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 Rêve prémonitoire [PV Anikeï]

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Nahima



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MessageSujet: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Dim 7 Mar - 23:58


Nahima se réveilla brusquement, des sueurs froides coulant encore le long de son dos. Elle revint peu à peu à la réalité, découvrant la lueur matinale s’inviter à l’intérieur de la petite maison. Elle se releva lentement et difficilement, les muscles engourdis après une nuit dans une position peu confortable à même le sol. Elle frissonna et décida d’allumer un feu dans la cheminée. Mais frissonnait-elle de froid ou de peur ?
La veille, elle avait passé la soirée à tenter d’entrer en contact avec Anikeï. Cela faisait maintenant plusieurs jours, voir plusieurs semaines qu’elle n’avait aucune nouvelle de lui. Elle n’avait même pas réussi à entrer en communication par télépathie. Elle était très inquiète. D’autant plus après ce rêve étrange.

Il avait pourtant bien commencé. Nahima et Anikeï marchaient côte à côte dans la forêt, silencieusement. Puis une jument à la blancheur éclatante ornée d’une corne de la même couleur que sa robe pure vint à leur rencontre. Nahima ressentie alors un bien être serein. La jument les invitait à la suivre pour arriver auprès d’un immense chêne où se trouvaient déjà l’aigle et le faucon. L’aigle étira ses ailes pour s’envoler et s’éloigner tandis que la licorne touchait du bout de sa corne le chêne. Une lueur bienfaisante entoura alors l’arbre et le faucon qui devinrent étincelant. Puis Anikeï avança vers cette lumière, comme hypnotisé. Nahima voulu le suivre mais elle fut brusquement freiné. Elle ne pouvait continuer. Elle tenta d’appeler Anikeï mais il ne l’entendait plus. Tout à coup, le chêne, la jument, le faucon et Anikeï disparurent. Elle se retrouva seule, perdue dans cette forêt.

Ce fut à ce moment précis qu’elle se réveilla. Tout en mettant les buches dans la cheminée, Nahima repassait sans arrêt ce rêve dans sa tête. Elle avait peur de sa signification. Anikeï avait-il disparu à jamais ? Les rêves indiquaient des chemins à suivre, la conseillait, la prévenait. Mais comment être certaine de sa signification ? Anikeï était-il parti pour toujours ? Que signifiait cette jument ? Et ce chêne ? Elle les apercevait pour la première fois dans ses rêves. Mais cela ne lui présageait rien de bon. A moins que ce ne soit sa peur de perdre Anikeï qui fausse son jugement.
Le feu commençant à prendre de l’ampleur et à diffuser sa chaleur, elle se mit à ranger tout ce qu’elle avait laissé par terre : ses bols d’encens, ses plantes pour entrer en transe, ses huiles…
L’esprit encore troublé, elle sortit de chez elle afin de récupérer un peu d’eau dans la rivière.
L’air matinal était frais encore à cette époque. Et elle ne tarda pas dehors.
Elle fit chauffer l’eau et se lava. Elle avait beaucoup transpiré lors de sa transe. Puis elle enfila une autre tunique, qu’elle avait elle-même fabriqué.

Enfin elle s’accorda à manger quelque chose. Mais le cœur n’y était pas. Elle était trop stressée, et trop inquiète. Elle ne pouvait se résoudre à le croire parti dans un autre monde. Mais si c’était le cas, alors elle se retrouverait seule… Cela faisait dix ans qu’elle vivait aux côtés de son ami. Ils avaient créé une amitié fusionnelle. Ils se comprenaient au-delà des mots. Il était impensable qu’elle puisse continuer sa vie dans ce monde sans Anikeï.
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Anikeï



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Lun 8 Mar - 21:28

Le soleil se lève à peine mais le ciel est d'une pureté cristalline. Un temps frais, idéal. Külüg est de mon avis, car il se permet des cabrioles de jeune poulain. Mon coeur est aussi joyeux, mais pour d'autres raisons. Le voyage m'a brusquement semblé long alors que j'arrive en vue de la forêt, là où se cache Nahima et notre hâvre de paix.

Dix ans. Que cela a passé vite ! Mais auprès de Nahima, le temps semble doté éternellement de la même durée paisible. L'Indienne est une femme d'une grande profondeur d'esprit, posée et calme là où l'impulsivité fait de moi un homme colérique et impétueux. Et curieusement, ce frein, ce calme, cette douceur ont agi sur moi plus sûrement que n'importe quoi d'autre. La présence de Nahima, je le sais, m'a assagi en partie. Le chemin que nous avons pris, je m'en rends compte maintenant, m'a fait évoluer. Mais à elle, que lui ai-je apporté ? Le faucon et l'aigle étaient destinés à voler ensemble. Maintenant, qu'en conclure ? Pourtant, j'aimerais que ces dix années se prolongent encore et encore. Nahima est la seule personne pour qui j'ai de véritables sentiments. Ce qu'elle ressent pour moi n'est pas exactement de la même nature, mais au fond, quelle importance ? Je sais sa souffrance d'être loin d'Erwan. Quel besoin aurais-je alors de lui rappeler que l'amitié parfois ne me contente pas pleinement ? Ce serait cruel de ma part. Jamais je n'aurais pensé que voir quelqu'un heureux aurait pu me remplir de paix et de joie. C'est pourtant le cas avec Nahima.
Tout à mes pensées, je m'arrête au moment de sortir du bosquet de noisetiers que je traverse. Habilement cachée par la végétation, une maisonnette apparaît, faite de bois et de chaume mais aussi des matériaux de la forêt. Comme à chaque fois que je retrouve le chemin de cet endroit, je me sens calmé. Ma maison. Mon foyer. Deux notions que j'avais longtemps cru perdues pour moi. Je sais hélas que je perdrai cela un jour. Ne serait-ce que parce que Nahima vieillit et moi non. Mais je refuse d'y penser. Pourvu que ce temps dure le plus longtemps possible !
Néanmoins, aussi heureuse que soit ma vie dans cette maison, si proche de la Nature et de celle que j'aime tendrement, cela ne me satisfait pas entièrement. Je reste un nomade dans l'âme, un aventurier, bref, toujours en mouvement perpétuel. Alors je pars souvent, seul. Prévenant de mon départ sans donner de date de retour. Nahima sait mon besoin de vagabonder, et elle ne dit rien. Elle me comprends et elle m'accepte comme je suis. Une grande première parmi mes semblables.

Toutefois, je suis parti plus longtemps que d'habitude, et je devine que l'Indienne doit s'inquiéter. Cela ne m'empêche pas de vouloir lui préparer une petite surprise à ma façon. Souriant intérieurement, je me métamorphose.
Nahima ne voit pas le rouge-gorge qui se perche sur le rebord de la fenêtre, trop occupée à ramasser la bassine où elle a fait ses ablutions, avant de préparer le repas. Je remarque son air malheureux alors qu'elle ne prépare qu'une part, de cette fameuse purée d'airelles et ces galettes qu'elle sait si bien préparer. Je laisse échapper un chant doux à son adresse.
Avant de me laisser tomber au sol et de reprendre forme humaine. Depuis le temps, j'arrive assez facilement à redevenir moi-même avec fluidité, sans passer par ces pénibles stades hideux d'hybride improbable. A nouveau à genoux devant elle, je lui souris avec sympathie. Les effusions n'ont jamais été notre fort à tous les deux.


- Je ne peux pas survivre bien longtemps sans ces galettes dont tu as le secret, Nahima. je lance, en guise de salut, lui adressant un clin d'oeil malicieux. Mais j'ai ramené quelques petits objets dont nous avons besoin.

Je pose ma besace près de moi. Pourtant, je pressens que tout ne s'est pas bien passé pendant mon absence, car Nahima n'est pas si soucieuse quand je m'absente, même aussi longtemps. A-t-elle eu une nouvelle vision ? Je reste silencieux mais je pose mes armes et mon manteau dans un coin de la pièce avant de retourner m'asseoir près d'elle, signifiant clairement que je ne suis pas prêt de repartir et que je suis à l'écoute de ses soucis.
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Nahima



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Mar 9 Mar - 0:07

Nahima s’imaginant déjà vivre seule, complètement troublée par ce rêve, sursauta lorsqu’elle vit et entendit Anikeï. Elle n’en croyait pas ses yeux. Il était de retour, bel et bien vivant, ne semblant pas être blessé. Elle ne fit même pas attention au sens de ses phrases. Elle l’observa aller déposer ses armes respectueusement et se dévêtir de son manteau puis revenir vers elle, tout sourire. Une fois assis près d’elle, elle l’observa attentivement, dans les moindres détails. C’était bel et bien lui… Mais… Et s’il s’agissait de son esprit ? Pour en avoir le cœur net, elle porta sa main à la joue de son ami. Elle ne traversa pas le corps d’Anikeï. Bien au contraire, elle pu sentir sa joue encore fraiche contrastant avec sa main chaude. L’inquiétude, la peur qui l’avaient alors submergée s’envolèrent pour laisser place au soulagement.
Elle fit alors quelque chose qu’elle n’était pas habituée à faire, même avec son plus grand ami. Elle se jeta à son cou, heureuse qu’il soit de retour. Elle ne retint pas ses larmes silencieuses lui permettant d’évacuer le stress vécu jusqu’à présent. Anikeï devait surement être surpris par ce genre d’attitude car il n’était pas habitué à autant de démonstration affective de la part de l’indienne. Mais elle avait cru le perdre…

Elle se recula alors, légèrement confuse par cet élan affectif. Ne sachant pas trop quoi dire, elle se leva et alla préparer un repas pour Anikeï. Il devait avoir faim. Et c’était une bonne excuse pour reprendre contenance. Elle alla chercher les ingrédients, tout en essuyant ses larmes. Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle allait lui préparer mais au moins elle serait occupée. Cependant, elle sentait le regard interrogateur sur elle. Elle lui devrait bien une explication. Lui vint alors une nouvelle question : Si ce rêve ne présageait pas la disparition d’Anikeï, que lui montrait-il ? Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas ce qu’il pouvait bien signifier. Elle allait devoir lui en parler, mais elle avait peur de paraître ridicule, et surtout elle avait honte de s’être trompée dans sa signification. Elle allait devoir mettre des mots sur ses émotions, et ce n’était pas chose aisée pour elle.

Elle posa alors ses ustensiles et regarda Anikeï.


-Je… J’ai cru que… J’ai cru que tu avais disparu…

Elle ravala les larmes qui commençaient à réapparaitre et respira profondément pour calmer son émotion.

-Je n’avais plus de nouvelles de toi. Tu es parti si longtemps. J’ai essayé de te contacter par la tête, mais…
Nahima, sous le coup de l’émotion en perdait ses mots et avait du mal à s’exprimer. Cependant, elle gardait toujours maîtrise de sa voix.

-Comme si tu avais…disparu… Et j’ai fait ce rêve…Mais je me suis trompée.

Elle avait honte de lui avouer qu’elle l’avait cru mort. Elle n’aurait pas du en douter un seul instant ! Qu’est ce qui lui avait pris de se rendre ainsi malade d’inquiétude ? Il lui arrivait pourtant souvent de partir et de revenir comme bon lui semblait. Elle savait qu’il rentrait toujours.
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Anikeï



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Mar 9 Mar - 0:41

S'il y a bien une chose à laquelle je m'attends le moins, c'est cet élan de Nahima, qui m'enlace avec toute la force de l'espoir. J'en reste abasourdi, mais ce contact si proche porte mon bonheur à son comble. D'un autre côté, je peux mesurer toute l'ampleur de l'inquiétude qu'elle a ressenti, et je m'interroge. Qu'est-il arrivé pendant mon absence ? Des évènements inhabituels se sont-ils passé à Samroun ou dans les environs ?
Gênée par ses sentiments dévoilés, l'Indienne se détourne et commence à préparer un repas. Ses gestes maladroits et empressés trahissent son trouble, tout comme les larmes prêtes à rejaillir.


- Je… J’ai cru que… J’ai cru que tu avais disparu… Je n’avais plus de nouvelles de toi. Tu es parti si longtemps. J’ai essayé de te contacter par la tête, mais… Comme si tu avais…disparu… Et j’ai fait ce rêve…Mais je me suis trompée.

Nahima s'efforce de reprendre contenance tout en continuant sa cuisine. Mais pour qu'un rêve l'ait troublé à ce point, c'est qu'il devait être terrible. Je devine sa honte derrière son regard détourné. Sa honte d'avoir mal interprété ce rêve, d'avoir douté de moi. Je ne sais trop que dire, touché par sa tristesse et sa peur.

- C'est de ma faute. Je suis parti trop longtemps. J'aurais pu te prévenir.

Je suis tenté de l'aider pour avoir moi aussi une contenance, mais Nahima ne supporterait pas l'idée de ne pas être capable de me faire à manger. Je m'assois près d'elle et je pose une main sur la sienne. Je la sens trembler.

- Tu as le droit de te tromper. Les esprits ne se laissent pas facilement dominer. Veux-tu me le montrer ?

Malgré moi, je tente de m'imaginer ce que pouvait représenter ce rêve. Pourquoi a-t-elle cru que je disparaissais ? M'a-t-elle vu m'évanouir de ces mondes qu'elle parcourt ? Ou bien a-t-elle changé de monde sans moi ? Cette notion de mort me trouble malgré moi et ternit ma joie de la retrouver. Quoi qu'il en soit, sans entrer dans son esprit pour voir ce rêve - jamais je ne le ferais sans sa permission - je lui insuffle un peu de force et de courage.

- Quoi qu'il arrive, tu sais très bien que je ne t'abandonnerai jamais. La vie nous mènera peut-être loin l'un de l'autre, mais mon esprit sera à jamais avec le tien. Je ne te quitterai pas, Nahima.

[heu désolé, je manquais un tout petit peu d'idées ^^]
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Nahima



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Mar 9 Mar - 21:36

Les mots d’Anikeï la réconfortèrent mais aussi la touchèrent. Elle savait parfaitement qu’il tenait à elle, qu’il ne l’abandonnerait pas… Ils étaient liés par une forte amitié, qui aurait pu même changer en sentiments bien plus grands si Nahima se l’était autorisée. Elle sentait qu’Anikeï éprouvait des sentiments forts envers elle, même s’il tentait de le cacher. Au bout de dix ans de vie commune, certaines choses ne passaient plus inaperçues. Elle le savait, mais elle ne pouvait lui donner davantage. Elle lui donnait et démontrait tout l’amour qu’elle lui portait, mais cela ne serait jamais assez pour Anikeï. Le cœur de l’indienne était déjà prit. Et pourtant, à quoi bon attendre après une personne qui ne reviendrait peut-être jamais ? Elle savait qu’Anikeï était prêt à lui donner plus, mais elle se le refusait parce qu’elle attendait toujours Erwan. Mais cela faisait dix ans maintenant. Allait-elle continuer sa vie à l’attendre indéfiniment ? Elle n’avait plus vingt ans mais trente-deux ans. Si elle était toujours auprès de son peuple, cela ferait un moment qu’elle aurait eu des enfants. Les femmes avaient leur rôle au sein du clan. Elles s’occupaient du campement, de leur foyer et de leurs enfants. Mais depuis toute petite, Nahima se différenciait déjà des autres femmes. Son destin était différent des leurs puisqu’elle avait atterri ici. Elle n’était peut-être pas vouée à fonder une famille.
Mais quel était son destin dans ce cas là ? Toujours cette perpétuelle question.


Elle mit de côté toutes ces pensées pour en revenir à Anikeï. Elle alla mettre les galettes sur le feu puis se tourna vers lui.


-Très bien, je vais te montrer.

Elle vint s’asseoir alors près de lui, savourant cet instant. Cela lui rappela les longues soirées passées auprès du feu à discuter, rire, échanger.
Elle ferma alors les yeux pour pouvoir visualiser au mieux son rêve. Les images revinrent rapidement. La forêt, la licorne, le chêne, l’aigle qui s’éloigne, le faucon qui reste, Anikeï qui s’avance vers la lumière, sa disparition, et la solitude de Nahima. Maintenant qu’elle savait que son ami était vivant et auprès d’elle, elle ne comprenait toujours pas la signification.
Elle ouvrit les yeux et observa les traits d’Anikeï. Comme il ne disait mot, elle prit la parole.


-Je ne comprends pas ce rêve. Quelle est cette jument à corne ? En as-tu déjà vu ?

Elle attendit un moment mais il paraissait en pleine réflexion. Elle en profita alors pour retirer les galettes chaudes et les lui servir. Enfin, elle lui servi de l’eau. Elle aurait préféré lui préparer un repas un peu plus riche, mais elle n’avait pas les ingrédients pour ni le temps de préparation.
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Anikeï



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Mar 9 Mar - 23:02

Nahima reste silencieuse un moment, toujours absorbée dans sa cuisine. Lorsqu'elle revient s'asseoir près de moi, je goûte cet instant avec plaisir, malgré la tension palpable. Je n'ai jamais réussi à véritablement enterrer mes sentiments pour elle, tout comme elle n'a pas fait le deuil d'Erwan. Nous sommes tous les deux en train d'attendre quelque chose qui ne viendra probablement pas. Et curieusement, nous avons réussi à construire quelque chose sur ce manque. J'ai longtemps été jaloux d'Erwan, de ces sentiments qu'il éveillait en Nahima. A force de cacher cette jalousie, je me suis aperçu qu'elle avait disparu. Jamais je ne pourrais forcer les sentiments d'une personne pour moi, donc à quoi bon envier cet homme ? Même s'il venait à mourir et que Nahima l'apprenait, ses sentiments pour moi ne seront jamais exactement ceux qu'elle avait pour Erwan. Alors autant clore le chapitre de ce problème.
Nahima ferme les yeux et je l'imite, posté en marge de son esprit. Bientôt, je vis aussi bien qu'elle le rêve étrange qu'elle a fait. Je nous vois marcher en forêt, côte à côte, en paix et heureux. Soudain, une licorne s'avance, venue de nulle part. Je frissonne. Mais cette bête-là est immaculée, et il émane d'elle une puissance bonté. Finalement, nous la suivons et elle nous mène jusqu'à un grand chêne à la vaste ramure. Sur une branche sont perchés l'aigle et le faucon. Pourtant, l'aigle étend ses ailes et prend son envol. Au moment où la licorne touche l'arbre, qui se met à émettre une puissante et pure lumière, l'aigle a disparu. Nous nous avançons alors vers la lumière, mais bientôt, Nahima ne peut plus aller plus loin. Je marche seul vers l'arbre, fasciné, sourd à ses cris, et nous disparaissons, alors que l'Indienne reste seule.
J'ouvre vivement les yeux. Mes mains sont glacées. Ce rêve n'a rien de négatif en lui-même, mais il me laisse néanmoins une sensation pénible de mélancolie. Que peuvent bien symboliser le chêne et la licorne blanche ? Et pourquoi l'aigle s'envole-t-il alors que le faucon reste sur cet arbre scintillant ? Cela veut-il dire que nous allons bientôt nous séparer ? Jusqu'à présent, pas un rêve de la jeune femme ne montrait les oiseaux séparés. J'ai peur de réfléchir à cette éventualité. Pourtant, je viens de promettre à Nahima que je ne l'abandonnerai jamais...
Nahima guette ma réaction, puis comme je ne réponds rien, absorbé par mes pensées, elle reprend sa cuisine.


- Je ne comprends pas ce rêve. Quelle est cette jument à corne ? En as-tu déjà vu ?

- Oui, une fois, je réponds, en éludant prudemment la première phrase. Mais celle que j'ai vu était noire comme la nuit. C'était un être mauvais, un démon, tout à fait l'inverse de celle-ci. C'est elle qui m'a infligé la cicatrice que j'ai à la main. J'en déduis donc que la licorne de ton rêve est un esprit positif et protecteur.

C'est un point qui devrait nous rassurer. Cependant, je ne fais que penser à l'aigle qui s'envole. Nahima a fait mention de la mort. Est-ce ce qui va m'arriver bientôt ? Mais en ce cas, pourquoi l'aigle est-il le seul à quitter la scène, pourquoi je reste libre de mes mouvements et pas Nahima ?...
Je ferme mon esprit à toutes les pensées qui pourraient venir. Je sais que je m'aveugle volontairement, mais je n'ai pas envie de savoir...


* Quand vient le temps de passer sur l'autre rive, les morts deviennent les spectateurs de la promenade des vivants... *

Cette phrase, ce vers plutôt, rejaillit de ma mémoire comme un diable d'une boîte. J'espère que la jeune femme ne m'a pas entendu. Et heureusement, Nahima coupe mes réflexions en me tendant des galettes. Je m'empresse de les dévorer, affamé malgré ce froid insidieux dans mes veines.

- Merci. Elles sont excellentes !

Mais Nahima n'est ni dupe, ni aveugle. Elle aura vu ma gêne, mon angoisse, comme j'ai vu les siennes. Lorsque j'ai suffisamment mangé et après m'être généreusement brûlé les doigts, je ramasse les dernières galettes et je la regarde avec sérieux.

- La mort plane dans ce rêve, mais la tristesse ne semble pas y avoir sa place. Alors réjouissons-nous de nous revoir et ne nous tracassons pas.

Je me lève et prends les mains de Nahima dans les miennes. Son minois si malheureux me donne envie de la serrer contre moi, mais je n'en fais rien. J'appuie simplement mon front sur le sien, pendant quelques secondes, et nos cheveux de teintes opposées s'entremêlent brièvement.

- Pourquoi ne pas prendre un peu de bon temps tous les deux ? Pourquoi ne pas aller nous promener ? J'ai une longue absence à me faire pardonner...

Mais je ne suis pas dupe. Aucun de nous deux ne pourra avoir l'esprit tranquille. Cependant, j'espère bien pouvoir arracher un rire à l'Indienne. Et à ma propre personne, si cela est possible...
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Nahima



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Mer 17 Mar - 22:10

Anikeï reprit la parole une fois son repas terminé. Pendant ce temps là, Nahima avait sagement attendu, perdue dans ses pensées. Il confirma ses craintes en pensant aussi que ce rêve annonçait la mort. Mais la mort de qui ? Elle préférait plutôt mourir que de perdre Anikeï. Mais peut-être se disait-il la même chose. En tout cas, il avait raison. Autant oublier un instant ce funeste présage et profiter du moment présent. Ils étaient de nouveau ensemble !
Nahima profita de cet instant paisible et complice puis s’éloigna du front d’Anikeï tout en hochant la tête.
Elle alla chercher son manteau et celui de son ami. L’air matinal était encore frais à cette époque. Le printemps commençait peu à peu à arriver mais l’hiver ne cédait pas facilement sa place. Elle le lui tendit et tandis qu’il l’enfilait, elle alla chercher son panier ainsi que la petite hache.


-Nous allons avoir besoin de bois. Il en manque, dit-elle en souriant.

Ce genre de tâche pouvait paraître comme une corvée pour certains. Mais Nahima adorait aller en forêt pour y chercher du bois. Ce bois lui permettait tout de même de se chauffer et de se nourrir. Alors pourquoi cela serait-il une corvée ? Surtout que cette fois-ci Anikeï l’accompagnerait.

Ils sortirent de la maisonnette et empruntèrent un petit sentier qui s’était peu à peu créé à force d’y passer. Ils s’engouffrèrent dans les profondeurs de la forêt, là où les sentiers n’existent plus. Il faut se frayer un chemin parmi les broussailles. Au fur et à mesure qu’ils avançaient, Nahima récupérait du petit bois et le mettait dans son panier
.

-Raconte-moi tes aventures Anikeï… Où es tu allé cette fois-ci ?

Ils arrivèrent dans une petite clairière et elle déposa son petit panier qui commençait à se remplir.

-J’avais essayé de te contacter par télépathie, mais je n’ai pas réussi…C’était comme si tu avais disparu.

Elle ne cherchait pas non plus à connaître la vie privée d’Anikeï mais elle s’était réellement inquiétée de cette absence, et elle voulait comprendre pourquoi elle n’était pas arrivée à le contacter, ni à le ressentir.
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Anikeï



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Jeu 18 Mar - 23:47

Finalement, Nahima accepte avec joie ma proposition, et elle s'empare d'un panier pour récolter du bois. C'est une activité qui ne me plaît pas vraiment lorsque la pluie tombe dru et qu'il devient difficile de trouver du bois sec...et de le ramener en l'état. Je préfère me promener sans autre but qu'épier les animaux ou chasser. Mais de temps à autre, flâner dans la forêt peut être agréable. Surtout aux côtés de Nahima, surtout après une aussi longue absence, et quelle absence !...
Sans un mot, nous pénétrons dans la forêt. Le chemin est tracé tout d'abord, par nos allées et venues mais aussi par les bêtes, lapins, sangliers et autres blaireaux. Le soleil fait timidement son apparition à l'horizon, et teinte d'or léger les feuilles trempées de rosée. L'eau de la nuit, la chaleur de la Terre Mère dit-on chez moi, trempe mon pantalon, ruisselle sur mes cheveux à chaque fois que je heurte une branche. Mais j'accueille cette eau avec plaisir, tant elle me semble plus froide et plus pure que la pluie.
Petit à petit, le chemin disparaît. Nous avançons maintenant dans les broussailles épaisses ; les ronciers nous agrippent comme des mains griffues ; les fougères hautes à l'ombre des arbres nous caressent en s'égouttant. Nahima, l'oeil plus expert que le mien dans ce genre de tâche, remplit petit à petit son panier. Je l'aide de temps à autre, essayant, par ma concentration à chercher le petit bois, de chasser les tristes doutes soulevés par son rêve.
Au bout d'un moment, l'Indienne me demande ce qui m'est arrivé, ce que j'ai fait. La question ne me surprend pas, car avec le temps, la jeune femme a fini par passer outre ses règles vis-à-vis des simples connaissances. Néanmoins, lorsqu'elle ajoute qu'elle n'est pas parvenue à me contacter, je sens combien son attente a dû être pénible.
Nous arrivons dans une minuscule clairière, plutôt un large espace entre plusieurs arbres centenaires, entretenu par les animaux. Mon regard glisse sur l'herbe légèrement foulée. J'avais déjà remarqué qu'une biche passait souvent dans les environs, et je me doute que Nahima aussi. Peut-être la croiserons-nous ce matin, et qui sait, accompagné d'un tout jeune faon. Doucement, j'entraîne Nahima à l'abri d'un bosquet et nous nous étendons sur la terre humide, imprégnés de son parfum.
Tout en guettant l'arrivée probable de la biche - après tout, l'aube est encore proche - je me rappelle ces longues journées d'aventures. Elles me laissent un goût un peu amer, de peur mais aussi d'excitation. En y repensant, j'ai le sentiment d'avoir passé une sorte d'épreuve. Qui m'a tout de même mené au bord de la mort... Et puis, il y avait Aarwen aussi...


- J'ai beaucoup voyagé dans les environs de Samroun. J'avais besoin de réfléchir à bien des choses. Mes pas m'ont mené ensuite dans les marais d'Erendil, un lieu maudit où le jour ne se lève guère. Ce fut très pénible de les traverser, et j'ai été aidé en cela par une femme de grande valeur. L'un sans l'autre, tout aurait été plus difficile...

Je laisse planer un silence. Comment tout raconter en quelques mots ? Je sens l'Epée, si proche et pourtant si incompréhensible.

- Ce marais est un lieu de puissante magie, c'est peut-être pour cela que tu ne m'as pas atteint. Et...l'Epée s'est manifestée, d'une manière des plus puissantes et des plus étranges. Elle m'a éprouvé jusqu'à la dernière limite. Mais Tengri soit loué, nous nous en sommes sortis. Puis, Aarwen a repris sa route, moi la mienne. J'ai longtemps marché car ces marais sont bien loin. Et tout cela m'a donné matière a beaucoup songer et à beaucou travailler... Et toi, qu'as-tu fait ?

Machinalement, j'ai porté la main à mon épaule, là où naît le tatouage gravé dans ma chair. Je n'aime pas parler de moi, de mes sentiments. Néanmoins, ce que j'ai vécu était si intense, si violent, que le souvenir est aussi présent dans mon esprit que ce dessin magique dans ma peau. Et qui mieux que Nahima pour partager un peu mon ahurissement ? Aarwen n'y a pas compris grand-chose et tant mieux pour elle. Nous n'avions pas besoin de cela.
Tout en attendant la réponse de la jeune femme, je me couche sur le sol. La biche, circonspecte, passe la tête entre les feuillages. Son regard triste et craintif parcourt la clairière longuement, avant qu'elle ne se décide à avancer avec grâce. Deux grandes oreilles apparaissent à ses côtés, puis le corps entier, d'un brun chaud tacheté de clair, d'un faon encore mal assuré. J'esquisse un léger sourire. De temps à autre, j'aime guetter les animaux, étudier leur vie, sans nécessairement avoir besoin de les abattre. La nature fait partie de moi.
Effrayée peut-être par notre odeur, la biche traverse la clairière d'un bond, dans un scintillement de soleil. Le faon hésite, tremble, croise mon regard semble-t-il, et cette frêle créature est presque touchante. Puis il s'élance à la suite de sa mère.


- Jamais la vie ne s'arrête... je murmure pour moi-même, refréné et rendu aussitôt amer par le rêve de Nahima, par la mission qu'un jour, je devrais accomplir...

[bon, je sais, gros anachronisme, mais j'avais pas d'idées ;-)]
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Nahima



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Ven 19 Mar - 13:58

Nahima comprit pourquoi elle n’avait pu le contacter s’il avait été dans un lieu magique. Elle aimait l’entendre parler, raconter ses aventures. Il ne rentrait pas dans les détails généralement, sauf lorsqu’elle lui demandait de préciser. Mais à chaque fois qu’il revenait, il lui racontait une aventure, toutes aussi intéressantes, effrayantes, et palpitantes les unes que les autres. Certaines de ses aventures rejoignaient celles de Nahima. Ils avaient vécu beaucoup d’expériences ensemble, à commencer par leur rencontre. Depuis, ils en avaient vécu bien d’autres. Quelques fois ils les déclenchaient, en testant leurs capacités spirituelles, en se lançant des défis l’un et l’autre. Mais il arrivait aussi bien souvent que cela leur tombe sur les bras. Une fois par exemple, leur jolie petite maison commença à prendre feu tandis qu’ils étaient à l’extérieur en train d’effectuer diverses tâches. Fort heureusement ils n’étaient pas loin de la rivière, et ils avaient réussi à stopper le feu. Malgré cela, les flammes avaient abîmé toute une façade, et ils avaient été obligés de la consolider.
Bien sûr, il y avait eu aussi toute cette période de guerre entre le groupe des étoiles et le camp de Séphirot. Durant cette période, Nahima s’était proposé de soigner les blessés. Elle était devenue durant plusieurs mois, infirmière de guerre. Cela avait été éprouvant, mais elle était heureuse d’avoir pu sauver la vie de plusieurs personnes.

Ces derniers temps, surtout avec l’hiver, Nahima ne s’était pas beaucoup éloignée de chez elle. Elle était en pleine période de réflexion, de questionnement. Et lorsqu’Anikeï lui revenait avec ses aventures en poches, elle en était heureuse. Cela lui permettait de voyager un peu. Cette fois-ci pourtant, elle sentit qu’il ne s’agissait pas que d’un banal voyage. Ces marais avaient du être une expérience douloureuse mais aussi enrichissante. Il lui parla de son épée, chose qu’il ne mentionnait que très rarement puisque son pouvoir ne se manifestait pas tout le temps. Elle comprenait combien cette expérience était importante aux yeux de son ami. Et puis, il avait aussi fait une rencontre. Lui qui était plutôt du genre solitaire, Nahima fut quelque peu surprise par l’admiration qu’elle ressentie lorsqu’il évoqua cette femme. S’il avait réussi à surmonter cette aventure, c’était aussi grâce à cette femme et elle lui en était reconnaissante, sans même la connaître.

Elle allait lui en demander davantage sur la manifestation du pouvoir de son épée mais il lui demanda à son tour ce qu’elle avait fait durant son absence. Cependant elle ne lui répondit pas tout de suite car ils furent interrompus par une agréable vision. Une biche fit son apparition dans la petite clairière suivie de près par son petit. Nahima sourit. Quel magnifique tableau. Cela fut bref, mais tellement beau. Elle aimait beaucoup observer les animaux. Elle les trouvait vrais, beaux, justes… Ils n’étaient pas aussi compliqués que les humains. L’espace d’un instant elle aurait aimé être à la place de cette biche. Tout était tellement plus simple! Cette maman veillait sur le bien être de son petit, sur leur protection. Elle ne se posait pas toutes ces questions ; pourquoi, comment, qui suis-je, où vais-je ?

Ils restèrent silencieux un instant savourant cette complicité avec la nature. Puis Nahima vint s’allonger aux côtés de son ami, sur le dos. Elle observa la cime des arbres, encore nus pour les feuillus. Mais déjà les premiers bourgeons apparaissaient, la verdure, le printemps seraient bientôt là. Les nuages gris laissaient de temps en temps la place au soleil. Cela faisait un bien fou de sentit cette chaleur sur le visage. Elle ferma un instant les yeux, heureuse. Elle ne comprenait pas certains humains en quête perpétuelle du bonheur alors qu’il était tellement simple à trouver. Etre allongée en forêt, savourant les rayons du soleil aux côtés de son plus grand ami. Que demander de plus ? Soudain elle ouvrit les yeux, un cri perçant familier lui parvenant aux oreilles. Elle ne le voyait pas, mais elle savait que l’aigle n’était pas loin. Cela lui rappela alors son étrange rencontre près de la rivière.


-Tu me demandais ce que j’avais fait pendant ton absence. L’aigle et moi avons fait une rencontre surprenante. J’étais à la rivière en train de laver les vêtements quand un homme arrivé. Il était accompagné d’une petite boule noire….vivante. C’était très étrange. Son nom est Jillian Heep. Je pense que c’est un homme important. J’ai senti une aura particulière. Il est aussi très drôle, dit-elle en souriant en se remémorant la chute dans la rivière de ce Jillian.

Elle aperçu enfin une tâche brune sur le fond bleu du ciel qui tournait au dessus d’eux. Puis elle disparu de nouveau parmi les nuages.

-L’aigle était avec moi. Il était calme. Comme s’il n’avait pas peur de cet homme, qui était pourtant armé.

C’était ce qui l’avait rassuré lorsqu’elle l’avait rencontré.

Puis elle décida de revenir sur l’aventure d’Anikeï.

-Est-ce bien si l’Epée s’est manifestée ? Que s’est-il passé ?
Les oiseaux accompagnaient leur conversation de leur douce mélodie. Lorsque soudain, une fiente vint s’abattre sur Anikeï. Nahima se mit alors à rire, surprise par cette interruption mais aussi amusée par la tête de son ami. Tout en riant, elle vint essuyer la tâche avec sa manche.

-Tu as de la chance. Ca porte bonheur.
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Anikeï



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Sam 20 Mar - 0:25

Nous restons un moment silencieux, tous les deux absorbés par le passage de la biche et de son petit. Puis nous nous étendons sur l'herbe, ne pensant plus au bois, savourant simplement la fraîcheur de l'air, l'or du soleil pleuvant petit à petit à travers les branches parsemées de gros bourgeons d'un vert tendre. Moi aussi, j'ai vu bien des gens poursuivre la joie dans l'argent et la réussite. Mais je sais que les possessions ne rendent pas heureux. La nature, elle, le peut. Comme certains amis chers, chose que je n'aurais pas cru il y a une dizaine d'années... Mais Nahima, Aarwen aussi, m'ont fait comprendre la chance et le caractère unique des rencontres. Et vivre au rythme des saisons auprès de l'Indienne a petit à petit discipliné mon âme. Non pas que je sois devenu docile, mais j'ai simplement appris à la perfection à chercher le calme en moi pour appréhender la vie avec plus de tranquillité. Quand on sait ce qui pèse sur mes épaules...je préfère ne pas y penser et apprendre la sérénité pendant que cela m'est encore permis.
Finalement, Nahima me fait part d'une étrange rencontre avec un homme dénommé Jillian Heep. Ce nom ne me dit rien. D'un autre côté, Samroun est vaste ! Selon l'Indienne, il était accompagné d'une "boule vivante". Je me demande bien à quoi cela peut correspondre ; j'imagine une sorte de boule de neige avec des yeux et je me mets à rire tout seul. J'imagine la scène, Nahima lavant les vêtements à la rivière, et l'homme surgissant là, sa boule vivante courant à ses côtés. J'aime comme Nahima me parle de ses rencontres. Elle voit bien des choses même dans un inconnu. Ce Heep m'apparaît vraiment comme une personne singulière, et Nahima semble avoir passé un bon moment avec lui. Il faut dire aussi que je ne suis pas doté d'un sens de l'humour très développé. Mon domaine, c'est plutôt le cynisme...
Enfin, si cet homme a fait rire l'Indienne, j'ai pour lui un grand respect !

-Est-ce bien si l’Epée s’est manifestée ? Que s’est-il passé ?

Au moment où j'ouvre la bouche pour répondre, bien que je ne sache pas trop par où commencer, un moineau s'envole précipitamment, me gratifiant d'une tache blanche sur l'épaule. J'étouffe un juron. A mes côtés, Nahima éclate de rire et se penche pour gratter la fiente.

- Bonheur ?... Pas pour la lavandière en tout cas ! dis-je en la repoussant doucement pour la taquiner.

Un peu d'eau recueillie dans le creux d'un vieux tronc me sert pour enlever ce petit souvenir. Nahima n'a pas bougé, toujours étendue sous les fougères, et je reste un moment debout à la regarder. Son visage équilibré et gracieux, cette fossette creusée dans sa joue lorsqu'elle sourit. Ses yeux charbonneux, doux et graves, ses cheveux de jais et sa peau cuivrée, la rendant si semblable à ceux de mon peuple. Son corps svelte mais endurant, toujours dissimulé par ces robes de cuir brodées de perles... Elle n'est pas belle à proprement parler, mais la force, le calme, l'harmonie qui se dégagent d'elle charmeraient bien des gens je crois. Je lui dois beaucoup. Et elle, que lui ai-je apporté ?
Je ferme les yeux, me concentre. L'humidité ambiante me facilite la tâche, mais je suis mal à l'aise avec ce don. J'ouvre ma main au-dessus de Nahima et des gouttes d'eau, venues semble-t-il de nulle part, tombent sur son front et la font froncer du nez de la plus amusante façon. J'esquisse un sourire, referme le poing.


- Voilà ce que j'ai appris dans les marais...

Je finis par m'étendre de nouveau à ses côtés, les doigts croisés derrière la nuque. Les yeux clos, je me remémore ce long et pénible voyage.

- Jadis, des elfes vivaient dans les marais. Je suis entré dans un de leurs lieux de culte, attiré par une sensation que je ne peux pas décrire. L'Epée a alors eu une réaction étrange : une grande lumière a baigné l'endroit et six personnages me sont apparus. Ils ressemblaient à des esprits d'elfes, vêtus chacun de vêtements et d'armes différents, mais ce n'étaient pas des fantômes. Ces êtres venaient de l'Epée, ils symbolisaient sa puissance et le cercle que nous avons formé était une sorte...de consécration. Un tatouage est alors apparu sur ma poitrine et les elfes se sont évanouis ou plutôt, ils ont réintégré l'Epée. Depuis, il m'est arrivé d'étranges phénomènes avec l'eau. Je peux l'utiliser, peut-être la faire apparaître, la concentrer, je l'ignore encore réellement...

Je me tais. Je n'ai pas l'habitude de parler autant. Mais surtout, énoncer ces faits me montrent combien ils peuvent être terrifiants, combien l'Epée est une arme destructrice, combien je suis dangereux. Je n'en tire pas d'effroi et n'en ai jamais tiré ou presque, mais Nahima, elle, que pense-t-elle réellement de cela ? Elle m'a toujours considéré comme une personne normale, mais je n'use presque jamais de mes pouvoirs en sa présence. Je ne veux pas l'effrayer. Pourtant, je dois dépasser, et de loin, la conception personnelle qu'elle a de la magie...
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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Sam 20 Mar - 18:14

Anikeï taquina à son tour l’indienne et s’éloigna pour nettoyer la tâche avec un peu d’eau.
Nahima se rallongea alors, le sourire aux lèvres en se remémorant la tête de son ami lorsque l’oiseau lui avait laissé ce cadeau surprise. Cela faisait un moment qu’elle n’avait pas ri… La dernière fois, c’était en compagnie justement de ce Jillian Heep. Cela lui faisait un bien fou. Vivre loin des citadins ne la dérangeait pas, elle n’aimait pas vraiment la foule. Mais elle aimait tout de même la compagnie, surtout celle de ses amis. Amis ? Non, elle n’avait pas vraiment d’amis. Elle n’en avait qu’un. Mais quel ami ! Il ne voudrait pour rien au monde changer cette situation, dans ce monde. Bien sûr, elle rêvait toujours de pouvoir retrouver les siens, ses terres. Cela faisait une dizaine d’années qu’ils lui manquaient. Malgré cela, elle était tout de même heureuse aux côtés d’Anikeï. C’était un homme exceptionnel. Et il le démontrait encore une fois.

Elle le vit du coin de l’œil s’approcher d’elle et tendre la main au dessus de son front. Elle aperçut alors quelques gouttes venir s’écraser sur son visage. Elle en fut surprise et se redressa rapidement pour essuyer l’eau. Au début, elle cru qu’il la faisait marcher. Il avait très bien pu prendre un peu d’eau et la lui verser. Mais elle avait bien vu les gouttes se former, apparaissant au milieu de la paume de sa main. Il vint de nouveau s’étendre près d’elle, et elle se tourna vers lui, son coude à terre, pour porter sa tête. Elle était véritablement intriguée. Et lorsqu’il lui raconta son aventure, elle n’en revenait pas. Elle était vraiment sidérée par cet homme véritablement magique ! Elle savait qu’il avait un don particulier, et ceci depuis leur première rencontre. Mais plus elle le connaissait, et plus elle l’admirait. Elle ne l’admirait pas comme quelqu’un qui admire un prestidigitateur ! Non. Elle le respectait réellement car sa maîtrise était largement supérieure à la sienne. Nahima pouvait ressentir des ondes, ressentir les auras des gens, communiquer avec les esprits, mais jamais elle ne serait capable de prendre telle ou telle apparence, ni même exécuter le centième de ce qu’il était capable. Il se dégageait une telle aura de cet homme ! Tout comme Erwan. La différence entre ces deux hommes était leur nature, leur personnalité, mais ils étaient tous deux des personnes exceptionnelles. Elle lui avait déjà dit. Elle lui avait déjà fait part de ses intuitions, de ses sensations envers lui. Elle ne lui avait jamais dit cependant que quelque fois elle se demandait si elle ne vivait pas avec un esprit pur. Il avait ces capacités des esprits dieux qu’elle entendait dans ses légendes indiennes.


Elle resta un moment à le contempler, fascinée. Il avait un nouveau don. Elle était certaine qu’il allait apprendre à le contrôler très vite. Soudain une réflexion vint s’immiscer. S’il venait d’avoir un nouveau don, il n’y avait pas de sens pour qu’il meure. Alors dans ce cas, ce rêve concernait-il Nahima en réalité ? Avait-elle vu sa propre mort ? Après tout, il ne s’agissait peut-être pas d’une mort, mais seulement d’une séparation. En tout cas, elle voulait s’en convaincre. Elle commençait à comprendre ce rêve et cela ne lui plaisait guère. Mais à bien y réfléchir, elle mourrait de toute façon bien avant Anikeï. Elle ne connaissait pas son âge, mais elle avait remarqué qu’il n’avait pas vieilli depuis leur rencontre, contrairement à elle. Elle ne cherchait pas à comprendre cette étrangeté, elle l’acceptait.

Elle sentait combien il était perturbé par cette expérience, et par cette épée. Lui aussi avait ses mystères, ses questionnements. Elle aurait voulu lui dire combien elle le respectait, combien il était une bonne personne et qu’il était destiné à de grandes choses. Mais elle ne savait comment lui dire. Déjà parler de ses sentiments n’était pas dans sa nature, alors en plus dans une langue qui n’était pas la sienne…
Elle posa alors simplement sa main sur la sienne et ces mots vinrent tout naturellement :


-Je crois en toi Anikeï.

Elle croisa ses yeux vairons, qui effrayaient ou dérangeaient plus d’un, mais qui pour elle, apportait beaucoup de douceur et de sincérité. Elle se redressa alors, pour masquer la gêne qui commençait à l’envahir. Elle n’était pas vraiment douée pour ce genre de chose, et Anikeï non plus. Autant cesser ce moment pourtant agréable, mais aussi embarrassant pour l’indienne.
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Anikeï



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Dim 21 Mar - 16:27

Une fois de plus, ma petite plaisanterie teintée de gravité trouble Nahima. Elle me regarde longuement en silence et je lis dans son regard ce que bien souvent elle m'a dit à demi-mot. Elle ne me craint pas, non, elle m'admire. De n'importe qui d'autre, j'en tirerai de la fierté et même de l'arrogance, car je ne suis pas modeste. Mais de Nahima, ce sentiment me trouble. Je connais mes défauts, ils font partie de moi, et si je les module pour rester agréable à vivre, je ne suis pas enclin à les chasser. L'Indienne a ses propres défauts, certes, pourtant à côté d'elle, je me sens rustre, narcissique et froid. Je n'en tire pas de honte personnellement : mes défauts font partie de moi. Ce qui me gêne, c'est l'admiration qu'a Nahima pour moi alors que je ne la mérite pas. Une personne exceptionnelle ne se mesure pas à la puissance de ses pouvoirs, si bien que je ne peux pas prétendre à ce titre. Je sais combien elle se questionne à mon sujet. J'ai moi-même bien assez à songer. Je sais que le Destin n'a que faire du Bien ou du Mal, mais alors, pourquoi m'accorde-t-il tant de bonheur ? Pourquoi ne me fait-il pas exécuter ma mission ? Bien sûr, user de tous les pouvoirs de l'Epée me tuera, mais n'est-ce pas le principe de l'Apocalypse ? Tout effacer ? Alors, pourquoi attendre ? Et le rêve de Nahima, que peut-il alors bien signifier ? Quel avenir proche m'attend donc, puisque cela ne semble pas d'être de détruire ces tristes mondes ? Qu'est-ce que le Destin me veut, qu'est-ce que je suis sensé exécuter pour attirer ainsi le respect de l'Indienne ? Le Ciel sait que je ne suis pas un saint homme et que je ne veux pas l'être. J'ai le sentiment qu'on se sert de moi sans rien pouvoir contrôler.
Mais à quoi bon penser à cela ? Le rêve de mon amie est encore trouble et l'avenir n'a pas encore de nom. Pourquoi s'inquiéter ?


- Je crois en toi, Anikeï.

- Je n'ai rien en moi qui puisse attirer le respect de mes semblables, je murmure. Pas ton respect.

Cette conversation risque fort de dévier car Nahima n'aime pas exprimer tout ce qu'elle a sur le coeur, et moi je n'ai pas envie d'entrer dans un débat sur ma personnalité. Loyal mais arrogant, narcissique, individualiste et despotique, je suis tout cela et je m'en moque, c'est comme les pouvoirs que j'ai : je ne peux pas m'en débarrasser. Et puis, à l'origine, nous étions partis faire une promenade pour nous détendre...
Je me relève et époussette mon manteau de la terre humide qui s'y est collée. Je ramasse le panier, qui en plus n'est pas encore rempli. Bon prétexte, en vérité. Je fais un signe de tête à l'Indienne, l'invitant à poursuivre notre ramassage.
Nous marchons longtemps encore dans les fourrés, silencieux, de nouveau absorbés par la nature alentour. Cette portion de la forêt est particulièrement touffue et donc peu explorée, mis à part parfois par quelques chasseurs ou d'autres créatures plus étranges. La rivière attire un peu de monde, des voyageurs en général. Mais l'endroit est relativement calme.
Le soleil est déjà bien haut dans le ciel alors que nous débouchons hors de la forêt. Nous avons fait un grand cercle et nous nous retrouvons de l'autre côté de la rivière, bien plus au nord. On perçoit encore son glouglou paisible, mais on ne peut la voir d'ici. Les contreforts des montagnes débutent ici et l'horizon se perd vers le ciel et les pics enneigés. La forêt mal défrichée fait un vaste cercle à peine entrouvert au sud pour rejoindre notre foyer. L'ensemble forme une immense prairie naturelle, vallonnée, tapissée d'herbe douce comme un pelage. Ce paysage me rappelle ma steppe natale et j'ai toujours grand plaisir à le contempler. Je ne suis pas le seul : Külüg, mon fidèle coursier, broute à l'autre extrémité du pré et hennit en nous entendant arriver.
Je pose le panier alourdi de bois sur l'herbe. Nahima n'est pas loin : je l'ai abandonnée quelques instants au ramassage de quelques baies qui nous serviront de déjeuner avant de rejoindre la maison. Assis dans l'herbe, je reste à contempler la prairie. Dans le lointain, j'entrevois un faucon fondre vers le sol et remonter en chandelle, quelque chose remuant entre ses serres. L'aigle, lui, vole haut et n'est qu'un vague point sur le bleu du ciel. On dirait qu'il nous observe sans plus vouloir prendre part aux évènements.
Les sentiments qui me rongent se contredisent sans cesse, plus encore aujourd'hui que d'habitude. La joie et la tristesse, la vie et la mort si proche, tout cela me rend mélancolique et étrangement paisible. Je ferme les yeux. Le vent frais, l'odeur de l'herbe et de la forêt, les pas de Nahima dans mon dos, je concentre tout cela pour calmer mon esprit. Une chanson de mon pays me vient aux lèvres. C'est un chant long, un poème parlant de deux chevaux partis loin de leurs terres. Je n'ai jamais été un excellent chanteur mais je me débrouille et je sais étendre le ton de ma voix du grave à l'aigu dans des temps assez brefs. De toute manière, je ne chante pas pour charmer un auditoire mais pour calmer mon esprit surchauffé et tenter d'absorber toute la paix de ce paysage.

[le chant long est un poème court dont chaque syllabe est ornementée de trilles et de vocalises suivant l'envie et le niveau du chanteur]

*Sur ces montagnes où pousse l'herbe grasse
Mangée par les rennes sauvages
Deux chevaux rouans ont été élevés ensemble.

Attend, jeune frère rouan !
Pourquoi se hâter vers des terres inconnues ?
Attends, aîné rouan !
Pourquoi se presser vers ce pays auquel nous sommes trop habitués ?

La neige de la plaine fondra
Les selles trempées de la sueur des coursiers sècheront
La neige de la montagne fondra
Et les deux destriers rouans communieront avec leur terre natale.*


Je reste immobile, encore emporté par la force du chant. Nul n'arrête le temps et je pressens qu'hélas, ce jour-là finira trop vite. Alors autant en profiter...

(hum désolé, ça manque un peu d'action Wink )
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Nahima



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Jeu 25 Mar - 12:31

(je vais t'en donner moi de l'action!lol)


Nahima était occupée à cueillir quelques baies pour le repas lorsqu’elle entendit un chant s’élever dans les airs. Elle se redressa et tourna la tête vers cette douce mélodie. Certaines intonations lui rappelaient ses propres chants. Anikeï et l’indienne avaient un gros point en commun : ils venaient tous deux de peuples nomades vivant en harmonie avec la nature. Leurs cultures pouvaient paraître différentes, mais elles étaient en réalité très proches. Elle ne comprit pas toutes les paroles, mais elle se laissa portée par ce chant, le regard perdu vers l’horizon.
Elle resta à l’écart d’Anikeï pour le laisser communiquer avec ce paysage, cette sublime nature qu’ils aimaient tant. Les nuages s’étaient dissipés, laissant place à un merveilleux ciel bleu orné d’un soleil chaleureux. L’air s’était quelque peu réchauffé même si ce n’était pas encore les hautes températures. Sur le vaste tapis vert, on pouvait apercevoir les premières fleurs de printemps. Quel délice de découvrir de la couleur après l’hiver si gris. Nahima n’aimait pas cette période. Elle n’y était pas habituée. Chaque année elle priait pour que le printemps revienne vite. Le vent caressant son visage, elle se sentait revivre après une dure période.

Les heures s’étaient écoulées depuis leur départ. Mais Nahima n’était pas du genre à faire attention au temps. Elle profitait de ces moments partagés avec Anikeï, ces instants de bonheur.

Soudain, un bruit sourd vint déchirer le silence apaisant. Elle reconnu aisément ce son qui lui faisait hérisser les cheveux. Il y avait des chasseurs en forêt. Ils venaient surement d’abattre un pauvre animal. Elle se retourna vivement vers la forêt, horrifiée. Elle détestait ces chasseurs irrespectueux envers la nature. Son peuple aussi chassait, mais il ne prenait que ce dont ils avaient besoin pour vivre, et remerciait l’esprit de l’animal de leur permettre de vivre. Les chasseurs d’ici se contentaient seulement de tuer ! Ils aimaient tuer. C’était un jeu pour eux, même s’ils se nourrissaient aussi de la viande récupérée. Un deuxième coup de feu retentit. Elle n’hésita pas une seconde de plus. Nahima laissa tomber à terre les baies qu’elle venait de ramasser et s’élança de nouveau à travers la forêt pour les empêcher de tuer encore et encore. Elle ne comprenait pas que l’on puisse faire souffrir un animal pour le plaisir. Elle les avait déjà vu faire. Ces chasseurs étaient des barbares cruels. La dernière fois, elle était restée cachée parmi les buissons, horrifiée. Mais aujourd’hui, elle n’allait pas les laisser faire ! Elle courrait à perdre haleine, à la fois révoltée mais aussi apeurée de ce qu’elle allait découvrir. Un troisième coup retentit, cette fois-ci plus près. Elle se rapprochait et dévia quelque peu sa direction, en fonction du son. Elle retrouva rapidement les traces des chasseurs. Ils n’étaient pas très doués pour ne pas laisser de traces ! Ils se croyaient tellement invincibles avec leurs maudites armes à feu ! Elle sentait l’odeur âcre de la poudre. Elle décidé de ralentir son allure, elle se rapprochait. Elle s’immobilisa un instant pour reprendre son souffle et écouter. L’indienne perçue des voix d’hommes ravis. Elle se rapprocha lentement, tel un félin, se camouflant parmi la végétation. Elle laissa son manteau, trop encombrant pour passer inaperçue et se rapprocha davantage pour venir se tapir au sol et observer. Elle pouvait voir trois chasseurs, tous armés. Ah non, il y en avait quatre, le quatrième étant un jeune homme, plus proche de l’enfance que de l’adolescence. Elle ne pouvait voir l’animal car ils lui cachaient la vue. L’odeur du sang frais et celui de la poudre lui soulevait le cœur. Ce n’était pas tant le sang qui la dégoutait mais cet acte de barbarie.

Elle fut horrifiée lorsqu’elle découvrit la biche qu’ils avaient croisés gisant à terre, le sang s’écoulant sur le tapis feuillus de la forêt. Elle pensa alors de suite à son enfant. Ou était passé le faon ? L’avait-il abattu aussi ? L’un des chasseurs eu une envie pressante et s’éloigna pour soulager son besoin. Mais en s’éloignant, il fit peur au petit faon qui s’était tapis dans les fourrés pour se protéger. Tout se passa alors très vite. Le jeune cervidé bondit par-dessus les branchages et se mit à déguerpir tandis qu’un chasseur le mettait en joue. Nahima se releva d’un bond criant contre cet acte immoral mais il était trop tard. Le petit s’effondrait déjà au sol. Elle ignora le groupe d’hommes, sidérés de voir une femme typée sortir de la végétation forestière, et accourra vers le petit. Ce dernier hurlait à vous déchirer le cœur. Elle vint s’agenouiller près de lui et constata la blessure béante, mortelle. Elle lui caressa la tête, lui murmurant des mots doux pour l’apaiser. La respiration haletante du faon se fit plus lente, pour s’évanouir complètement. Le regard apeuré du petit devint sans vie. L’indienne comprit alors que son esprit venait de quitter son corps. Elle vint toucher son front contre le torse du faon, laissant couler ses larmes, et priant pour qu’il repose désormais en paix.

Une fois chose faite, elle se redressa lentement pour faire face à ces tueurs. Elle lâcha sa fureur dans sa langue natale tout en montrant le petit faon.
Les chasseurs n’y comprenant rien crièrent après elle, pour tenter de la calmer. Comme ce n’était pas le cas, ils la mirent en joue. Stupéfaite par ce comportement, elle stoppa net.


-Ah ba voilà ! Un peu de silence !
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Anikeï



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Mar 30 Mar - 23:02

[ouais, on va voir ce que je trouve avec ça lol! ]

Je reste immobile, apaisé pour le moment, l'esprit plus léger après mon chant. Dans mon dos, Nahima continue de ramasser des baies. Je m'étends sur l'herbe, me laissant aller au repos, peu soucieux de l'heure.
Soudain, la détonation d'une arme à feu résonne longuement dans la vallée. Un groupe de corbeaux s'envole en croassant. Je me retourne vivement, bondissant sur mes pieds. Au second coup de feu, j'entrevois la silhouette de Nahima se précipiter vers la forêt. Je n'hésite pas longtemps et me lance à sa suite. L'Indienne déteste les chasseurs autant que moi et elle se met rarement en colère. J'ai peur pourtant qu'elle fasse une bêtise. Ces gens sont si bêtes !
Je la poursuit à travers les fourrés, guidé à la fois par les feuilles courbées par son manteau et par la direction du bruit. Je manque de glisser sur sa veste de cuir, qu'elle a abandonné sur le chemin. Je voudrais l'appeler mais à quoi bon ? Nahima sait se montrer têtue et très déterminée. Un dernier coup de feu me fait dresser les cheveux sur la tête. Ces gens sont si obnubilés par la chasse que le moindre bruit dans les fourrés les font dégainer et tirer...
Je chasse ces sombres pensées de mon esprit et je continue ma course, silencieux. Nahima est heureusement bien vivante, car j'entends ses remontrances adressées aux chasseurs dans sa langue natale et j'entrevois son ombre projetée sur un arbre. Je me tapis derrière un bosquet de fougères. La jeune femme est dressée devant quatre hommes, ferme et furieuse. La froideur de son expression, son corps planté là comme un roc malgré sa finesse soulignée par la robe, jamais tant qu'à ce moment elle ne me rappelle les femmes de mon pays. Mais le bucolique de cette situation est vite chassé lorsque je vois le petit faon mort, gisant non loin de sa mère. La rage me gagne. J'aime la chasse, bien sûr. Surtout celle des prédateurs, où l'homme est parfois l'égal de la bête. Mais nous ne tuons jamais plus qu'il ne le faut pour protéger nos troupeaux ou nous nourrir. Nous savons que l'équilibre dans la nature est précaire et que le respecter conditionne notre propre survie. Et puis, nous utilisons tout ce que nous pouvons sur les bêtes que nous abattons. Fourrure, bois, os, viande, panse... Ces gens, eux, ne chassent que pour le plaisir de prendre la vie et d'exposer les plus beaux trophées.
Alors, lorsque je les vois braquer leurs fusils sur Nahima, ma colère atteint son paroxysme. Qui sont-ils donc pour mettre en joue une femme désarmée ? Je me tapis un peu plus dans l'ombre, examinant ces rustauds avant d'agir. Le premier, le plus proche de Nahima, est grand et athlétique, vêtu de vert sombre mais dans des vêtements de bonne facture. Il me semble voir un blason ou quelque chose de ce genre sur son arme. Il est accompagné d'un colosse carré d'épaules, peut-être son coéquipier, et d'un autre homme, lui aussi bien habillé, arborant un chapeau piqué d'une plume, mais paraissant plus effacé. Enfin, un dernier homme, un gamin plutôt, se tient derrière eux, son regard fixant l'Indienne avec surprise et crainte. Le fusil semble trop grand pour ses mains. A sa mine, je devine qu'il doit être le fils ou le neveu de l'homme au chapeau.
Ainsi donc, voilà ce que ces hommes viennent faire : une initiation à l'abattage aveugle !

- Ah ba voilà, un peu de silence ! lâche l'homme en kaki.

Sans crier gare, je me dresse devant eux. L'espace d'un instant, les fusils convergent vers moi. Après la surprise, je lis dans les yeux du colosse une sorte d'ironie bestiale.


- Ah, je les reconnais. Ce sont les espèces d'originaux qui vivent près de la forêt, un albinos hargneux et sa bonne femme. Ils parlent aux animaux, ricane-t-il en me fixant avec goguenardise.

La rage bouillonne en moi mais depuis le temps, j'ai appris à contrôler mes émotions, ou du moins à les canaliser. Je ne dois pas m'emporter. Je ne dois pas me mettre à leur niveau. Je viens me placer près de Nahima, défiant.


- Quel genre d'homme êtes-vous donc pour braquer vos armes sur une femme ?

- Il fallait bien qu'elle se taise, réplique l'homme en kaki avec un geste agacé. Elle est arrivée comme un animal sort des fourrés et s'est mise à parler dans une langue bizarre en nous voyant tirer sur cette bête. A vrai dire, nous n'avons pas très bien saisi ce qu'elle voulait.

L'homme hausse les épaules et fait un geste avec le canon de son fusil, signifiant qu'il a bien envie que nous partions afin de poursuivre la chasse. Il a dans son regard la lassitude indolente de ceux qui obtiennent ce qu'ils veulent. S'il croit que je vais le contenter... Les bras croisés, je n'esquisse pas un geste et je soutiens le regard de chacun d'eux.

- Je n'ai pas entendu le discours de Nahima, mais je peux vous en faire un résumé. Elle a dit de vous que vous étiez des blasphémateurs, des mauvais esprits, et comme je suis d'accord avec elle, j'ajouterai que vous n'êtes que d'immondes pourceaux.

La dureté de mes propos les fige un instant dans leur ébahissement. Je profite de cet instant de silence pour continuer ma diatribe, maîtrisant ma voix, immobile et les traits figés.

- Voyez ce que vous avez fait ! Et vous n'en rougissez pas ! Vous traiter de pourceaux, c'est encore vous complimenter. Vous êtes tombés plus bas que des bêtes en tuant sans raison ainsi, en massacrant sans vergogne une femelle et un petit. Vous n'avez pas d'humanité en vous, tout aveuglés que vous êtes par votre arrogance stupide.

A mes côtés, Nahima partage mes émotions. Face à moi, les trois hommes écument de rage et le plus costaud d'entre eux semble sur le point de se ruer sur moi. J'ai grande envie de faire de même, mais ce serait tomber trop bas. Mon calme les enragera d'avantage. L'homme en kaki est le premier à parler, avec la colère de l'orgueil blessé.

- Cette forêt est sur mes terres ! J'en fais ce que bon me semble !

Je crois me souvenir en effet qu'au temps des rois, une partie de la forêt appartenait à un seigneur. Mais maintenant, Samroun n'a plus que faire de ces gens. De toute façon, cette conception de seigneuries est totalement idiote à mes yeux, et encore plus ceux qui se font appeler "seigneurs".

- Cette forêt ne vous appartient pas. Elle existait avant que le premier de votre maison ne naisse, avant même qu'un homme n'ait l'idée de bâtir le moindre hameau ici. Rien n'est à nous, nous ne sommes que des hôtes de passage, et on ne pille pas celui qui nous accueille !

La réaction est immédiate et me fait sourire intérieurement car elle signe ma victoire. Le colosse m'empoigne le col, m'étranglant à demi. Les deux nobliaux me toisent avec un mépris blessé, cachant la déconvenue que je viens de leur infliger. Leur regard montre combien ils me voient comme un fou, pire caricature que celle faite par leur garde-chasse.

- Sais-tu seulement qui nous sommes, misérable bâtard ? rugit l'homme en kaki.

- Fussiez-vous les rois de ce monde que je n'aurais pas parlé différemment. Ni la richesse, ni les titres ne vous sauveront à nous yeux d'une telle humiliation.

Le garde-chasse - ou bien son maître ? - perd contenance et va pour m'envoyer son poing en pleine figure. Ma botte trouve plus prestement son entrejambe, et le colosse finit à genoux, les mains plaquées sur ce qu'il a de plus cher. Mais ma victoire suprême, c'est le jeune garçon qui me la donne, en étouffant maladroitement un rire. Je croise son regard alors qu'il rougit et lui fait un imperceptible clin d'oeil. On peut encore tirer quelque chose de lui, tout mal à l'aise qu'il semble. Le nobliau, laissant libre court à sa colère, pointe un doigt accusateur sur moi.

- Prenez garde à vous, rustauds ! Vous me le paierez et vous demanderez grâce !

Puis, sans rien ajouter, les quatre chasseurs font demi-tour et disparaissent sans discrétion, laissant là les corps de la biche et du faon. Je les maudis dans ma langue, pourtant je sens que les menaces de l'homme en vert ne sont pas vaines. Mais à quoi bon y penser ? Qu'il vienne, et je l'accueillerai à ma façon !
Mon regard tombe alors sur des traces que je n'avais pas vues. Serait-ce celles du faon mort ? Je les suis à pas vifs, encore fou de rage et mettant tout en oeuvre pour me calmer. Le spectacle que je découvre un peu plus loin est aussi sinistre que celui que je viens de quitter. Les biches se déplacent parfois à plusieurs et celle que nous avions aperçue faisait la douloureuse erreur de rejoindre une semblable...qui gît elle aussi dans son sang. A ses mamelles encore tendues, je devine qu'elle avait un petit, elle aussi. Est-il mort ou a-t-il eu plus de chance ?

- Maudits soyez-vous, chiens galeux ! je siffle en battant les fourrés.

Soudain, une petite tête brune jaillit sous mes pas et tente de s'enfuir. Le faon s'est blotti sur le sol, comme son instinct le lui a appris. Mais il ne va pas loin : une blessure lui entaille sévèrement le poitrail et le fait tomber. Son regard est terrifié lorsque je me penche vers lui. Lentement, je le caresse, essayant de le calmer comme on le fait des chevaux, en répétant inlassablement le même mot roulé au fond de la gorge. Il m'attendrit en me rappelant un poulain orphelin que j'avais élevé au biberon étant jeune ; il était puissant et rapide mais une mauvaise chute l'empêcha de faire la moindre course. Peut-être aurai-je plus de chance avec ce petit ?
Je débite deux longues cordelettes d'aubier et j'en attache les pattes du faon blessé avant de le prendre en travers de mes épaules. Il se débat un peu mais finit par renoncer, épuisé.
Je rejoins Nahima, encore fou de colère. Nous n'échangeons qu'un regard mais nous reprenons la route de la maison, emportant baies et bois en même temps. La bêtise et l'irrespect ont hélas encore de beaux jours devant eux.


- Au fait, ta jument rousse, la compagne de Külüg, a-t-elle pouliné ? dis-je d'un ton encore lourd de fureur en voyant mon cheval accourir.

Il est vrai que la jument de Nahima, que nous avions emprunté en même temps que mon étalon, était pleine lorsque je suis parti. Et parler de chevaux me calmera. Néanmoins, je reste furieux et amer que cette journée se termine si mal. Les menaces de l'homme me restent aussi en tête. Ne peut-on donc pas vivre une journée de bonheur ?


[je me suis lâché, hum c'est ma période Anikeï Ami de la Nature lool, si ça te convient pas, je changerai]
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Nahima



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Sam 1 Mai - 14:19

Tout se passa tellement vite et pourtant Nahima cru ne jamais se sortir de cette situation ! Anikeï s’était interposé mais les chasseurs ne se laissèrent pas faire. La tension avait été à son comble. Ils étaient tout de même armés ! La colère et la peur s’étaient entremêlées. Heureusement qu’Anikeï était intervenu. Et il avait réussi à leur donner une leçon. Ils étaient donc sains et saufs. Malheureusement ce n’était pas le cas de tout le monde. Le mal était fait. Les chasseurs enfin partis, Nahima pu se recueillir devant les corps sans vie des biches. Elle pria pour calmer les esprits des animaux afin qu’ils repartent en paix. Ces pauvres biches et le petit faon n’avaient rien demandé, n’avait rien fait. Ils avaient seulement été au mauvais endroit, au mauvais moment. Quelle bande de rustres ! L’indignation était toujours présente même si la colère s’était quelque peu apaisée. Elle espérait seulement que les esprits partiraient apaisés.

Une fois sa prière terminée, elle remarqua un autre petit faon dans les bras d’Anikeï. Il était en train de le rassurer. Cette vision fit chaud au cœur à notre indienne. Ce petit était lui aussi sain et sauf. Ainsi donc, leur intervention n’avait pas été vaine ! Ils avaient sauvé ce petit être fragile. La colère de Nahima disparue aussitôt. Elle était certes triste pour les autres animaux, mais les esprits leur confiaient le petit faon. Elle était donc certaine qu’ils repartaient apaisés.
Anikeï prit le faon sur ses épaules et échangea un bref regard avec Nahima avant de reprendre le chemin de la maison. Elle sentait qu’il était toujours en colère. Ces chasseurs méritaient d’être punis, mais elle était certaine que l’âme de la forêt ne les laisserait pas sans punition. Elle repensa au jeune garçon, embarqué dans cette chasse. Il n’avait pas l’air d’adhérer aux méthodes des adultes mais que pouvait-il dire ? Elle espérait qu’il resterait tel qu’il est et qu’il ne devienne pas comme ces misérables.

Anikeï engagea la conversation, surement pour se changer les idées. Nahima sourit en pensant au poulain nouveau né. Il était tellement attendrissant et amusant.


-Oui. C’est un jeune mâle en parfaite santé. Tout s’est très bien passé. Elle s’est débrouillée comme une chef. Il ressemble beaucoup à son père.

Le petit faon commençait à s’endormir bercé par les pas d’Anikeï.

-Allons les voir… proposa Nahima.

Ils firent un petit détour et arrivèrent au pré de la jument. Enfin le mot pré n’est pas le terme exact puisqu’il n’y avait pas de barrières ni d’enclos. Les chevaux étaient libres et généralement ils n’allaient jamais bien loin de la maison. Ils les aperçurent au loin, la jument broutant l’herbe, son petit couché près d’elle.
Ils avancèrent tranquillement vers eux. Nahima émis un petit cri pour appeler sa jument. Cette dernière se redressa et pointa ses oreilles vers les arrivants. Le petit aussi se redressa et regarda dans la même direction de sa mère. La jument à la robe baie s’avança elle aussi d’un pas tranquille vers les humains. Le poulain se dressa alors sur ses frêles jambes et la suivie en trottinant.

Nahima vint caresser la tête de Sakari dont le nom signifiait la douce. Le petit restait un peu en retrait, impressionné de voir autant de personnes étranges.
Elle lui murmura de doux mots pour la saluer. Elle lui flatta l’encolure tout en observant le petit.


-Il est beau. Il faut aussi lui trouver un nom…
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Anikeï



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Lun 24 Mai - 20:26

Notre colère à tous deux n'aurait pu s'éteindre si vite face à tant de stupidité et de méchanceté gratuite. Enfin, nous avons tout de même sauvé un petit faon. Quant à la jument de Nahima, elle a pouliné, me dit-elle, peu de temps avant mon retour. La rage s'estompe un peu plus. La naissance d'un poulain m'a toujours apporté une grande joie, tout comme le plaisir de gagner sa confiance et de le dresser.
Nous regagnons notre maison dans l'or du soir et, au sifflet de Nahima, nos montures arrivent au galop. Külüg tout d'abord, qui s'arrête à quelque distance, observateur tranquille, et Sakari, la belle et élégante jument baie de l'Indienne...suivie par un poulain nouveau-né encore tremblant sur ses jambes frêles ! Nahima a précisé qu'il ressemblait beaucoup à mon étalon. Et il est vrai que son allure, son front large, sa croupe déjà puissante rappellent son père. Lentement, piqué par la curiosité, il s'approche avec sa mère et pendant que Nahima flatte Sakari, je dépose prudemment le faon au sol et j'examine le poulain, tendant la main vers lui. Effrayé, il s'éloigne tout d'abord, mais lorsqu'il comprend qu'il n'a rien à craindre, il revient sentir mes doigts, les pousser du nez puis les lécher. Il a de grands yeux vifs comme ceux qu'un aigle, de longues oreilles douces et des sabots ronds et noirs comme les galets. Ses membres sont déjà bien formés et puissants. Ce sera une bonne monture et un bon étalon. Sa robe, toutefois, n'est pas noire comme celle de son père mais souris. Ses poils blancs, tantôt entrecoupés de noir, tantôt simplement clairs lui donnent une robe pommelée alors que ses crins et ses jambes sont noirs, comme tachés de suie.
Nahima suggère alors de lui donner un nom. Je souris. C'est étrange, cette manie que de nommer les bêtes, malgré toute l'affection qu'on leur porte. Je n'ai jamais réussi à m'y habituer.


- Pourquoi pas Isü ? Ses jambes et ses crins semblent tachés de suie. Il est très beau et sera sans doute un très bon cheval.

En soi, ce nom n'en est pas un, puisqu'il veut simplement dire "noir de suie". J'aurais pu l'appeler "yeux d'aigle" ou "gris comme la première neige" car nous avons des mots pour dire tout cela. Mais Isü sonne bien pour lui.
Les cris malheureux du petit faon effraient le poulain et me rappellent à la réalité. Sakari s'éloigne aussitôt, méfiante. Pourrait-elle accepter d'allaiter ce petit en plus du sien ? En tout cas, le faon a besoin de soins. Pendant que Nahima continue de s'occuper des chevaux, je ramène le faon près de la maison et nettoie ses blessures. Trop fatigué, il se débat à peine. Heureusement, il me reste suffisamment d'onguent pour en étaler sur ses plaies. Une aiguille chauffée à blanc et du gros fil me servent à recoudre grossièrement la plaie causée par la balle. Alors seulement, je dénoue mes entraves d'aubier. Le faon se lève et vacille avant de retomber. Si je dois tenter une adoption par Sakari, ce sera demain matin. En attendant, le petit doit bien manger ! Profitant que Nahima tient toujours la jument, je rentre à la maison me munir d'un grand bol et je m'accroupis entre les jambes de la jument.


- Tu as un frère de lait, Isü, il va te falloir partager !

Donne ton lait, ton lait blanc, ô Mère !
Gürüj, gürüj, gürüj !


Sakari se laisse sagement faire. Le lait, versé dans une outre fermée par une petite corne percée, fait office de biberon. Et me voilà père d'un bébé faon qui, blotti entre mes bras, tète à grandes lampées le lait de la jument. Ragaillardi, il se redresse et va renifler le poulain qui se méfie et s'éloigne en courant.
Nous ramenons nos baies et notre bois à la maison. Alors que Nahima s'affaire au repas, je mets un peu d'ordre dans mes affaires. Lorsque le soleil disparaît à l'horizon, un pleur triste nous fait tendre l'oreille. Avec surprise, je découvre le faon, gémissant à la porte. Décidément, mon rôle de parent va croissant ! Je le fais entrer et en quelques minutes j'inculque à la bête fatiguée la notion de panier : voilà le faon enfoui sous de vieilles couvertures tout près du foyer. Je ne peux m'empêcher de sourire.
Pourtant, quand le silence de la nuit retombe, que la fatigue et les émotions rejaillissent, un vieux souvenir me revient en tête : la malédiction lancée sur mes pas après que j'aie quitté Troy et ses ennuis. L'Empreinte des Ombres ou une chose de ce genre. Qu'est-ce que cela peut bien signifier ? Quelque chose comme le "mauvais oeil" ? Je ne sais pas quoi en penser. Suis-je désormais un porte-malheur, une bombe à retardement ? Suis-je en train de mettre Nahima en danger ? Le parallèle avec le rêve revient, saisissant. Que faire ? Dois-je m'en ouvrir à l'Indienne ? Peut-être saura-t-elle mieux que moi ce que je dois faire. Les esprits sont ses alliés.
Néanmoins, pendant que la nuit s'installe, je cherche un morceau d'os abandonné dans les cendres du foyer et je le gratte avec ardeur. Une bonne demi-heure plus tard, je tiens entre mes doigts la silhouette esquissée d'une chouette aux ailes déployées. Peut-être me protégera-t-elle contre les mauvais esprits... Mais pour cela, il faudrait peut-être la bénir. Lentement, je regarde de nouveau Nahima. Je n'ai jamais aimé me plaindre ou montrer mes souffrances, mais je ne peux pas la laisser à l'écart de cette histoire.


- Je dois te dire... Pendant mon absence, j'ai aidé un exorciste à se battre contre un démon. Mais l'esprit s'est échappé et je pense qu'il m'a affublé d'une malédiction dont j'ignore tout. Le danger rôde peut-être autour de moi et je ne veux pas que tu coures de risque. Tu t'y entends mieux que moi au sujet des esprits, dis-moi ce que je dois faire ! Je crains que cette chouette en talisman ne saurait suffire...

*Ce n'est pas que j'aie peur de l'affrontement, mais je ne veux pas te perdre par ma faute...*
je songe, sans trop savoir si je l'ai dit à voix haute et si Nahima m'a entendu.
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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Dim 1 Aoû - 12:31

Le repas terminé, Nahima était assise près du feu, observant le petit faon dormir paisiblement. Ce fut une bonne journée malgré le réveil brutal et l'incident dans la forêt. Ces mauvais souvenirs étaient écrasés par les bons : le retour d'Anikeï, le sauvetage du faon, la visite aux chevaux... Nahima désirait depuis toujours un foyer, une famille... Mais au fond, n'était-elle pas comblée? Lorsqu'elle était en compagnie d'Anikeï, de leur chevaux et du faon, cela pouvait paraître fou, mais il lui avait semblé qu'elle avait bel et bien une famille. Ce n'était pas ainsi qu'elle l'avait imaginé, mais peu importe. Ce soir, elle était heureuse. Son regard se perdit dans la danse des flammes de la cheminée. Tout était calme. Nahima aimait la nuit pour cette sérénité. Seul le crépitement du feu et la respiration régulière du faon se faisait entendre. De temps en temps, le cri d'une chouette hulotte s'ajoutait à cette douce symphonie.

Anikeï finit par la sortir de cet état de bien-être...Lorsqu'il raconta son aventure et lui confia son inquiétude, Nahima fronça les sourcils. Les malédictions n'étaient pas un sujet à prendre à la légère. Ce qu'elle entend ensuite la trouble... Avait-elle bien entendu? C'était la première fois qu'Anikeï se confiait autant. Ou alors, peut-être l'avait-elle entendu dans son esprit? Elle se sentit rougir mais celà lui fit chaud au coeur.
Mais elle revint vite au soucis de son compagnon. Décidemment, il avait le don de se mettre dans des affaires incroyables.


-Tu connais le nom de cet esprit malin? demanda-t-elle en tournant la tête vers Anikeï.

Nahima ne pouvait rien faire si elle n'avait pas d'informations concernant ce démon. Elle se leva et alla préparer une infusion à la camomille et au miel. Elle vint poser le miel près d'Anikeï et posa l'eau sur le feu tout en réfléchissant aux moyens de protection. Elle pouvait toujours demander l'aide aux esprits mais il lui fallait toujours un nom.

Soudain le faon se réveilla, tendant l'oreille... Qu'avait-il entendu? Avait-il rêvé? Mais il tourna la tête vers la fenêtre et Nahima vit une ombre. Il y avait quelqu'un dehors. soudain la fenêtre éclata en morceau précédé d'une détonation... Une balle venait de traverser la fenêtre. Nahima reçu quelques éclats de verre mais il n'y avait rien d'alarmant. Cependant, elle s'accroupit pour se protéger. Le faon, apeuré, se mit à crier. Tout à coup, plusieurs rondins de bois enflammés furent envoyés à l'intérieur...Des flammes! Cette personne était en train de mettre le feu à leur maison! Peut-être étaient-ils même plusieurs?! L'indienne alla rapidemment chercher des couvertures pour étouffer le feu mais d'autres rondins arrivaient. Et dès qu'elle était dans l'axe de la fenêtre, les balles filaient près d'elle. Peu à peu les flammes prirent de l'ampleur. Il fallait sortir!
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Anikeï



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Sam 18 Sep - 22:43

[désolé du retard ! J'ai bossé tout le mois d'août et l'inspiration est longue à revenir Wink]

Nahima accueille ma question avec surprise. Elle rosit brièvement et je suis gêné à mon tour, comprenant que j'ai dû parler à haute voix quelques secondes auparavant. Bien vite cependant, l'Indienne redevient soucieuse et sérieuse. Je sais que mon problème est bien plus épineux qu'il n'y paraît. Les gens de mon pays sont familiers des esprits. Mais est-ce vraiment un esprit qu'on a dirigé contre moi ? Je tourne et retourne la chouette en os entre mes doigts. Nahima fouille dans son sac, en tire de la camomille et du miel. Malgré le bruit qu'elle fait en posant une bouilloire sur les braises, le faon continue de dormir en laissant échapper un petit ronflement de temps à autre. Je la regarde faire, de nouveau plongé dans une horrible agitation intérieure. Quel droit a-t-on pour troubler ma tranquillité, et la sienne surtout ? Je sais quelle est ma destinée, plus sûre et plus pesante que cette malédiction qu'on m'a lancée, mais Nahima n'a pas à en pâtir !
J'inspire profondément. La colère ne m'apportera rien de bon.


- Une histoire d'Empreinte des Ombres je crois. Un pressentiment. Je n'ai pas entendu le jeteur de sorts m'envoûter.

Le faon s'assoit brutalement dans son panier en reniflant de peur, le poil dressé. Alors que je vais bondir sur mes pieds, la fenêtre explose et une balle se fiche dans le mur d'en face. Pas un cri, seulement des tisons qui jaillissent soudain et roulent sur le sol. Avivé par du naphte, le feu lèche les murs et commence à embraser peaux et tissus. Sans réfléchir, Nahima se jette sur le brasier, essayant de l'étouffer avec ce qui lui tombe sous la main. Je la rejoins en rampant sous le niveau de la fenêtre, où l'agresseur continue de tirer entre deux lancers de brandons. Je retire mon manteau et tente moi aussi d'étouffer les flammes. Dans mon dos, le faon pleure désespérément. Ce ne sera pas son jour de chance, ni le nôtre d'ailleurs. Ma fureur revient, intacte, et ravie d'avoir un objet concret sur qui se déverser.

[hrp : Anikeï est torse nu, il arbore une marque sombre entre ses omoplates mais ne l'a pas vue, c'est l'Empreinte]

Mais bien vite, les flammes gagnent du terrain, enhardies par les tissus trempés d'huile que notre assaillant lance dans notre demeure. La fumée pique les yeux. Inutile de chercher l'Epée : elle viendra d'elle-même. Je me rue de l'autre côté de la maison et ouvre la porte arrière sans sortir. Personne de ce côté-ci.

- Viens Nahima ! File dans le bois ! Je te rejoins...

Je ne laisserai personne porter atteinte aux maigres biens que j'ai, et encore moins à la vie de ma meilleure amie ! Toujours torse nu, je me glisse dans les ténèbres. Je fais le tour de la maison en flammes en silence - mon don sur l'eau est trop faible pour l'instant - et j'observe notre ennemi. Il a l'air seul mais je sais qu'il ne faut pas en préjuger. C'est pourtant par lui que je vais commencer. Je me glisse dans son dos et je lui brise le cou d'une torsion de poignet. Un pressentiment. Je me retourne, le corps me faisant un bouclier, et la balle fore le crâne de ma victime, m'éclaboussant de sang. Je continue à avancer, le cadavre comme armure. Des ombres sortent des taillis. Des hommes armés, vêtus de sombre. Je souris avec froideur, découvrant mes dents comme un loup ses crocs. Je n'ai pas envie d'être clément.
Je tends la main. L'Epée y prend sa place, comme si je venais de la dégainer, le manche tiède mais la lame rendue brûlante par les flammes. Le tireur n'a pas le temps de recharger : sa tête roule au sol. Les autres rampent dans les ombres, me guettent, se cachent. En garde, je cherche Nahima du regard, le coeur battant. Un cheval hennit dans la nuit, effrayé, déchirant. Le duel reprend. Qui que sont ces hommes, ils ne sont rien à côté des créatures du marais maudit. Je les écrase un à un. J'attrape le dernier encore vivant par la gorge et je l'oblige à me faire face. Curieusement, il ne semble pas plus effrayé que ça.


- Qui vous envoie, chiens galeux ?

Comme il ne répond pas, je ne m'embarrasse pas de délicatesse : le tatouage du Destin scintille légèrement sur mon torse ; je plonge dans l'esprit de l'homme avec brutalité, violant son intimité la plus profonde. Ses yeux s'arrondissent de terreur. Je ne l'interroge même plus, je fouille, je cherche et la folie s'installe dans son regard. Il y a l'image du noble de tout à l'heure, celui qui aurait tué Nahima comme une biche. Rien d'autre. Mais j'ai comme l'impression que ce n'est pas tout. Je poignarde l'homme sans remords et abandonne son cadavre.
Silence. Hormis le bruit de notre modeste maison, ce foyer de bonheur, qui flambe et jette des lueurs sanglantes sur le paysage enténébré. La forêt n'en paraît que plus sombre, plus menaçante. J'ai l'impression que ce n'est pas fini. Je siffle Külüg, qui arrive au galop. Je bondis sur son dos et parcours les alentours avec prudence, l'Epée au clair.


- Nahima ?

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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Mer 13 Oct - 20:01

Rapidement, Anikeï vint prêter main forte à l’indienne pour tenter de maîtriser le feu. Malheureusement, ils avaient beau faire, le feu continuait de se propager. Ils étaient pris au piège.
Anikeï décida d’aller jeter un coup d’œil par la porte de derrière et conseilla à Nahima d’aller se cacher dans la forêt. Elle savait bien qu’il ne la suivrait pas. Du moins pas tout de suite. Même si elle savait qu’elle n’avait pas de soucis à se faire, elle ne pouvait s’empêcher de craindre malheur. Mais de toute façon, elle n’avait pas le choix, il fallait sortir. Elle prit alors le faon paniqué dans ses bras et se dirigea vers l‘extérieur. Elle remarqua au passage une tâche noir entre les omoplates de son compagnon. Elle ne l’avait jamais remarqué avant… Cette tâche était nouvelle. Était-ce dû à la fumée? D’un regard, elle supplia Anikeï d’être prudent et se précipita vers la forêt. Cette tâche l’intriguait mais elle n’avait pas la tête à éluder ce mystère en ce moment.

Une fois arrivée parmi les arbres protecteurs, elle entendit encore des coups de feu et hésita à aller prêter main forte à son ami. Mais elle voulu d’abord s’assurer si les chevaux étaient sains et saufs. Le faon toujours dans ses bras, elle s’élança vers leur emplacement habituel. Elle vit au loin sa maison brûler…Elle eu la gorge nouée en voyant son logis disparaître dans les flammes. La peur et l’incompréhension laissèrent place à la colère. Qui pouvait faire une chose pareil? Pourquoi?

Rien, personne… Les chevaux avaient dû prendre peur et s’enfuir. Nahima les appela tout de même tout en étant sur ses gardes. L’un d’eux lui répondit en hénissant. Il s’agissait de Sakari. A priori, ils allaient bien. Soudain, elle entendit un craquement sec derrière elle. Elle eu tout juste le temps de se retourner et d’esquiver celui qui s’apprêtait à l’attraper. Cette fois-ci elle ne s’enfuit pas mais laissa au sol le faon et se précipita sur l’homme qui la défiait. Combien étaient-ils? Elle l’ignorait. Mais cet homme était responsable de la destruction de son foyer. Elle réussit à s’agripper à lui et à lui mordre l’oreille. L’homme hurla lorsqu’elle lui en arracha un morceau. Il la propulsa au sol et elle tendit rapidement le bras pour récupérer une pierre. Lorsqu’il voulu s’emparer d’elle de nouveau, elle le frappa violemment à la tête. Celui-ci s’effondra sur elle, assommé. Elle repoussa ce corps inerte et reprit son souffle. Son cœur battait à folle allure.

Le faon n’était plus là. Il avait dû s’enfuir. Nahima l’appela alors… pas de réponse. Elle courut en direction des bois et l’appela de nouveau. Un mauvais pressentiment l’envahi. Elle ne tarda pas à le retrouver. Il reposait dans un bain de sang…égorgé. L’indienne, sous le choc, s’effondra à genoux.

Une silhouette se détacha des arbres. Elle le reconnu. C’était un des chasseurs rencontrés plus tôt. Il était armé, non pas d’un fusil mais d’un couteau ensanglanté. L’indienne frissonna. Allait-il lui réserver le même sort? Elle se releva, tremblante, mais fière. Elle ne désirait pas lui montrer sa peur. Elle entendit des pas derrière elle et deux hommes vinrent la maintenir fermement.


-Allons allons… ne rend pas la tâche plus difficile. Tu sais que tu es coincée alors accepte. Tu as interrompu ma chasse tout à l’heure. Je suis venu la terminer, dit-il en s’approchant.

L’indienne lui cracha au visage pour réponse. Evidemment, le chasseur n’apprécia guère cet acte et lui lacéra la joue. Malgré la douleur, elle tint bon, et ne cria pas. Elle remarqua à ce moment que tout était étrangement silencieux autour d’eux. Comme si la nature retenait son souffle… Pas même le cri d’un aigle…
Elle se savait perdue mais elle n’abandonna pas pour autant. Elle pensa à Anikeï. Elle le contacta par télépathie lui indiquant son emplacement. Elle espérait qu’il ferait vite.


-Ton petit compagnon ne sera pas là pour te protéger cette fois-ci. Vous la maintenez fermement les gars.
Surprise, elle le vit poser son couteau à terre. Mais elle compris bien vite où il voulait en venir en desserrant sa ceinture. Folle de rage, elle s’appuya contre les deux hommes qui la tenait et balança un coup de pieds dans les parties génitales de son agresseur. Les deux hommes, surpris, la relâchèrent un instant. Il ne lui en fallait pas moins pour prendre les jambes à son cou. L’un des chasseurs prit alors d’un geste vif le couteau et le lança vers l’indienne. Elle sentit alors une douleur intense à son côté droit et s’effondra.
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Anikeï



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Ven 5 Nov - 23:28

[désolé de cette attente !]

Après cette brève bataille, le silence n'en est que plus sinistre. Tout en faisant de larges cercles pour chercher Nahima, mon regard ne cesse de glisser vers notre maisonnette qui brûle de bon coeur. De ma rage violente, il reste des brandons incandescents et une profonde amertume. Est-ce donc le Destin qui se joue de moi ainsi ? M'a-t-il condamné, en plus de ma mission, à ne pas être heureux ? Curieusement, j'ai le sentiment que cette histoire n'a rien à voir avec l'Epée ou mon rôle à jouer. Quelque chose d'autre semble ramper dans l'ombre de mon esprit.
Effrayé et énervé par les flammes, Külüg ne cesse de faire des écarts. A côté de la lueur d'incendie, tout a l'air empli d'une obscurité épaisse et menaçante. Mon coeur accélère à chaque seconde où je ne vois pas Nahima. Pourvu qu'il ne lui soit pas arrivé malheur !
Une image me parvient alors, s'imposant brutalement dans mon esprit. Je n'ai pas le temps de l'analyser consciemment : mes réflexes ont pris le pas sur ma raison et je talonne ma monture car j'ai ressenti l'effroi et la fureur de l'Indienne. Le temps m'est compté.
Je saute à bas de ma monture à l'orée de la forêt. Sakari vient se coller contre Külüg, Isü blotti contre ses flancs. Je dégaine l'Epée, une froide colère naissant comme un flot brûlant et explosant dans mon corps entier, aiguisant mes sens. Mais la piste n'est pas bien difficile à suivre : Nahima puis ses poursuivants ont profondément marqués les bosquets. Un cri rageur me fait presser et perdre toute prudence. J'arrive en trombe dans une étroite clairière, attendu par les deux sbires du nobliau qui nous a provoqués cet après-midi. Ils se ruent sur moi, le sourire aux lèvres, écumants, voyant déjà ma tête à leurs pieds. Tout semble plus lent et plus clair à mon regard acéré pourtant. Je les vois venir, je vois une silhouette ricanante penchée sur une autre. Nahima. Le sang, sur l'herbe. L'homme, sur elle.
Je cherche du regard ceux qui viennent en découdre avec moi. Ils ont fait l'erreur de me laisser voir ce spectacle. Ils en pâtiront ! Et je les tuerai à mains nues pour l'affront qu'ils osent me faire. Je rengaine l'Epée. Mon tatouage s'illumine brièvement. Mes mains deviennent serre et patte griffue, mes avant-bras se couvrent d'épaisses écailles dorées. Un sourire glacial tord mes lèvres lorsque j'entrevois l'air dégoûté de mes assaillants.


- A quoi joues-tu, espèce de...

J'esquive son attaque, toujours avec ce sentiment que mon esprit flotte à quelques centimètres de mon corps, comme si je guidais mes gestes à distance grâce à cette froide colère qui réclame sa part de sang. Sa phrase reste en suspens alors que je plonge ma main-serre dans son ventre et que je dévide ses tripes sur le sol. Il tombe à genoux en crachant un sang noirâtre. Qu'il agonise !
Son allié me donne plus de fil à retordre car la rage de voir son ami au seuil de la mort l'enhardit. Qu'à cela ne tienne, mon corps se meut par instinct. J'accuse de longues estafilades sanglantes quand il me touche mais je ne les sens pas, pas plus que la brûlure entre mes épaules, là où la marque sombre s'éveille. J'ai combattu plus terribles ennemis que ceux de la gent humaine. Finalement, il s'effondre et je lui brise les côtes d'un violent coup de talon, lui perforant les poumons par la même occasion.
Le nobliau, sa tâche accomplie, se redresse devant moi, défiant, plein de morgue. Je jette un regard douloureux à Nahima, étendue sur le sol.


- Je t'avais bien dit de ne pas me défier, rustaud !

- Tu n'auras pas assez de l'éternité pour regretter ce que tu viens de faire, je siffle en m'élançant vers lui.

Nous nous lançons dans une sorte de duel bestial, acharné, et je sais qu'il ne reculera devant aucun coup bas. Sa dague tachée de sang, celle qu'il a dû utiliser contre Nahima, scintille dans sa main. La fureur explose en moi, une rage aveugle, sans nom. Oubliant toute mesure, je n'esquive même plus. Le couteau se plante dans mon bras ; je lance mon esprit à l'assaut de celui de mon ennemi. Sa résistance psychique est étonnante et son regard amusé m'écoeure encore d'avantage. Sur ma poitrine, le tatouage devient brièvement presque blanc. Rien ne peut me résister ! Le défi devient désarroi et la douleur atroce qui lui fend le crâne le fige sur place. Je le saisis à la gorge, laissant mes mains reprendre forme humaine pour prendre son couteau.


- Je devrais te châtrer et te laisser crever au bout de ton sang !

D'un coup de poignard, je l'éventre du pubis à la gorge et j'abandonne son cadavre avant de me précipiter sur Nahima. Ma colère cède le pas à la peur, la peur de la perdre. Une mauvaise plaie perce son flanc, tachant sa robe lacérée.

- Nahima, parle-moi ! Je t'en prie, reviens à toi !

L'exhortant autant par la voix que par l'esprit, je repousse son vêtement pour examiner la blessure. Elle paraît profonde et saigne encore abondamment. J'arrache un large morceau de tissu du bas de sa robe et j'essaye de colmater comme je le peux ce trou béant, noir et sinistre. Je me redresse brutalement, une sueur froide aux tempes. La forêt a toujours été notre alliée mais à cet instant, je sens comme une présence malsaine. Une certitude aussi effrayante que ces peurs qui font craindre le noir aux enfants. Sauf que je suis bien placé pour croire encore aux monstres. Nous ne devons pas rester ici. Je prends précautionneusement Nahima dans mes bras et je pars rejoindre nos chevaux, laissant là les agonisants.
Külüg doit sentir l'angoisse qui me taraude car il prend aussitôt le galop à peine suis-je sur son dos. Sakari et Isü nous suivent de près. Je ne tente même plus de regarder notre chaumine réduite à un grand brasier et je file dans les ténèbres. Au bout d'un moment je m'arrête au bord de la rivière, dans une niche naturelle entre rochers et longues branches de saule. J'y couche Nahima mais la crainte sourde ne m'a pas quitté. Les ombres sont trop épaisses. La mort rôde et je refus qu'elle emporte Nahima. Je tire la chouette d'os que j'avais glissé dans ma poche et je la pose sur la poitrine de mon amie, seule solution alors que l'incendie consume mes herbes médicinales.
Je ne veux pas te perdre et je ne te perdrai pas, Nahima...
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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Ven 26 Nov - 13:33

Tout était noir…A demi consciente, Nahima percevait des bruits autour d’elle mais elle avait du mal à les analyser. Tout n’était que bourdon dans ses oreilles. Elle sentait seulement cette affreuse douleur à sa poitrine et une nouvelle entre ses cuisses. Elle voulait se défendre, mais son corps ne répondait plus. Supplice…Il lui semblait qu’il durait éternellement lorsqu’enfin le calvaire s’arrêta. L’homme la laissa à terre avec ses douleurs, détruite. Elle sombra alors de nouveaux dans les abîmes, à bout de force.

Elle revint peu à peu à elle, percevant une atmosphère plus calme, ainsi qu’une chaleur humaine apaisante. Inutile de voir pour savoir qu’il s’agissait d’Anikeï. Elle en avait presque oubliée sa blessure lorsque celle-ci se déclencha brutalement sans crier gare.
Elle ouvrit les yeux, le visage défiguré par la douleur. Elle vit alors Anikeï, rongé par la peur. Elle aperçu ses multiples blessures, zébrant ses bras et son torse de longues trainées rouge. Elle ne pu s’empêcher de s’inquiéter pour lui, malgré sa situation délicate. Elle aurait aimé pouvoir panser ses blessures, s’occuper de lui…Mais elle n’était pas en état. Tous les évènements lui revinrent en mémoire : l’attaque, leur maison en feu, le faon tué, elle souillée…Elle laissa échapper des larmes : douleur, peine, incompréhension, peur. Elle prit la main d’Anikeï, tentant de calmer sa respiration. Chaque bouffée d’air était comme une déchirure…insupportable! Cependant, malgré ces douleurs, ces sueurs froides, la présence de son ami la réconfortait.
Elle perçu le cri d’un aigle…son aigle. Celui-ci vint se poser sur une branche, non loin d’eux. Elle tourna la tête vers lui et pu croiser son regard. C’est alors qu’elle su… Tout devint clair. Ce rêve prédisait bien une perte, mais il ne s’agissait pas d’Anikeï. Ce rêve avait prédit sa propre mort. Elle aurait aimé avoir une mort différente…Beaucoup plus tard, moins douloureuse…Elle ne sentait plus ses jambes maintenant. Elle tourna de nouveau sa tête vers Anikeï. Elle plongea son regard dans le sien. Elle aimait tellement ses yeux si spéciaux. Elle ne pouvait parler du fait de la douleur, mais elle repassa son rêve afin de le partager à nouveau avec lui. Nahima était certaine qu’elle lui léguait un dernier message avant de partir…Il lui restait à le déchiffrer. Que signifiait ce cheval unique d’une blancheur éclatante? Le fait qu’Anikeï se dirige vers la lumière la rassurait. N’était-ce pas bon présage?

Elle sentait ses forces vitales la quitter peu à peu. Elle regardait cet homme qui se tenait à ses côtés…qui était toujours resté auprès d’elle. Elle se souvint de leur rencontre dans la forêt. Elle ignorait toujours pourquoi elle était arrivée dans ce monde. Mais elle savait que leurs destins étaient faits pour se rencontrer. Elle lui en était tellement reconnaissante. Mais après tout, peut-être que son passage ici servait seulement à délivrer ce dernier message? Elle avait peut-être servi de guide…Et maintenant que cela était arrivé, elle devait s’en aller. Elle n’avait plus peur maintenant. Elle allait bientôt rejoindre ses ancêtres, sa famille.

Elle porta la main d’Anikeï à sa bouche afin d’y déposer un baiser. Elle était désolée de ne pas lui avoir donné ce qu’il souhaitait, pourtant elle l’aimait…vraiment. Elle était tellement heureuse de l’avoir rencontré! Il fallait dorénavant qu’il continue sans elle.


*Anikeï…offre moi une cérémonie de ton peuple. J’aurai aimé le rencontrer. Mais j’ai un peu appris à le connaître à travers toi. Je serai très honorée de partir en suivant leur coutume.*

Elle sentait le froid l’envahir…Son corps ne répondait plus. Elle ne sentait quasiment plus la douleur. Soudain elle vit une silhouette apparaître…Elle l’aurait reconnu entre mille : Igashu! Son visage s’illumina. Toute trace de douleur avait disparue. Elle allait enfin le retrouver, et il était venu la chercher. Elle était en paix dorénavant.

*Continue à avancer Anikeï. Je serai toujours auprès de toi…Je te le promet*

Elle le regarda une dernière fois, avant de rejoindre Igashu. L’aigle s’envola en même temps que son esprit quittait son corps. Si un jour Anikeï avait besoin d’elle, elle serai là. Elle se l’était juré. Puis elle le quitta…Une autre vie l’attendait…
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Anikeï



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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Dim 28 Nov - 0:56

Combien de temps s'écoule alors que nous sommes là, côte à côte, dans les ténèbres de la grotte ? Je l'ignore mais cela me semble trop long. Entre mes mains, je sens Nahima s'agiter. Ses yeux s'ouvrent péniblement et une lueur d'espoir m'envahit. La douleur sans nom que je lis dans ce regard fatigué me fait l'effet d'une morsure atroce, une brûlure monstrueuse. Je m'efforce de faire bonne figure pour l'Indienne mais insidieusement, l'horreur commence à ramper dans mon coeur. Je prends ses mains dans les miennes. Elles sont glacées. Je les frotte doucement tout en m'allongeant près d'elle. Son souffle est court, rauque. Sur sa robe déchirée, la tache d'un brun sombre ne cesse de s'élargir. Des larmes roulent silencieusement sur ses joues. Je les essuie avec douceur sans me rendre compte que je murmure dans ma langue, des mots apaisants qui roulent doucement comme une berceuse.
Nahima tremble comme une feuille ; son regard glisse par-dessus mon épaule. Je jette un oeil dans mon dos. L'aigle qui semble accompagner l'Indienne depuis le début, son esprit protecteur en quelque sorte, se pose sur un arbre et nous observe de son oeil doré. J'ai l'impression qu'il attend patiemment d'emmener l'âme de ma courageuse amie vers l'au-delà.
Je me penche tout près de Nahima. Nos esprits fusionnent une fois de plus. Je veux partager sa douleur et ce qu'elle essaye de me dire du fond de son regard de jais. Elle nous fait repenser à son rêve étrange. Mon mauvais pressentiment était donc bien fondé ! Nous allons nous séparer pour un long, très long moment. La jument blanche, l'arbre lumineux et ma propre disparition me laissent indifférent. Je vois juste Nahima me laissant au bord du chemin et cette perte m'est incompréhensible.
Nous restons longtemps l'un contre l'autre. Peut-être était-ce son destin que de me porter ce message, ce songe qu'elle a fait. Dans mon pays, elle aurait été une chamane car elle en a l'aura et la puissance. Une part de moi espère au moins qu'un peu de sa science m'aura été profitable. J'aurais beaucoup appris à son côté et j'espère en silence lui avoir apporté quelque chose en échange.
Avec une extrême lenteur, l'Indienne porte ma main à ses lèvres et y dépose un baiser. Je serre doucement ses doigts, avec tendresse mais conviction. La peur l'a quittée, je le sens. Sans doute voit-elle déjà le pays où ceux qui l'ont précédée l'attendent.


*Anikeï…offre moi une cérémonie de ton peuple. J’aurai aimé le rencontrer. Mais j’ai un peu appris à le connaître à travers toi. Je serai très honorée de partir en suivant leur coutume.*

Sa demande me touche étrangement. Je sais que nos peuples sont proches, aussi surprenant que cela puisse paraître. Je lui souris.

- Les oiseaux t'emmèneront, Nahima. Avec eux, tu t'élèveras vers le Ciel Eternel, et tu chevaucheras auprès des esprits des tiens.

Le regard de Nahima devient lointain, déjà empreint d'une joie profonde. Sa main retombe mollement dans les miennes. L'aigle, lui, s'envole en poussant un long cri triste. Au dehors, les chevaux s'ébrouent et hennissent, comme s'ils sentaient la mort et qu'ils souhaitaient, eux aussi, un dernier adieu à Nahima.

*Continue à avancer Anikeï. Je serai toujours auprès de toi…Je te le promet*

Ai-je rêvé ou bien est-ce les dernières paroles de Nahima ? Qu'importe. Le vide qui m'envahit n'a jamais eu de précédent dans mon existence. J'ai aimé cette femme avec une force que je ne soupçonnais pas et je subis maintenant de plein fouet la douleur de son absence. Pourtant, nous avions le même cheminement de pensée. Son calme face à l'Autre Monde m'apaise. La rage, l'impuissance face à cette perte si injuste reste, mais je m'aperçois que j'ai vécu les plus beaux instants de ma vie ces derniers mois. Et que je n'en vivrai plus jamais de semblable. Ma peine va s'estomper, je le sais. Mais la haine qui m'enflamme laissera une cicatrice profonde dans mon coeur, et jamais plus ce ne sera comme avant.
L'aube est encore loin et je reste veiller mon amie défunte en chantonnant des prières hypnotiques, plus pour endormir mon esprit que par réelle conviction. J'entends une chouette ululer avec insistance. Elle n'a pas su nous protéger des malheurs bien physiques qui règnent dans ce bas monde... Finalement, je dissimule l'entrée de la grotte avec des buissons, je remonte sur Külüg et, au petit matin, je reprends le chemin de notre maison.
Il n'en reste que des ruines fumantes. Je cherche parmi les décombres encore chauds quelques choses qui pourraient être réutilisées. Je retrouve un manteau un peu roussi, que j'enfile. Une bride. Et le sac à médecines de Nahima. Je reste un moment les bras ballants, serrant la sacoche de cuir entre mes mains. Il doit retourner à sa propriétaire. Dans l'Autre Monde aussi, elle devra remplir son office.
Je retourne à la grotte et je prends précautionneusement le corps de Nahima avant de l'allonger sur le dos de Sakari. Suivi par Isü et Külüg, je m'éloigne de ce lieu maudit jusqu'à une colline isolée. J'arrache quelques crins de la queue de la belle jument et les tresse pour en faire un bracelet, que je noue au poignet droit de l'Indienne. Ainsi pourra-t-elle chevaucher dans les prairies du Royaume du Ciel. Je pose son sac près d'elle et l'enveloppe dans une couverture. Je me mets à chercher des pierres plates, et l'affaire n'est pas de tout repos. Je me démène pendant plusieurs heures, insensible à la fatigue ou à mes blessures. Finalement, j'ai réussi à élever un monticule de pierres d'une taille respectable, un cairn qui marquera à jamais le lieu où résidera la petite âme de Nahima. Quant à son corps, étendu non loin, les animaux de la forêt et les oiseaux charognards viendront le prendre et l'emmèneront dans l'infini du Ciel.
Combien de temps s'écoule alors que je fixe le cairn dans la puissante clarté du soleil ? Je ne sais plus. Finalement, je saute en selle. Sakari et Isü se rangent près de moi, comme s'ils étaient troublés eux aussi. Je lance ma monture à l'amble et je m'éloigne rapidement de cette prairie où j'ai passé de si doux moments. Elle n'est plus mon foyer désormais.


[rp terminé]
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MessageSujet: Re: Rêve prémonitoire [PV Anikeï]   Aujourd'hui à 7:29

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