aube. J'aime bien ces moments entre lumière et obscurité. Je m'attable face à l'inquisiteur. Nous sommes seuls dans la pièce.

- J'espère aussi que la nuit vous a apporté des songes agréables, je réplique selon la formule consacrée de mon pays. J'ai bien dormi, merci.

Et aussi surprenant que cela puisse être, c'est effectivement le cas. J'ai peu rêvé, et encore moins de la confrontation avec Dante. Cela m'a permis de me réveiller en meilleure forme, mais je n'ai toujours pas de réponse à mes questions. Sans rien ajouter, je regarde l'aubergiste apporter une cruche de lait frais. L'odeur délicieuse me monte aux narines et je frémis de la tête aux pieds, salivant d'avance. Je m'en sers un grand bol que je lape à petites gorgées, souriant jusqu'aux oreilles. Rien de tel pour me mettre de bonne humeur. Je grignote une tartine de pain mais c'est surtout le breuvage blanc qui excite mon appétit et j'en bois presque la moitié de la cruche.
Une fois le petit déjeuner pris, Ben prend son sac, paye l'aubergiste et sort. Je compte mentalement le nombre de pièces qu'il laisse, me promettant de le dédommager par quelque moyen que ce soit.
La route est encore trempée des averses de la veille, mais le soleil écarlate monte dans un ciel limpide. L'air frais et vivifiant achève de me réveiller, agréable comme le lait frais que je viens de boire. Mon malaise de la veille est bien loin pour le moment. Autant laisser les choses se faire...

- Dites-moi, comment est Samroun ? Comment sont les gens là-bas ? Est-ce un pays dangereux ? Comment y gagne-t-on de l'argent ?

Je marche d'un bon pas aux côtés de Ben, un peu mal à l'aise dans les vêtements trop grands mais ne trouvant pas désagréable d'aller pieds nus. J'ai hâte de voir cette ville, de découvrir ce monde nouveau, et tous mes sens parcourent le paysage pour s'en imprégner.
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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Jeu 15 Juil - 23:04

Asuka avait bon appétit ce matin et cela faisait plaisir à voir. Après avoir payé l'aubergiste et acheté quelques provisions pour la route, Ben se mit en route accompagné des deux jeunes femmes. Le soleil faisait son apparition, faisant de la pluie un souvenir bien que les routes soient encore imprégnées d'eau. Une belle journée s'annonçait. La question de la Neko fit sourire Benjamin, elle semblait démontrer une nature curieuse et qui aimait savoir ce qui l'attendait.

- Ah Samroun... C'est une ville... singulière, et je pense unique en son genre. Vois-tu, depuis l'apparition de portail, de nombreuses créatures se sont retrouvées sur les terres de Firimar. Beaucoup ont trouvé refuge à Samroun. Actuellement, la ville est gouvernée par un conseil composé de quatre gouverneurs, administrant chacun un quartier de la cité. Les humains ont du s'habituer à cohabiter avec des peuples différents d'eux, ce qui n'est pas toujours facile...

Tout en parlant, le prêtre se remémorait l'histoire de la ville ainsi que ses propres souvenirs liés à ce lieu. La capitale avait un passé certes sombre mais non moins intéressant. Et le partager avec Asuka lui faisait plaisir.

- Actuellement, Samroun se remet d'une triste période. Voilà quelques années elle était tombé sous l'emprise de Séphirot, un sorcier noir. Heureusement, ceux qui furent surnommées les Etoiles parvinrent à le mettre en déroute et à ramener la paix en ce pays. Certaines de ces Etoiles sont pour l'heure à la tête du gouvernement, en attendant le retour d'un roi.


Un gouvernement provisoire à la recherche du futur roi de Firimar. Cela laissait une marge de manœuvre.

- On y trouve toutes sortes de gens... Comme dans toute ville. Les Quartiers Sombres, au nord, sont ceux qu'il faut éviter si on tient à sa bourse ou encore à sa vie, s'y retrouve souvent les créatures nocturnes et aux sombres dessins. Par contre, le quartier de Mallorne, situé à l'ouest, est le repère des elfes et des guérisseurs, tandis qu'à l'est se trouve les libraires et les mages en tout genre. Cela diversifie beaucoup les activités de la ville et offre de nombreuses possibilités de travail.

Ben faisait quelques gestes dans le vide pour illustrer ses paroles, il restait ouvert à toutes questions de sa compagne de route. Poursuivant leur chemin, ils firent une halte en milieu de journée. Ils se trouvaient pour l'heure à mi-chemin de Samroun et s'arrêtèrent pour déjeuner à la lisière d'une forêt, face à la plaine. Ils s'installèrent et Ben déballa les provisions. L'aubergiste leur avait fourni du pain, du fromage, du jambon blanc et du jambon sec et quelques fruits ainsi que de l'eau. Les lieux semblaient déserts jusqu'à ce qu'un groupe d'individus se présenta devant les voyageurs. Ils étaient cinq et ressemblaient à des paysans.

- Bonjour! Est-il possible de partager votre repas? N'ayez crainte, nous avons nos propres provisions et ne prélèverons point dans les vôtres mais il est toujours plus agréable de manger en compagnie d'autres personnes.

Ben s'était levé à leur approche et avancé pour les saluer. Leur requête pouvait paraître singulière, mais parfois des inconnus partagent leur repas pour retrouver la chaleur humaine ou avoir connaissance des nouvelles du pays. Leur chef avait l'air amical et le prêtre n'y voyait aucune objection. Il jeta un coup d'œil à ses deux accompagnatrices pour avoir leur accord car il ne souhaitait pas imposer des présences étrangères.

Il n'aurait jamais du quitter des yeux les voyageurs car, dès qu'il eut tourné la tête, l'un des hommes le faucha au niveau des genoux tandis qu'un second l'assommait. Deux se dirigèrent vers les femmes, enfin vers Asuka car Melenda avait disparu pour laisser la place à un de ses compagnons, Greyhoc. Son apparition avait surpris tout le monde. Bien campé sur ses pieds, l'épée toujours au fourreau il se trouvait devant Asuka et faisait face à ses adversaires.



- Qu'est-ce que vous cherchez?
demanda-t-il d'un voix grave.

Peut-être n'était-ce que des simples brigands de grand chemin profitant de l'isolement des lieux pour faire un coup, ou alors cela avait un rapport direct avec le père Raven et sa précieuse cargaison actuellement pendue autour de son cou cachée par ses vêtements.

- Sont pas tes oignons...
déclara le chef. Occupez-vous de lui, ordonna-t-il à ses hommes.

Trois de ses hommes s'élançèrent sur Greyhoc mais également sur Asuka tandis que le chef et son acolyte se penchèrent sur Ben et fouillèrent ses poches. Les hommes s'approchèrent prudemment, car il fallait se méfier d'un homme quisemblait surgi de nulle part, cependant la supériorité numérique induit une confiance qui peut se révéler néfaste. Greyhoc n'était pas un homme à prendre à la légère, surtout qu'il n'avait d'humaine que l'apparence.
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Asuka



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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Lun 19 Juil - 16:49

Ben se met à m'expliquer l'histoire et le fonctionnement de Samroun. Je l'écoute sans en perdre une miette, fascinée et effrayée à la fois. L'histoire de ce monde de Firimar est digne des légendes les plus grandioses ! Le portail mystérieux que j'ai passé a charrié bien des créatures plus étranges que moi ici et apparemment, les humains autochtones n'y étaient pas habitués. Pour couronner le tout, un mage noir a voulu asservir toutes ces créatures pour régner sur le pays. Cela me rappelle vaguement quelque chose mais, de peur de récolter une nouvelle migraine, j'évite de trop réfléchir.
La ville est divisées en quartiers propres à chaque race et gouvernée par des Etoiles. Je me doute que ces Etoiles viennent elles aussi d'autres mondes et j'ai bien envie de les rencontrer, piquée par la curiosité. Néanmoins, cette histoire n'est pas une légende et il va falloir que je m'en sorte avec ces quelques notions. Que faire ? Je suis une habile voleuse mais je sais très bien que ce n'est pas une manière honorable de gagner sa vie. Bah, autant faire la connaissance de la ville avant de réfléchir d'avantage. Voyager avec Ben est agréable et la fatigue de la veille est oubliée. Mes poignets ont même commencé à guérir.
Lorsque le soleil atteint son zénith, nous nous arrêtons à l'ombre d'un arbre. Après la pluie de la veille, la journée promet d'être délicieusement tiède. Un temps idéal pour se promener. Le chat en moi est ravi et tout excité par ce matin de printemps, ce qui m'empêche de trop me faire du souci. Ben tire de son sac les provisions données par le tavernier : du jambon, du pain et du fromage, ainsi qu'une grande outre d'eau. Je ne suis pas habituée à une telle nourriture. D'ordinaire, les Nekomimi mangent du poisson cru ou du riz, parfois de petits animaux lorsque nous chassons sous notre forme de félin. Tant de viande me surprend : c'est un plat de riche. Cela dit, j'ai faim et je mange une tranche de jambon sur du pain avec cet étrange fromage parfumé et sec, tout en contemplant la plaine sauvage qui s'étend sous nos pieds.
Je ne reste pas tranquille longtemps, cependant. Le vent apporte l'odeur de gens qui se rapprochent et mes muscles se crispent. Certains d'entre eux n'ont pas l'odeur d'humains normaux comme Ben ou l'aubergiste.

- On vient, je préviens simplement, sans savoir quelle attitude adopter.

Ben reste calme, alors je fais de même. Je remarque que Melenda est sur ses gardes elle aussi. Finalement, un groupe de cinq personnes fait son apparition. Ils ont l'allure de voyageurs ou d'agriculteurs et portaient des dagues à leur ceinture, ainsi que de petites besaces. Ils demandent s'ils peuvent partager leur repas avec nous. L'idée en soi est polie et plaisante mais mon instinct n'accorde aucune confiance à ces gens, ce qui n'est pas bon signe. Ben accepte et se tourne vers nous pour nous interroger du regard. Au moment où je vais lui dire le fond de ma pensée, le chef des brigands le fauche d'un revers de jambe et un second l'assomme net. Aussitôt, je bondis sur mes pieds et cherche des yeux de quoi me faire une arme. Près de moi, Melenda se glisse un moment dans l'ombre et prend l'apparence d'un moine encapuchonné. Peut-être un des nombreux visages de son dieu...
L'homme, d'un ton ferme mais sans menace pour le moment, demande aux bandits ce qu'ils veulent. Le chef passe outre et ordonne à ses hommes de nous attaquer. C'est un rustaud mais un rustaud armé. Alors qu'un des bandits vient vers moi, je me glisse sous sa garde et attrape une longue branche droite de noisetier, large de deux doigts et la tiens comme un shinaï, en garde.

- Tu veux jouer ? ricane le brigand.

Il court vers moi. Je l'évite et mon bâton le frappe à la tempe. Je pourrais le tuer avec ce coup. Mais je préfère l'estourbir et effectivement, il reste étalé par terre. Quant au moine, il a tiré son épée et bataille avec les deux autres brigands. Lorsque leur chef va pour tirer quelque chose du cou de Ben, il se trouve projeté en arrière comme si une force invisible l'avait tiré. Je n'ai pas le temps de m'interroger : réévaluant ma dangerosité, son acolyte tire son épée et se met en garde face à moi.

- Ce n'est sûrement pas ton cure-dent qui va me faire peur !

Et en effet, son niveau est bien meilleur que celui de l'homme assommé. Il a beaucoup d'entraînement mais je ne cède pas à la peur. Un kendoka n'a pas peur, il maîtrise ses sentiments et sait attendre le bon moment pour triompher de ses adversaires. Leur escrime n'a rien à voir avec ce que j'ai appris, néanmoins une épée reste une épée. A la différence près que moi, je n'ai qu'un bâton... Je contre la lame qui allait s'abattre sur moi en tendant le bâton au-dessus de ma tête ; l'homme va pour se reculer mais je bondis en pirouettant sur moi-même : déséquilibré, il me présente son menton que mon pied cueille au passage. Il y a un craquement, sa mâchoire sans doute, et je l'assomme aussi.
Soudain, je sens comme une vague de froid s'insinuer dans mes os et malgré moi, un miaulement sourd rugit au fond de ma gorge. Les bandits n'étaient qu'un leurre. Quelque chose d'autre s'approche. Celui qui ne sentait pas comme un humain.
Les arbres derrière moi s'embrasent. Mon bâton est brisé. Un homme fait son apparition, la protection autour de Ben vole en éclats et le chef des brigands arrache ce qu'il convoitait. Le moine dégaine de nouveau son épée. Tout devient trouble, mon esprit semble ralenti. Une sorte de sort de confusion. La peur me fige sur place. Celui qui vient d'arriver a l'âme plus noire que les ténèbres. Mais sans doute a-t-il volé à Ben ce qu'il désirait : il se penche brièvement sur l'inquisiteur évanoui et tout devient noir.
Lorsque je me réveille, le soleil m'indique que quelques minutes seulement se sont écoulées. Les bandits ont disparu. Ben reprend ses esprits. Je me penche à son côté, angoissée.

- Ben, vous allez bien ? Comment vous sentez-vous ? Qui étaient ces gens ?

Qu'ont-ils pu lui voler ? De l'argent ? Le souvenir de l'homme en noir me tord l'estomac et je me tapis près de Ben, saisie par l'angoisse et la colère. Je pressens qu'un homme avec une telle aura se moque de l'argent. Il y avait autre chose...

[cela te convient ?]
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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Lun 2 Aoû - 12:42

Asuka, te voilà validée ! Je vous déplace dans la plaine

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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Dim 8 Aoû - 11:44

L'obscurité était très reposante et Ben y serait resté un certain temps s'il n'avait entendu des voix lointaines l'appeler, le bousculer.

*Benjamin...*
*Allez! Ce n'est pas le moment de dormir...*
*Il faut te réveiller...*

Reprenant petit à petit ses esprits, le prêtre aperçut le visage d'Asuka penchée au-dessus de lui, visage flou et paroles brouillées. Il cligna des yeux plusieurs fois pour stabiliser sa vue et se redressa lentement. Une douleur intense éclata derrière son crâne. Passant sa main au niveau de sa nuque, Ben constata qu'une énorme bosse faisait son apparition derrière son oreille et qu'elle le lançait dès qu'il la touchait. Laissant retomber sa main, il porta son attention sur la Neko. Asuka était inquiète et furieuse. Il avait dû se passer bien des choses pendant son inconscience. Restant assis, il prit son temps avant de répondre avec un faible sourire.

- Ça peut aller... J'ai la tête comme une pastèque, mais je pense que je m'en sortirais. Mais que s'est-il passé?

Il s'adressait principalement à la jeune fille pour avoir connaissance des évènements qui ont suivi sa mise sur la touche. Ce faisant, il passa machinalement la main sur son torse et pâlit quand il constata son absence. L'Heptacle avait disparu... Adressant un regard soucieux à Greyhoc, il posa une seule question d'une voix tendue.

- Qui?
- Faust...



Voilà un nom qu'il aurait souhaité ne plus jamais entendre. Un ennemi coriace, croisé plusieurs fois depuis le réveil du Shaldarin et qui venait de retrouver sa trace. Il ne devait pas permettre à Faust de rejoindre sa dimension avec l'Heptacle comme butin. Il devait absolument le récupérer. Alors, d'un geste décidé, il se releva. Ce mouvement déclencha une nouvelle explosion de douleur derrière ses yeux et le fit chanceler. Respirant profondément, il parvint à diminuer les effets.

- Sont-ils parti depuis longtemps? Et dans quelle direction?


En fonction des réponses fournies, ils auraient peut-être une chance de rattraper le voleur. La présence de Greyhoc le rassurait en partie, il pourrait certainement suivre la trace du pendentif, sauf si un sort avait été lancé pour brouiller les pistes. Comme lui avait expliqué Limesta, l'Heptacle était la prison du Shaldarin cependant il pouvait rester hors de celle-ci en se rattachant à une personne. Mais, dans le cas où l'Heptacle et le Moonshade seraient réunis, leur possesseur pouvait prétendre à contrôler le Shaldarin. Et ce dernier ne retrouverai la liberté que si la formule adéquate était prononcée.

En tout cas, Ben allait devoir faire appel à Dante, car il ne pouvait se risquer à affronter Faust sans renfort. Cela n'allait pas plaire à Asuka. Il posa un regard soucieux sur la jeune fille et décida de lui expliquer dans les grandes lignes son problème.

- Asuka... Nous allons devoir poursuivre Faust, l'homme en noir qui m'a dérobé un objet très important et convoité. Il ne doit pas rejoindre les siens avec ce pendentif. Et pour cela je vais demander l'aide de Dante dans cette entreprise risquée.

Ben ne présumait pas des forces d'Asuka, mais Faust n'était pas un adversaire à prendre à la légère. Il préférait qu'elle soit au courant des dangers et qu'elle choisisse en connaissance de cause soit de l'accompagner soit de rester en arrière. Le prêtre aurait préféré la conduire en lieu sûr plutôt que de la voir entraîner dans une histoire qui ne la concernait pas. Quant à Dante, il servirait de dernier recours au cas où cela tournerait mal. Si Ben pouvait régler cette affaire sans compromettre son indic, cela arrangerait tout le monde... Alors qu'il allait prononcer le nom de Dante pour l'appel, une vois retentit derrière lui.

- Je vois que je tombe à pic...

Surpris, Ben se retourna pour constater la présence du semi-démon, tranquillement adossé à un arbre.


- J'ai senti l'aura d'un de mes congénères, alors je suis venu voir. Je ne pensais te revoir de sitôt, expliqua Dante en réponse au regard intrigué de l'inquisiteur. Si tu as besoin de mon aide, je reste dans les parages, mais j'espère que je n'aurai pas à intervenir... Ils sont partis vers Velstag, ajouta-t-il avant de disparaître sous le couvert des arbres.

Dante avait parfois un drôle de manière de mener la conversation, néanmoins Ben lui était reconnaissant pour les informations fournies.Velstag, les ruines d'une ancienne et puissante cité désormais disparue et enfouie sous la verdure. Elles se situaient près du centre de la masse végétale et étaient gorgées de magie. Un lieu idéal pour un passage vers une autre dimension.

- Bien. Allons-y, décréta le prêtre en se dirigeant vers le cœur de la forêt.
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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Mer 11 Aoû - 19:38

Ben n'est décidément pas en forme. A croire que le sort l'a affecté plus que moi. Il faut dire aussi qu'on l'a assommé plutôt magistralement et je peux voir sa nuque gonfler et devenir violette. Il cherche avec affolement le médaillon que les voleurs ont emporté. A voir sa tête furieuse et angoissée, je devine que j'ai vu juste et que le pendentif a beaucoup de valeur. Avec empressement, le prêtre me demande par où les bandits sont partis. J'hausse les épaules avec contrition.

- Je ne sais pas, je me suis évanouie quelques minutes. Mais je sens encore leur odeur. S'ils voyagent à la même vitesse que nous, ils ne sont pas à plus d'une demi lieue.

Cela dit, les relents souffrés de l'homme en noir ne me rassurent pas le moins du monde : qui sait ce que cet homme est capable de faire ? Dépité, Ben jette un coup d'oeil à l'homme qui a remplacé Melenda et qui le fixe avec calme et détermination. Le prêtre me raconte alors que son médaillon ne doit pas être utilisé par des gens mauvais comme le mage Faust.

- C'est étrange... Votre dieu protecteur peut donc être maîtrisé ?

Je n'attends pas vraiment de réponse immédiate : le moment est mal choisi pour parler de théologie et assouvir ma curiosité. Je parcours les environs, le nez au vent, pour essayer de déterminer une direction à suivre. Ben fait alors mention de Dante. Aussitôt, je sens mes cheveux se dresser sur ma tête et mes oreilles se couchent. Je grimace. Ce Dante est peut-être un allié de Ben, je n'ai pas envie de me retrouver face à lui et de subir ces migraines. Comment pourrais-je aider Benjamin si j'ai la tête prise dans un étau ? Il faudra que je fasse avec et que je me contrôle. Il m'a trop aidée, je ne peux pas le laisser y aller seul ! Il me fait bien comprendre que le jeu est dangereux mais j'ai une grande dette envers lui.

- Entourez-vous des alliés que vous voudrez, mais vous composerez avec moi ! j'affirme avec détermination.

C'est à ce moment que Dante apparaît. Je le vois se matérialiser contre le tronc d'un arbre, un sourire en coin, ses cheveux blancs en bataille. Je m'efforce de regarder ailleurs et de chercher du regard quelque chose qui pourrait me servir d'arme. Je ne trouve rien et le démon disparaît, mentionnant un nom qui évidemment ne me dit rien. J'emboîte le pas à Ben.
Au bout d'une petite heure de marche, nous arrivons aux abords de ce qui fut une petite ville et qui est maintenant un tas de ruines envahies par la forêt. L'endroit garde tout de même la trace d'une architecture qui ne semble pas humaine et l'aura puissante qui émane des pierres ne ressemble à rien de bien normal. Je comprends en voyant les restes d'une statue représentant un homme grand et gracile, élégant et presque androgyne, doté de longues oreilles pointues. Sans doute le maître de l'ancienne cité dont nous allons passer le portail, et un grand magicien.
Nous nous arrêtons tous trois sous le couvert des arbres. Le lien est mystérieux à souhait. L'odeur écoeurante de Faust est prenante.

- Attendez-moi ici, je vais voir si la voie est libre.

Aussitôt dit, aussitôt fait : sous forme de chat, je pénètre pour de bon dans la cité. Les rues ont été colonisées par des bosquets de ronces mais on y a récemment tracé un chemin, menant jusqu'à des colonnades que je distingue dans l'ombre des arbres plus loin. Cela ressemble aux temples de mon pays. Je furette entre les mûriers et je m'aperçois que des bandits montent la garde à intervalles plus ou moins réguliers. Ils sont plus nombreux que ceux qui nous ont attaqués et je sens qu'ils ne sont pas tous aussi faciles à battre que celui que j'ai assommé.
Ce qui m'intéresse, c'est que certains portent des couteaux de lancer. Voilà les armes dont j'aurai besoin ! J'avise un soldat un peu isolé, tête nue, assis sur ses talons et surveillant le ponant. Je me place juste derrière lui, reprends forme humaine dans le plus parfait silence et l'estourbis à son tour en lui appuyant brièvement sur les vaisseaux du cou. Il s'effondre ; avec une pierre je le frappe plus durement pour l'assommer pour de bon. Puis je détache les ceintures où pendent ses couteaux et je les passe par-dessus les chemises de Ben avant de le tirer sous les ronciers pour le cacher.
Sous forme de chat, je rejoins l'endroit où j'ai laissé le prêtre et Greyhoc. Je me cache un instant pour redevenir humaine et je m'approche doucement.

- L'endroit est surveillé par des sentinelles, mais en en assommant quelques-unes, nous pouvons passer sans problèmes !

J'attends des directives, prête à l'aider.
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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Ven 27 Aoû - 18:31

Le prêtre suivait Asuka dont l'odorat aiguisé leur permettait de suivre la piste des voleurs. Bien qu'ayant déjà entendu parler de Velstag, Ben n'y avait jamais mis les pieds. Durant le trajet il repensa à la remarque de la Neko concernant son dieu protecteur, le Shaldarin. Il avait soigneusement évité d'y répondre. Savoir que le Shaldarin pouvait être maîtrisé tant qu'il dépendait de l'Heptacle n'était pas une information que l'inquisiteur devait laisser circuler impunément. Voilà pourquoi il cherchait à retrouver le Moonshade au plus vite. Arrivés près des ruines, Ben put observer l'ancienne architecture qui laissait présager une gloire passée, et la statue témoignage des anciens habitants envers leur chef ou leur dieu. Le physique de ce dernier lui rappelait celui des elfes... L'emplacement de la cité avait été choisi judicieusement, à la croisée de plusieurs flux d'énergie favorisant l'utilisation de la magie.

Mais il n'était pas là pour des recherches archéologiques. Quand la jeune fille prit l'initiative de partir en éclaireur, Ben n'eut guère le temps de protester qu'elle filait sous la forme d'un chat. En tout cas, les informations qu'elle rapporta étaient fort utiles. Le regard de Benjamin accrocha la ceinture de couteaux mais il ne fit aucun commentaire.

- Très bien, nous allons suivre en partie ton plan, Asuka. Nous allons nous approcher sous le couvert des ruines, Greyhoc servira de diversion, je pense que s'ils sont un temps soit peu professionnels ils vont se lancer à sa poursuite. Ainsi cela dégrossira les rangs des sentinelles et nous permettra d'agir plus facilement. Nous assommerons les restants pour dégager le chemin, nous faufiler à l'intérieur du temple, et récupérer le médaillon.


Ben n'était pas un stratège, mais il n'était pas mécontent de son idée, bien qu'il ne sache pas ce qui les attendrait une fois à l'intérieur. Il adressa une prière au tout-puissant pour lui demander de l'aide dans son entreprise et pour s'assurer de son pardon s'il venait à faire une mauvaise action.

- Bien, tout le monde est prêt?... Alors... allons-y...


Benjamin commença à avancer parmi les vestiges, à demi-courbé en essayant d'être le plus silencieux possible, tandis que Greyhoc coupait par un autre chemin. Comme prévu, dès qu'ils aperçurent la silhouette du guerrier, les mercenaires dépêchèrent plusieurs d'entre eux pour s'occuper de cet intrus. Ainsi les rangs qui surveillaient le temple s'éclaircirent. Cela leur facilita un peu la tâche. Asuka semblait très bien se débrouiller pour se débarrasser des gardes. Après avoir écarter certaines sentinelles ils parvinrent à leur destination. Le plus dur restait à faire.

--------------------

Pendant ce temps, à l'intérieur de temple...
Faust se tenait au centre de l'édifice, entouré par les colonnes soutenant le bâtiment, il se préparait à rejoindre sa dimension. Mais pour l'heure, il observait d'un œil critique le pendentif, en attendant l'un de ses informateurs. Il réfléchissait à l'usage qu'il pourrait faire du Shaldarin. Une fois le Moonshade en sa possession, il pourrait asseoir sa position et grimper les échelons, rien ne viendra se dresser sur son chemin... A part peut-être les plus puissants ou ce moine de pacotille qui avait découvert ce trésor inestimable. Ses réflexion furent troublée par les cris d'alerte de sentinelles, mais il n'y prêta guère attention, ils se débrouillaient bien tout seuls.

Par contre, il se retourna vers l'entrée quand il perçut des présences non désirées. Un sourire méprisant se dessina sur ses lèvres.

- Je sais que vous êtes là alors inutile de vous cacher...


Ben, qui se tenait derrière ce qui restait d'un pan de mur, sortit de sa cachette, après avoir fait signe à Asuka de ne pas se montrer. Il préférait ne pas exposer la jeune fille trop tôt. Néanmoins, il ne pouvait la contraindre à lui obéir. Serrant son bâton, l'inquisiteur s'avança courageusement vers le démon.

- Je suis venu récupérer ce qui m'appartient...

Faust éclata de rire.
- Benjamin Ravensgate.... Mais le Shaldarin n'appartient à personne... A part celui qui le contrôle... Tu es très marrant comme prêtre, en tout cas, je dois bien reconnaître une chose c'est que tu n'as pas peur de te dresser contre plus fort que toi...

L'un des défaut du démon était qu'il pouvait se montrer bavard, et parfois trop bavard et trop imbu de lui-même pour sa propre sécurité. Son attention portée sur l'homme d'église, il avait un peu oublié la seconde aura présente et il l'oublia complètement quand Greyhoc apparut aux côtés de Ben. Le guerrier avait laissé Dante prendre le relai concernant les sentinelles, le semi-démon devait bien s'amuser... Faust n'avait pas senti la présence de son compatriote, car Dante avait l'habitude de dissimuler son aura de manière assez efficace.

En tout cas, Faust fronça légèrement les sourcils face au guerrier.

- Je suis le seul à décider de mon avenir... déclara le moine-guerrier, avant d'avancer vers son adversaire.

Ce dernier n'hésita pas une seconde à utiliser ses pouvoirs contre les deux hommes. Greyhoc se montrait déterminé à venir au corps à corps, et faisait preuve d'une agilité hors du commun pour éviter les attaques, tandis que Ben était obligé de se protéger derrière les colonnes pour éviter de mourir bêtement. Mais une ouverture pouvait survenir et permettre de l'attaquer par derrière, pour celui qui saurait en profiter et passer à travers la déferlante de magie.
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Asuka



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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Mar 7 Sep - 19:25

L'idée que j'ai lancée plaît à Ben. Son astuce n'est pas bien compliquée : utiliser Greyhoc comme appât pour évincer certaines sentinelles et éliminer les autres avant d'aller récupérer le médaillon. Je n'ai pas très envie d'aller me frotter de nouveau à l'étrange homme en noir mais c'est le seul moyen de récupérer la médaille du prêtre.
Nous nous avançons prudemment sous le couvert des arbres. Greyhoc fait alors son apparition avec un faux air de dissimulation. Plusieurs sentinelles se coulent dans les bois à sa poursuite pendant que nous les observons, tranquillement tapis dans l'ombre d'un fourré. Puis nous nous glissons dans l'espace ainsi ménagé, rampant silencieusement entre les bosquets, assommant les autres sentinelles au passage. Finalement, nous remontons un ancien couloir dont les pavés sont sertis d'herbes et nous nous cachons derrière un muret. Nous voilà au coeur du temple : un vaste cercle de colonnes entoure une place pavée de blanc ; un cercle de pierres dressées hautes comme ma jambe forme une zone plus restreinte gravée de signes anciens. Peut-être une porte magique que le démon compte utiliser ? Avant même que je ne le voie, je sens sa présence, glaciale et menaçante. Je me tapis au sol, un grognement roulant sourdement dans ma gorge. Ben, quant à lui, reste immobile à évaluer la situation.
Dans notre dos, on peut vaguement percevoir des bruits de combat, de corps qui tombent. L'odeur de Dante est vague, mais c'est bien lui qui s'amuse avec les sentinelles, d'une manière que je préfère ne pas imaginer. Malgré la gentillesse de Ben, ma sensibilité féline s'accorde peu de ces auras menaçantes. Mais je lui ai promis mon aide.
Soudain, le démon tourne son regard enflammé vers nous. Je me tasse encore d'avantage, effrayée malgré moi, me demandant bien comment on vainc un tel être. Son regard perce-t-il la pierre ? En tout cas, il nous a vus. Ben se lève vivement ; je veux le retenir, affolée par sa folie, mais il me fait un signe discret pour que je me tienne tranquille. Défiant, le prêtre s'avance vers le démon, le bâton à la main. Je me mordille nerveusement la lèvre. Je ne me rappelle que trop bien comment il nous a expédiés dans le sommeil ! Soudain, Greyhoc fait son apparition. Armé de son épée, l'esprit protecteur de Benjamin s'approche lui aussi du démon, le visage fermé. Son courage me donne des forces et plutôt que de rester à m'inquiéter, je tâte mes flancs. Il me reste tous mes couteaux de lancer. Faust semble m'avoir oubliée alors qu'il entame une bataille magique.
Les sorts fusent brutalement, éclairs impalpables modifiant la trame de l'air et explosant près de Ben ou de Greyhoc. Les colonnes détruites une à une s'effondrent parfois dans un épais nuage de poussière, embrumant la scène. Greyhoc tourne autour du démon, l'épée à la main, évitant ses attaques et cherchant une faille dans sa garde. Mais le démon est un adversaire redoutable : il maintient le moine à distance et Ben est contraint de se cacher. Soudain, la colonne derrière laquelle il se dissimulait éclate bruyamment ; la poussière s'enflamme et le feu danse sur le sol. Un cri sourd me parvient, sans que je sache s'il s'agit des sentinelles ou de Ben. Dans le nuage blanc se profile une seconde silhouette. Ami ou ennemi ? Je dois venir en aide à Greyhoc : maintenant que Faust sent qu'il s'est débarrassé du prêtre, il s'acharne contre le moine, se battant contre lui avec une arme étrange, magie condensée entre ses paumes.
Je me dresse hors de ma cachette, lançant un couteau qui va se planter dans la main armée du démon.

- Eh toi, le voleur ! Rend cette médaille ou tu seras puni !

Faust se retourne vers moi, momentanément surpris, puis il éclate de rire.

- Crois-tu que c'est une petite chose comme toi qui m'arrêtera ?

Il fait un geste sec, se débarrasse de la dague en grimaçant de douleur. Maintenant que je suis repérée, je ne peux qu'aller au combat. Je délaisse mes couteaux : si seulement je pouvais attraper le bâton de Ben à l'autre bout de la place... Greyhoc suit ma pensée et attaque Faust de front. Je me précipite à travers le temple pour saisir le bâton. Mais la silhouette se précise : une femme encapuchonnée, dont l'odeur souffrée est presque aussi terrifiante que celle de Faust. Je me mets en garde, ne sachant qui attaquera le premier. La femme dégaine une courte et fine épée et m'attaque. Je contre comme je peux, guettant Faust de l'oeil, cherchant Ben du regard.
Un cri bref. Greyhoc roule sur le sol. Faust se dirige vers l'endroit où Ben a chuté, l'oeil étincelant de plaisir. La peur me gagne mais j'essaye d'avoir l'esprit clair. Pourtant, l'inconnue se bat redoutablement bien, ne me laissant pas le moindre repos, m'empêchant de porter secours au prêtre.

- J'arrive ! lance Dante dans mon dos, loin, trop loin...

La femme me frappe durement. Je dérape sur les débris d'une colonne, le bâton saute de mes mains. Je rampe comme je peux vers Greyhoc. Faust ricane quelque part. Je n'ai pas assez de recul pour lancer une dague. Tout est perdu ! Je place mes mains devant mon visage pour prévenir le coup qui va venir. L'ombre de Faust est toute proche.

- Amaterasu, je t'en prie, protège-nous... je murmure entre deux miaulements et feulements effarés.

Que se passe-t-il ensuite ? Je l'ignore. Je sens comme une chaleur m'embraser, comme si un feu dévastateur naissait en moi, de ma colère et de mon impuissance, pour glisser jusqu'à mes mains. Une lumière blanche, puissante, m'aveugle ; j'entends Faust et la femme hurler. La lumière disparaît lentement et j'ai l'impression d'avoir couru de longues heures. Je reste étalée sur le sol, la rétine encore imprégnée de cet éclat, l'esprit embrumé.

[hrp : la "lumière" d'Asuka sort de ses mains, c'est la manifestation d'Amaterasu. Elle aveugle ceux qui sont à proximité, tous sans réelle distinction, mais brûle les ennemis de la jeune fille, surtout s'ils sont d'alignement mauvais]
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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Mer 29 Sep - 0:10

Le combat faisait rage, Ben fut obligé de se protéger derrière une colonne car la magie saturait l'atmosphère. Il m'aimait pas ce genre de situation et se sentait impuissant, inutile. Il se risqua à jeter un coup d'œil pour évaluer la situation et constata qu'Asuka se joignait au combat. Elle avait du courage de se lancer dans un affrontement qui ne la concernait pas directement et se mesurer à des ennemis dont elle ne savait quasiment rien. Une attaque de Faust coupa court ses pensées, pulvérisant son abri et l'envoyant valdinguer quelques mètres plus loin. Plusieurs débris retombèrent sur le prêtre, l'assommant à moitié. L'esprit brouillé, il essaya de fixer sa vision mais échoua, la poussière perturbait sa respiration et le monde tanguait autour de lui. Benjamin percevait vaguement les bruits de lutte ainsi que des ombres et tenta de se focaliser dessus pour reprendre pied. Son corps était endolori par le choc, cependant il répondit aux sollicitations de son propriétaire qui fut soulager de le sentir entier. Se redressant sur un coude, Ben aperçut Asuka aux prises avec une sombre femme, mais surtout il vit la silhouette de son ennemi se diriger vers lui.

L'urgence de la situation sembla éclaircir l'esprit de l'homme d'église qui distingua parfaitement le démon, ainsi que les autres protagonistes de la scène et la voix lointaine de Dante. Tout semblait perdu quand soudain une lumière aveuglante surgit des mains de la Neko. L'intensité était telle que Ben dut fermer les yeux et détourner la tête. Néanmoins il perçut nettement les cris de douleur de Faust et de sa complice. Quand tout redevint calme, les protagonistes mirent quelques minutes à récupérer leur capacité visuelle. Greyhoc se mit debout et s'avança vers ses ennemis pour l'heure affaiblis et brûlés dans l'intention de les neutraliser. Sauf que Dante le devança. Ce dernier ne se trouvant pas à proximité immédiate du champ d'action d'Asuka fut moins touché par son attaque. Ses mains s'abattirent fermement sur les épaules des blessés.

- Je m'occupe d'eux, déclara-t-il avec un sourire de mauvaise augure avant de disparaître.

Un tintement se fit entendre. A la place des démons se trouvait le médaillon qui tourna lentement sur lui-même avant de s'immobiliser sur le sol. Le Shaldarin le récupéra et le rendit à son porteur. L'inquisiteur se leva et s'approcha de la petite, éprouvée par l'énergie déployée.

- Est-ce que ça va Asuka?
Il se mordit la lèvre en découvrant les marques attestant de la violence du combat. Il lui tendit la main pour l'aider à se relever. Viens quittons ces lieux...

Depuis qu'il avait rencontré le Shaldarin, Ben avait l'impression que les combats devenaient partie intégrante de sa vie, chose qu'il n'appréciait pas forcément... Il lança un dernier regard en arrière, se demandant quelles étaient les intentions de Dante concernant Faust, puis se dirigea vers la sortie, préférant panser les plaies loin du temple. Une fois à l'extérieur il put constater l'efficacité de Dante comme en témoignait l'absence de mercenaires. Il prit alors conscience qu'il avait plusieurs blessures causées par les éclats de roches, mais aucunes de grave. Une coupure à la tempe, des bosses, des éraflures... Du moins pour la partie visible. Il s'inquiétait surtout pour sa jeune amie et se tourna vers elle, l'observant quelques instants.

- On te doit une fière chandelle, dit-il avec un petit sourire. Je ne sais si j'aurai pu récupérer les médaillon sans ton aide. En tout cas, j'espère qu'ils ne reviendront pas de si tôt...

D'une certaine manière, ils étaient quittes, lui pour l'avoir aider alors qu'elle était perdue et elle pour avoir récupérer l'Heptacle. Le prêtre souhaitait quitter la forêt le plus rapidement possible, s'éloigner de ces ruines mais tout dépendrait d'Asuka qui semblait bien éreintée par son attaque magique.

- Tu as un pouvoir puissant et à caractère divin on dirait. Ce fut impressionnant. En avais-tu déjà conscience?

Etant prêtre, Ravensgate avait perçu comme une essence divine quand la lumière avait jailli des mains d'Asuka. Réalité ou simple sensation? Il n'en avait aucune idée. Un point qu'il éclaircira certainement une fois qu'ils auront rejoint un lieu sûr. Mine de rien, cette confrontation avec Faust ne fut pas de tout repos et une halte dans leur voyage serait, à n'en pas douter, la bienvenue.

[désolé pour l'attente]
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Asuka



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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Ven 1 Oct - 22:22

[j'espère que ça va ?]

Cette lumière... Je la sens brûlante derrière mes paupières closes, si vive qu'elle éclipse le contour de mes mains lorsque je tente de les apercevoir. Ce n'est pas moi qui fait ça, impossible ! Est-ce l'aide d'Amaterasu ? Pourtant c'est bien de moi que vient cette lueur terrible mais j'ai le sentiment que quelque chose s'est éveillé en moi, une force inconnue, effrayante, qui s'épand jusque dans mes doigts et jaillit comme une flamme. La peur me cloue sur place : jamais je n'ai ressenti une telle sensation, celle, atroce, d'abriter un autre que soi dans sa tête. J'entends des cris, des hurlements plutôt, je reconnais la voix de Faust et celle de la femme qui m'a attaquée. Et Ben, que lui arrive-t-il ? Cette lumière, que fait-elle ? Est-ce ma prière qui a été entendue ? Je voudrais fermer les paumes, chasser ce flux qui passe en moi et me vole mes forces en même temps : avec horreur je me rends compte que je ne contrôle rien.
Et tout cesse aussi brutalement que cela a commencé. Mes bras retombent mollement et la lumière disparait, me laissant des ombres derrière les paupières. Je mets un peu de temps à reprendre mes esprits, me dresse sur un coude. Ben semble entier et peu blessé mais on ne peut pas en dire autant de Faust et de la femme : ils clignent des yeux, les frottant avec des mains couvertes de petites cloques suintantes. Des brûlures ! Qui a pu leur infliger cela ? Je ne connais que trop bien la réponse et je frissonne. Ce sont peut-être des ennemis, mais qui sait si je n'ai pas touché Ben ou Greyhoc ? Car même si cette force semblait venir d'ailleurs, c'est par moi qu'elle est venue !
Dante fait son apparition dans mon champ de vision. Il attrape les deux démons et disparait en un instant, un sourire machiavélique aux lèvres. Ne reste que le médaillon de Ben, qui tombe au sol. Le prêtre le ramasse et s'approche. Au moment où je veux me relever, je me rends compte que mon corps tout entier tremble furieusement et je peine à me relever. La peur a cédé le pas à un vide étrange, aussi profond que mon épuisement de la veille. Seule la vue du temple ravagé fait trembler mes pensées et me tire un peu de ma catatonie.

- Je vais bien, merci... je murmure en réponse à Ben.

Sa proposition de quitter l'endroit est loin d'être mauvaise. L'atmosphère maudite semble en partie purifiée mais il y règne encore des ombres que je ne veux plus sentir.
Nous marchons un moment, dans la forêt presque silencieuse, Greyhoc à nos côtés. Ben fait état de ses blessures. Je suis moins à plaindre que lui : à part quelques égratignures et des contusions, je n'ai rien à déplorer. Exceptée cette fatigue interne, volée par la présence en moi et la lumière venue de mes mains. La voix de Ben me tire de mes pensées. Je lui souris en retour. Qu'aurais-je fait sans lui ?

- Ce n'est rien... Un prêté pour un rendu.

Nous continuons notre marche dans le sous-bois ; je fais de mon mieux pour secouer mon corps normalement bien reposé et maintenir un rythme de marche normal. Fixant le chemin pour ne pas avoir à repenser à la désagréable sensation d'un hôte dans ma tête.

- Tu as un pouvoir puissant et à caractère divin on dirait. Ce fut impressionnant. En avais-tu déjà conscience?

Je rougis et mes oreilles se couchent sur mon crâne. Dans mon dos, ma queue frétille, sortie de mes vêtements par les aléas du combat sans que je m'en aperçoive. Les paroles de Ben me plongent dans la gêne la plus complète. J'ignore totalement ce que j'ai fait et d'où vient cette force qui m'a donné ce pouvoir. Je frôle machinalement ma cuisse, là où ma tache de naissance me met sous la protection de la déesse du Soleil. Un mal de tête point lentement. Encore un mauvais souvenir effacé qui s'apprête à surgir ! Je me rends compte que je crache sourdement, mais Ben n'y est pour rien. Il pourra peut-être même m'éclaircir. J'essaye de me contenir, préoccupée.

- Oh ne dites pas cela ! Je ne suis pas grand'chose, ce serait blasphémer que dire que cette lumière m'a été donnée par les Dieux ! Je vous avoue que je ne sais pas très bien ce qui est arrivé.

Nous continuons à marcher mais mes jambes tremblent de plus en plus. Finalement, nous sortons du bois et nous arrivons au bord d'une rivière qui coule dans la direction de Samroun. Un chemin la longe mais il n'y a personne dans les environs. Je ne sais pas trop si j'ai envie d'entendre parler encore de mon "pouvoir" mais c'est si gênant de sentir son esprit habité par un autre ! Et puis je sens cette impression, ce sentiment de souvenir qui m'échappe avec la migraine qui vient avec...
Un chat sort des buissons, éclair à peine entrevu, à la poursuite d'une proie. Un chat tricolore. Veille-t-on donc plus sur moi que je ne le pense ?
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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Mer 6 Oct - 16:29

[petit manque de temps, gros coup de stress lié à un concours et petite baisse d'inspiration... mais ça va mieux maintenant ^^ quant à ta réponse, toujours aussi bien ^^]

Tandis qu'il cheminaient en direction de l'orée de la forêt, Asuka répondit aux différentes remarques formulées par le prêtre. Ben remarqua aisément la gêne occasionnée par son compliment, la jeune fille rougissait facilement et puis sa queue frétillante confirmait son état d'esprit. Il lui adressa un sourire apaisant.

- Et bien moi non plus je ne saurai dire ce qui s'est vraiment passé, déclara-t-il avec un léger rire pour détendre l'atmosphère car Asuka était soucieuse.

Apparemment son pouvoir soulevait des souvenirs ou un manque de souvenirs qui irritait sa compagne de voyage. Alors il décida de laisser de côté ce sujet de discussion, ils auraient bien le temps de se pencher dessus une fois à Samroun. De plus, les recherches seront plus facilement menées à travers les bibliothèques et autres sages présents dans la ville.

La tension générée par leur rencontre avec Faust commençait à disparaître et Ben se détendit visiblement une fois sorti des bois. Il reconnut immédiatement la rivière qui coulait sous leurs yeux. Elle filait droit sur Samroun dont la silhouette se profilait à l'horizon. Les lieux étaient calmes et déserts, cet chemin était moins fréquenté que la route principale. Le prêtre prit conscience de l'état d'Asuka dont les jambes tremblaient fortement.

- Nous allons faire une pause sinon tu vas finir par t'écrouler. Un peu de repos voire une sieste ne te ferait pas de mal. En tout cas, nous ne sommes plus très loin de Samroun, une heure ou deux environ.

Traverser la forêt leur avait fait gagner quelques lieux, car il était certain qu'ils n'étaient pas ressortis par leur point d'entrée. L'homme d'église ne vit pas le chat tricolore mais entendit simplement du bruit dans les fourrés, le mettant sur le compte d'un animal quelconque. Il s'avança vers la rivière et s'accroupit. Sortant un morceau de tissu propre de son sac, Ben le trempa dans l'eau claire et invita Asuka à le rejoindre.

- Si tu souhaites te débarbouiller...
dit-il en lui tendant le tissu.

Ainsi elle pourrait nettoyer ses écorchures et lui de même, cependant ils devraient attendre d'arriver en ville pour accéder à des soins plus poussés.

- Il nous reste encore des provisions si tu as faim profites-en, ajouta-t-il avec un grand sourire en déballant les restes du repas de midi.

Une fois leur pause terminée, ils devraient atteindre sans inconvénient leur destination. Ben considérait qu'ils avaient eu leur quota de désagrément. D'ailleurs Greyhoc s'était éclipsé considérant que ses services n'étaient plus requis.
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Asuka



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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Dim 24 Oct - 22:02

Sans doute Ben voit-il ma gêne, car il me répond d'une phrase anodine, volontairement badine, et garde ensuite le silence. Je sens bien pourtant qu'il est intrigué. On le serait à moins ! D'ailleurs je suis surprise moi aussi, mais j'ai peur de connaître la vérité à ce sujet. Je ne sais plus ce qui m'est arrivé, cependant je me souviens très bien qu'il n'est jamais très bon d'être trop différent.
Nous continuons à marcher et je fais du mieux que je peux pour suivre Ben. Il n'est pas dans un état très reluisant lui non plus, et il s'est battu avec courage. Mais je ne sais pas si le plus éprouvant des exercices physiques peut laisser dans un tel état de fatigue qu'est le mien. Car non seulement mon corps est épuisé mais mon esprit s'égare. Ma mémoire veut s'échapper, la peur et les interrogations me rongent. Heureusement, le prêtre me sort de ma triste rêverie pour me désigner une ville à l'horizon. Samroun. Je plisse les yeux pour mieux l'apercevoir dans le soleil. Je ne me souviens pas avoir vu un lieu aussi vaste ! Nous en sommes encore assez loin et pourtant la ville s'étend loin sur la plaine, s'insinuant entre les champs et les bois. C'est un véritable dédale de maisons entouré de murs de pierre. Des tourelles ouvragées dépassent des toits, peut-être des temples ou des palais. En tout cas, les odeurs et les rumeurs de cet immense village me parviennent d'ici si j'y prête attention.
C'est comme si, l'espace d'un instant, j'avais oublié ce qui s'était passé, dans ma hâte de découvrir ce nouveau monde. Ben me rappelle notre malheureuse aventure en me retenant par le bras au moment où mes jambes me trahissent. Il se penche au-dessus de la berge et trempe une serviette propre dans l'eau avant de me la tendre en souriant. Qu'à cela ne tienne : je préfère plonger la tête dans l'eau en prenant soin de ne pas mouiller mes oreilles, et je laisse le courant rafraîchir mes blessures. Pendant un long moment, je reste les mains dans l'onde froide, j'époussette mes vêtements, je peigne mes cheveux pour avoir plus l'air d'une jeune fille que d'une vagabonde. Quand Ben me parle de sieste, j'en bâille d'avance, mais j'ai quelque chose à faire avant.
Profitant que le prêtre est occupé à remettre un peu d'ordre dans ses affaires, je frotte doucement mon maneki-neko avec l'eau claire et pure de la rivière, en le remerciant encore de m'avoir mis sur la route de Ben et de me conforter sans cesse dans mon choix. J'espère qu'une si piètre offrande ne le fâchera pas !
Alors que je ramasse mon amulette, Ben me propose de manger. Curieusement, je n'ai pas faim mais le sommeil est prêt à me saisir sur-le-champ. Je prends ma forme de chat et je me roule en boule près de l'eau, dans une chaude flaque de soleil, sur un coussin de verdure.
Mon sommeil ressemble à de l'inconscience.
Quand je rouvre les yeux, une bonne heure s'est écoulée. Ben somnole lui aussi, adossé à un arbre. Je reprends mon aspect de jeune fille. Je n'y prête pas attention tant cela me semble normal, mais mes égratignures sont déjà en voie de guérison. Et je me sens beaucoup mieux. Certes, ce n'est pas la grande forme, mais mes forces sont revenues, suffisamment pour continuer le voyage et terminer la journée sans encombres. Je n'ai pourtant pas utilisé ce pouvoir étrange longtemps. Qui sait ce qui serait arrivé si je n'avais pas pu m'arrêter... Mais est-ce moi qui ai réellement mis fin au sort ? Autant ne plus y penser pour le moment.
Une autre question me titille cependant. Je ne sais pas s'il est poli de la poser, mais je suis bien trop curieuse pour m'arrêter à la bienséance ! Je ramasse nos affaires et j'attends que Ben sorte de sa somnolence. Quand il est prêt et que nous reprenons la route, je tends l'oreille à la recherche d'un signe de présence de Greyhoc ou Melenda. Mais je ne perçois rien.

- Dites-moi, Ben... Que serait-il arrivé si Faust avait pris votre médaille ? Votre dieu protecteur serait parti avec lui ? Greyhoc semblait vraiment décidé à la récupérer lui aussi. Tous les dieux vivent dans des amulettes ici ?

Cela me paraîtrait singulier. Bien sûr, mon maneki-neko est bien dans une statuette de chat mais, aussi bon soit-il, c'est un petit kami. Les grands dieux ne vivent pas dans les objets et Greyhoc ou Melenda me semblent autrement plus puissants que mon kami protecteur. Le silence qui suit ma question me trouble. Je ne voulais pas fâcher Ben, aussi je me garde bien d'insister.
Tout en gardant une oreille attentive à une éventuelle réponse, je me perds dans la contemplation du paysage. Samroun se rapproche rapidement maintenant que nous suivons un beau chemin de terre. De temps à autre, nous croisons un voyageur ou un paysan et aux côtés de Ben, ils me font bien moins peur. Même si certains ont une aura parfois menaçante. Plus nous approchons de la vaste ville, et plus je m'aperçois qu'elle n'est pas peuplée que d'humains. Il y a d'autres odeurs, excitantes, effrayantes aussi. Certaines me rappellent Faust. Mais si le prêtre m'emmène ici, je peux lui faire confiance.

[encore désolée du retard. Ca convient ?]
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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Sam 13 Nov - 15:02

Asuka déclina l'offre de la serviette pour plonger directement la tête dans l'onde claire et rafraîchissante du cours d'eau. Ben se nettoya le visage et le cou, ayant l'impression que ce simple geste chassait toute la noirceur et les souvenirs du combat contre Faust. Il sentait que ses muscles étaient endoloris et qu'il lui faudrait une bonne nuit de repos pour récupérer pleinement ses capacités. La jeune demoiselle se toiletta, remettant de l'ordre dans sa tenue. Pendant ce temps, Ben farfouilla dans son sac, rangeant en partie ses affaires et sortant les quelques provisions qui leur restaient. Il remarqua du coin de l'oeil que la Neko semblait nettoyer un objet mais il ne dit mot considérant que cela relevait du domaine privée de la jeune fille. Cette dernière préféra sauter la case repas pour sombrer dans un sommeil bien mérité. L'homme d'église fut surpris par la transformation d'Asuka puis sourit devant l'air satisfait affiché par le chat. Benjamin se prépara un petit en-cas composé d'une tranche de fromage sur un bout de pain puis il se laissa aller contre l'arbre se trouvant juste derrière lui. Le calme ambiant aidant, ses paupières commencèrent à se fermer, la fatigue profitant pour s'abattre sur les épaules de Ben.

*Ben c'est l'heure de se réveiller...*

La douce voix de Limesta mit fin à la sieste du prêtre. Ouvrant les yeux il vit qu'Asuka était réveillée. Alors se releva et épousseta son habit.

- Ai-je dormi longtemps? J'espère que ta sieste fut reposante.

Ensuite les deux voyageurs reprirent la route et la jeune fille en profita pour poser une question à laquelle Ben s'attendait plus ou moins. La condition du Shaldarin Oztek intriguait la Neko, surtout qu'elle avait fait connaissance avec deux des personnalités de l'entité.

*Elle est bien curieuse la petite...*
*Oui mais c'est tout à fait compréhensible, que vas-tu lui répondre Ben?*
*Le stricte nécessaire, je ne veux pas qu'elle soit mêler à nos affaires elles sont bien trop dangereuses, déjà qu'elle s'est retrouvé face à Faust...*

Oui l'homme d'église voulait protéger Asuka bien que celle-ci semblait parfaitement apte à se défendre seule. Pourtant il devait bien l'admettre, avoir un compagnon dans sa quête pourrait être une aide non négligeable, mais il aurait toujours peur pour ce dernier. Il lui paraissait plus raisonnable de poursuivre seul. Il tourna la tête vers sa compagne avec un sourire.

- Non, les dieux ne vivent pas dans des médaillons, vois-tu je suis au service du Seigneur qui se trouve en toute chose, en chaque être vivant... Greyhoc et Melenda ne sont qu'une partie des personnalités de l'esprit enfermé dans l'Heptacle, c'est un Shaldarin et bien qu'il soit très puissant et semble immortel je ne le considère pas comme un dieu simplement comme un esprit supérieur, proche de la divinité certes mais pas comme un dieu... Si Faust avait récupéré le médaillon, le Shaldarin n'aurait pas été obligé de le suivre mais cela aurait donné un avantage au démon. Pour pouvoir retrouver sa liberté, le Shaldarin m'a demandé de trouver le Moonshade, un autre pendentif détenant une partie de ses pouvoirs. Une fois les deux réunis et certainement suite à un rituel bien défini il pourra être libéré, mais si une personne mal intentionnée met la main dessus, cela lui donnerait la possibilité de soumettre l'esprit à ses désirs.

Les explications de Ben paraissaient un peu nébuleuse à ses propres oreilles cependant il avait fourni les principales informations à Asuka pour qu'elle comprenne la situation. Si elle avait d'autres questions, il préférait qu'elle les lui pose plutôt qu'elle s'adresse à des individus potentiellement dangereux ou intéressés. Tout en poursuivant leur chemin, les deux marcheurs croisèrent plusieurs personnes, dont certaines saluaient poliment le prêtre. Les portes de la ville se rapprochaient et le nombre de voyageurs augmentaient. Des gardes étaient postés à l'entrée et surveillaient les flots de passants. Ben et Asuka passèrent sans difficulté.

- Bienvenue à Samroun Asuka, la ville aux milles visages. Enfin, je dis cela surtout au regard des nombreux peuples qu'on peut croiser dans les rues et les différents quartiers. Vu que tu es nouvelle dans la région je voudrais te présenter un vieil ami, Ebenezer Loe. C'est un érudit et tu pourras t'adresser à lui en cas de souci si je ne suis pas là et il pourra même t'héberger si tu le souhaites.

Ben se dirigea d'un pas décidé vers les faubourgs de l'Est, la zone des libraires. Sachant qu'il devrait certainement repartir dans les jours à venir, il préférait ne pas laisser Asuka sans point d'attache dans la cité. Même si elle déclinait l'offre d'hébergement, Ebenezer se fera un plaisir d'apporter son aide à la jeune fille. Parvenue devant une maison composée d'un étage et accueillant une boutique au rez-de-chaussée, Ben entra dans la demeure et fit signe à la Neko de le suivre. Divers étalages couverts de livres se dressaient dans la pièce. La clochette accrochée devant la porte alerta le propriétaire des lieux dont la tête apparue derrière un tas de bouquins. Un homme bien plus âgé que le prêtre et au visage rebondi et accueillant se porta à la rencontre des visiteurs.

- Eb mon vieil, déclara Ben en faisant l'accolade. Comment vas-tu?

- Bien les affaires marchent à merveilles... Mais je vois que tu es accompagné...
- Oui je voudrais te présenter Asuka, une jeune fille que j'ai rencontré en chemin et vu qu'elle est nouvelle dans la région, je ne voulais pas la laisser seule dans l'immensité de Samroun, alors je souhaitais te la présenter.
- Bonjour mademoiselle, je suis Ebenezer et je me ferai une joie de vous servir de guide...

Il n'y avait aucune mesquinerie cachée dans les paroles du bibliothécaire, il était content d'apporter son aide. Maintenant tout dépendait d'Asuka, l'offre était permanente, et si elle venait à la refuser ce jour, la porte du vieil Eb serait toujours ouverte pour une amie du prêtre Ravensgate.
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MessageSujet: Re: Pluie et vent [Père Raven ~ Libre]   Dim 28 Nov - 23:37

[désolée de mon manque de ponctualité, j'ai beaucoup de travail en ce moment et ça ne va pas s'arranger !]

Pendant que nous marchons vers la cité, Ben finit par me répondre. Il ne me conte pas de grande histoire mais ses explications me paraissent assez claires et surtout honnêtes. Je me doute qu'il ne m'a pas caché grand'chose de l'essentiel, ce qui m'étonne et me fait plaisir. Car apparemment, son médaillon, l'Heptacle comme il l'appelle, est un danger pour lui. Je reste silencieuse, repassant ses paroles dans ma tête afin de m'en imprégner et d'y réfléchir plus tard.
Sa médaille a un nom et abrite, ou plutôt emprisonne un kami appelé Shaldarin. Cet être, bénéfique sans doute, a besoin d'une autre amulette pour pouvoir sortir de la médaille, comme une serrure a besoin d'une clé pour s'ouvrir. Mais pourquoi Ben veut-il libérer un kami qui semble lui porter bonheur ? Et pourquoi ce kami s'est retrouvé piégé dans cet objet contre son gré ? Tout cela pique ma curiosité. Et je devine que retrouver ce Moonshade est une tâche démesurée. Au moment où il en parle, Ben s'assombrit légèrement et je sens l'amertume se joindre à son odeur sèche et douce habituelle. C'est si étrange ! Ce kami est bon, mais il attire la tristesse sur le prêtre qui m'a si gentiment aidée. On dirait comme une sorte de défi pour Benjamin.

- Est-ce votre Seigneur qui vous impose ce devoir ? Est-ce une sorte de quête ?

Je me mords la langue. Ce n'est peut-être pas une bonne idée que d'avoir demandé aussi crûment ce genre de choses. Il arrive parfois qu'un ermite ou un guerrier aille seul pour accomplir quelque chose afin d'affermir et de purifier son âme, mais il est très mal vu de lui poser la question. Ce genre de quête n'intéresse que celui qui la remplit. Pourtant quelque chose me dit que Ben n'avait pas besoin de ce défi pour bonifier son âme car son coeur est bon. Il a plutôt l'air de ne pas avoir eu le choix. Je toussote.

- Oubliez ce que j'ai dit. C'est mal. Ces choses-là vous regardent.

Finalement, nous entrons dans Samroun. Il y a plus de monde que pendant les jours de foire dans les villes de mon pays : sans cesse je suis bousculée, frôlée. Je sens les regards insistants et curieux des passants avant de comprendre que mes oreilles sortent de mes cheveux. Je les dissimule soigneusement, mine de rien. Des vendeurs ambulants, des cavaliers, des soldats de relève, des saltimbanques remplissent les rues pavées. Les odeurs me donnent le vertige et je ne sais plus où donner de la tête. Quels parfums étranges et nouveaux ! Nourriture étrangère, feux de bois, cuir et chevaux, tout cela se mêle. Et ces auras étranges ! C'est un effet étrange de voir des gens à l'allure tout à fait humaine mais portant une odeur tout à fait inconnue ! Certains m'attirent, d'autres m'effraient. Je remarque que beaucoup de gens portent une arme. Les maisons sont hautes, percées de larges fenêtres qui surplombent les allées, un toit austère les couvre toutes de la même façon. Quelle étrange architecture ! Quelles étranges habitations collées les unes aux autres ! Plus nous avançons et plus la foule change : les gens sont habillés plus richement, les demeures sont parfois séparées par de petits jardins. Les places se font plus larges. Des boutiques s'alignent sous des arbres plantés dans les pavés : derrière leurs devantures de verre, je devine des rayonnages croulants de livres et des instruments singuliers dont je ne connais pas l'utilisation.
Ben entre dans l'une de ces librairies. Il veut me présenter un ami qui, dit-il, acceptera de m'héberger et de m'aider. Sa gentillesse n'a donc pas de limites ! Je lui souris avec reconnaissance. La boutique est assez étroite mais remplie de livres au doux parfum de poussière. Le parquet sombre grince sous nos pas, une clochette tinte lorsque je referme la porte. Un vieil homme fait alors son apparition et sa surprise est de courte durée lorsqu'il reconnaît Ben. Je reste à l'écart, prise dans la contemplation des ouvrages dans des langues inconnues, sans trop prêter attention à ce que dit le prêtre de moi.

- Bonjour mademoiselle, je suis Ebenezer et je me ferai une joie de vous servir de guide...

Je sursaute, honteuse d'avoir été prise en flagrant délit de curiosité. Le vieil homme me tend sa main, je l'observe en ne sachant qu'en faire et je décide de le saluer en m'inclinant légèrement à la façon de mon pays. Il a l'air aussi accueillant et sincère que Ben, tout en lui respire la bonté et la serviabilité. Je sens que je peux lui faire confiance. Mais je regrette de devoir me séparer du prêtre. Cela me met mal à l'aise : il a fait tant de choses pour moi ! Sans doute va-t-il disparaître dans cette vaste ville pour chercher le Moonshade et sans doute va-t-il devoir se confronter encore à des monstres comme Faust. Il m'a proprement sauvé la vie, ne puis-je donc pas lui rendre la pareille ?
Je m'aperçois alors que je n'ai toujours pas répondu à Ebenezer. Je joins les mains en guise d'excuse.

- Je suis très honorée de votre générosité, Ebenezer-sama. Je crois que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre de ce pays.

Ebenezer me regarde un instant avec une pointe de curiosité avant de se détourner, annonçant qu'il va chercher du thé. Je profite de son absence pour faire fi de tous les principes de politesse pour me planter devant Ben et le regarder avec toute la conviction dont je suis capable.

- Benjamin, vous m'avez aidée au-delà de tout ce que j'aurais pu imaginer et la honte me rongera si je ne peux pas vous rendre la pareille. Alors, sauf si votre Kami-Sama, votre Seigneur, veut que vous accomplissiez votre quête seul, je veux vous aider !

J'entends Eb s'agiter dans son arrière-boutique, cherchant une bouilloire. Je finis par baisser la tête avec une fausse humilité mais épiant Ben du coin de l'oeil.
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